CHAPITRE XI
PROJETS EN FAVEUR DE LOUIS XVI. — LE MANIFESTE DE BRUNSWICK. — LE 10 AOUT
Le comité militaire de l'Assemblée déploya une grande activité pour mettre le pays en défense. Dès le mois de novembre précédent, pour combler les vides faits dans l'armée par l'émigration, sur un rapport d'Albitte, on avait admis les gardes nationaux de tous les départements à concourir aux grades; Carnot l'aîné avait proposé de remplacer les ofriciers déserteurs par des sergents; le même député fit décréter, au mois de juin, la distribution de 300 000 fusils aux gardes nationales des frontières; puis la fabrication de 200 000 piques pour suppléer aux armes à feu qui manquaient; son frère, Carnot- Feulins, fit porter l'effectif à 450 000 hommes. On mit en état les places fortes, et l'on rendit un décret qui interdisait toute capitulation avant une brèche praticable et un assaut ; les commandants militaires, dont on se défiait, ne devaient même, en pareil cas, entrer en pourparlers qu'avec le consentement des autorités civiles.
Ceux qui connaissaient bien la situation la jugeaient infiniment périlleuse. Le ministre Narbonne avait toujours exagéré nos forces; son successeur, Servan,