‹ La Révolution française et la féodalitéChapitre 114 sur 130 · TRAVAIL DES ESPRITS ET PROPAGANDE · texte numérisé non relu

TRAVAIL DES ESPRITS ET PROPAGANDE

iiioii importante en vue d'étudier les voies et moyens 1rs meilleurs, et à la fois de propager dans le public le désir de les appliquer promplement. C'était une sorte de club des copyholds, dont faisaient partie des membres du parlement, des seigneurs, des juristes, les plus auloiisées et les plus marquantes parnii les personnes versées dans la matière ou intéressées à son objet. Le projet Mulling émanait de cette réunion.

Ce projet devait à celte origine son npparence toute pratique. 11 lu tenait d'une circonslance qu'il faut dire, ici, parce qu'elle marque bien la différence de la silnalion où le législateur allait ctre. Les opposants les plus sérieux du premier jour se trouvaient maintenant les plus portés aux solutions. Nous parlons des intendanis de manoir. N'uvant plus à craindre de n'être pas indemnisés^ c'était leur intérêt d'en finir vite'.

Il importait à un grand nombre de ne pas laisser regarder davantage au plus ou moins de fondement de leurs prétentions, il convenait à tous de faire liquider le | lus tôt 1 ossible des offices qui perdaient leur valeur par cela seul que le jour où ils devaient cesrer pouvait se prévoir. Aucune des raisons propres à retenir !e seigneur ou le créancier ne les touchait direc'ement. Les délais, les demi-mcsurcs, les aîermoitments les avaient donc pour adviTî-aires, et soit l'action qu'ils exerçaient, soit les dispositions généi ah s, on en était venu à s'éprendre de tout expédient qui semblait propre à hâter les choses.

On a pu juger que la proposition de jM.Mullitig ne s'inspiiail pas dun p!an préconçu d'opération ni d'une uniformité un peu générale. Elle semblait plutôt calculée pour que les intéressés eussent la facullé d'agir chacun

suivant sa convenance, à son heure, pour son compte propre, avec toute la diversité des faits eux-mêmes. A peine nommait-elle la seigneurie ; elle désignait seulement ses charges les plus décriées ou celles dont la cessation impliquait le moins une atteinte aux droits de manoir en tant que forme de possession. Toutefois elle autorisait à faire entrer dans le traité toutes les charges que l'on voudrait dès qu'une opération aurait été entreprise, et c'était une de ses intentions les plus positives qu'on le fit souvent. Elle comptait attirer ainsi, sans qu'on y pensât, vers les changements dont on avait peur. Ses auteurs étaient persuadés que l'on compléterait la libération très-vite, une fois qu'on aurait commencé pour une partie.

Le cours des dispositions publiques est ici très-curieux. Ce plan du club des copyholds avait un art de tirer parti du fait et prenait des détours en vue de plier les volontés, contre les habitudes anglaises, à quelque chose d'obligatoire, qui lui donnèrent une grande popularité. Le but qui inspirait plus particulièrement ces détours, ce qu'il y avait d'impératif dans le projet, ce qu'on y entrevoyait d'action administrative et d'effet général plut encore davantage que le reste. C'est la grande modification à constater dans les esprits. L'absence de comniandoment, qui avait été comme une condition dans les anciennes lois de l'Angleterre paraissait désormais une cause de faiblesse. On sentait le prix que trouve une société à agir suivant des principes uniformes et appliqués d'ensemble.

Nous allons voir le Parlement se diriger suivant ces idées. C'est dans la question des droits de manoir que

Page 1