‹ La révolution française et le régime féodalChapitre 48 sur 94 · Arch. nat., F*« III, Lot · texte numérisé non relu

Arch. nat., F*« III, Lot

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jour, on lit : «Le district de Figeac principalement s'agitait d'une manière alarmante.

Plusieurs paroisses en corps s'attroupaient, 4iccouraient chez les ci-devant seigneurs, leurs fermiers, ou ceux des ci-devant décimateurs, les forçaient à rembourser la rente et les dîmes de 1789, et les arrérages antérieurs depuis 29 ans. Les municipalités marchaient à leur tête^. » I>eux commis- :saires, envoyés par le département, usèrent,

1. Arch. nat., F*" III, Lot, 6. En janvier, février et mars 1792, M. Fourastié a relevé des procès-verbaui constatant : la dévastation du château de Bessonies ; le pillage du château de Lasfargues {à Saint-Jean-de-Mirabel, près Figeac) ; Vincendie du château du sieur Gase à Fourmagnac ; Tincendie du château de Favars à Camburat ; l'incendie du château de Sonac ; l'incendie du château de Mialet (canton de Fons) ; des troubles et rixes à Figeac, Souillac et Laus^erte. — Au sujet du pillage du château de Lasfargues, occupé par les prêtres 4e la Mission, M. L. Saint-Marty, institute?» à Cafaors, a trouvé dans les registres du tribunal criminel du Lot, récemment versés aux Archives de ce département, un jugement du 18 octobre 1792 condamnant dix-sept habitants du pays à la peine de neuf ans de fers et deux femmes à neuf années de détention : les uns et les autres seront exposés, durant six heures, sur un échafaud dressé sur la place de Figeac. Le jugement, dont M. Saint-Marty a bien voulu nous envoyer une copie, <;ontient d'intéressants détails sur le pillage de ce château par >t un attroupement d'environ cent cinquante personnes ».

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aoLon sans succès, des mêmes moyens de per- ^suasion dont avaient usé les commissaires di| roi.

Mais le département du Lot continue à être troublé. Le 5 décembre 1792, le directoire ^u district de Gourdon écrit au directoire du département « qu'il vient d'être instruit par la voix publique que les bois des ci-devant seigneurs de Vaillac et de Saint-Ghamerand ont été dévastés et rasés, que ceux Au sieur Durfort, dans la commune de Saint- Germain, se dévastent journellement, que des brigands même se sont emparés du <îhâteau des Sept- Pons (commune de Saint- Germaia), démolissent les granges et menacent même, après cette opération finie, de tomber et faire main-basse sur les maisons et propriétés d'autres riches citoyens de ce canton ». « Rien de tout cela ne nous a été dénoncé par aucun corps constitué, ni par aucun fonctionnaire public; nous ne pouvons cependant pas douter de la vérité des faits <;î-dessus. Nous craignons bien que le mal ne gagne de proche en proche, et que les mal intentionnés, se voyant en force, ne pré-

parent des insurrections pareilles à celles arrivées en 1790, nous vous prions de peser dans votre sagesse les moyens propres à arrêter des malheurs et des troubles si contraires aux intérêts de la République. »

Ainsi se continuèrent, tant que le régime féodal ne fut pas entièrement aboli, les troubles du Lot.

Les insurrections paysannes du Lot contre le régime féodal sont les seules sur lesquelles nous possédions autant de renseignements, et de cette nature, c'est-à-dire à la fois officiels et impartialement coUigés. Les renseignements que nouô avons sur d'autres régions sont nombreux, maïs incomplets, et n'offrent que des aperçus plus ou moins vagues.

Cependant, poui: la période qui suivit le décret du 4 août, un bon historien, feu Georges Bussière, a raconté, d'après des documents d'archives, les révoltes villageoises*.

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