VIII INTRODUCTION
Qu'on veuille bien nous pardonner de nous citer nous-même, puisque nous avons déjà développé ailleurs cette pensée :
« Interrogez l'esprit populaire : vous verrez que la lutte des partis, qui presque seule a ÛKé l'attention de nos historiens dramatistes, n'est pas ce qui l'a frappé le plus, lui. Etranger à cette mêlée des passions et des ambitions personnelles, la Révolution lui apparaît dans ses faits généraux : l'affranchissement du travail, l'abolition des privilèges, la division de la propriété, la défense du sol national; sous tous ces mots une seule chose : la liberté.
« Quand nous nous plaçons avec lui à ce noble point de vue, les révolutionnaires de toutes les dates semblent réconciliés : constitutionnels, girondins, montagnards. Au lieu d'épouser leurs vieilles disputes, nous aimons à étudier leur œuvre collective, dont le caractère est si profondément marqué, qu'en dépit de toutes les réactions jalouses de le dénaturer, les Français sont restés, malgré l'Empire et la Restauration, le peuple le plus démocratique de l'Europe. Alors les architectes successifs de ce grand édifice, ces hommes que les circonstances ont faits ennemis, forment à nos yeux un cortège unique : ils nous apparaissent comme ces personnages des bas-reliefs antiques , marchant à la suite les