MARS
En relisant ce petit livre, écrit dans les dernières années de l'Empire, et réimprimé plusieurs fois, je vois qu'il peut l'être encore sans aucun changement essentiel. J'ai la satisfaction de penser que mes jugements sur les hommes et sur les événements de la Révolution française n'étaient pas influencés alors par la tristesse et par l'irritation qui suivent une défaite ; et qu'ils ne le sont pas aujourd'hui par l'enivrement du succès : la réflexion n'a fait que les affermir.
Des pubhcations intéressantes ont éclairé certains détails de l'histoire : elles n'en ont point changé la moralité.
Jugeons la Révolution sur son idéal, non point sur les hommes appelés à marcher vers cet idéal en triomphant de résistances excessives, qui les ont eux-mêmes entraînés aux excès; ces hommes ne furent ni des anges ni des démons, comme on les a peints trop souvent; ils ne furent ni des colosses ni des nains. Beaucoup d'entre eux,