CHAPITRE III En quoi consistait la dime et raisons qui la décriaient
La dîme de l'Eglise anglaise était encore pareille au premier jour. Elle consistait exactement dans le dixième de tout produit rural : dixième gerbe de blé, dixième meulon de foin, dixième œuf, dixième agneau, etc. ; elle portait ce nom même de dixième [tithe).
Ce dixième affectait les diverses parties du pays d'une manière très-inégale. Il s'y rencontrait sous toutes les formes et toutes les mesures. Avec le cours du temps on l'avait ici racheté, autre part abandonné ou aboli, ailleurs au contraire fortifié ou accru ; et cela s'était fait sans raisons sensibles, sans règles appréciables, selon la puissance des uns, la faiblesse ou l'inertie des autres. Ajoutons que le produit s'en répartissait entre les ecclésiastiques de chaque paroisse d'une manière très-peu en rapport avec leurs services respectifs.
Ces motifs décriaient naturellement la dîme. Il y en avait d'autres. Le clergé s'était fait depuis longtemps un rôle actif en dehors du culte. Or, comme la loi civile, non un pouvoir admis pour divin, avait institué le culte, le ministère presbytéral avait revêtu dans les esprits le caractère de service public et la dîme perdu beaucoup du sien comme dette religieuse. On ne ressentait plus de scrupules à la prendre pour un impôt pur et simple, ce