JOSEPH DE LAMA A M. LEBRUN, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
« Monsieur,
« Après avoir visité et enlevé, le 9 de ce mois, dans la maison du ministre plénipotentiaire de la Cour de Parme, mes papiers et ceux de la correspondance ministérielle, (ainsi que j'ai eu l'honneur de vous en faire part dans ma lettre du 10), le commissaire qui avait fait cette opération, m'a demandé hier pour me donner une expédition du procès-verbal; je m'y suis rendu, j'ai attendu cinq heures pour savoir pourquoi j'y étais mandé ; on m'a renvoyé à trois heures après midi, en me disant qu'on n'avaitpas eu le temps d'examiner mes papiers, qu'on me ferait savoir quand on m'y manderait de nouveau.
J'ai cru devoir vous rendre compte, monsieur, de ces nouveaux faits, pour que, en me faisant connaître les motifs qui ont déterminé l'ordre de la visite, et l'enlèvement des des papiers, vous eussiez la bonté de me faire savoir pourquoi il est décerné contre moi une sorte de mandat d'amener, pourquoi on me retient sans sujet au Comité de Surveillance, pourquoi on me laisse toujours sous le coup de ce même mandat d'arrêt, et l'on dispose même de ma liberté ? Je suppose que, comme chef de la diplomatie, vous aurez été instruit de ces mesures et j'ose me flatter, monsieur, que vous daignerez me mettre à portée de vous donner les éclaircissement nécessaires dans le cas où ces mesures n'auront été que l'effet d'un malentendu ou d'une méprise.
J'ai l'honneur etc.
Joseph de Lama.
Paris, 12 avril 1793. »