CHAPITRE QUATRIÈME
aussi grand elTelque la Révolution Trançaise, à une cause aussi petite que l’éducation de collège, ou, comme on le répète • en plaisantant, à des thèmes et à des versions.
Ce qui est puéril, pour ne pas employer un autre mot, c’est de délivrer gratuitement un certificat d’hallucination à tous les témoins qui viennent de déposer;
Ce qui est puéril, c’est de contester qu’on recueille ce qu’on a semé, que l’arbre se reconnaît à ses fruits, que l’éducation c’est la société, car l'éducation c’est l’homme ‘ ;
Ce qui est puéril, c’est de donner un démenti à l’histoire universelle, qui nous dit que l’homme est juif parce qu’i7 a été élevé dans le judaïsme; mahométan, parce qu'il a été élevé dans le mahométisme ; luthérien, parce qu'il a été élevé dans le luthéranisme ; païen, parce qu'il a été élevé dans le paganisme ;
Ce qui est puéril, c’est de nier que la Révolution fut l’ouvrage non des femmes et du peuple, mais des classes élevées dans les collèges; que ces classes lettrées, nourries, pendant huit ans, dans l’admiration des républiques anciennes, trouvèrent à leur entrée dans le monde une société organisée sur des bases toutes différentes, et que la regardant, par comparaison, comme un système de barbarie et d’esclavage, elles voulurent à tout prix la refondre sur le modèle de l’antiquité.
Quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, les affirmations que nous avons produites et dont la liste imposante pourrait être augmentée indéfiniment; ces affirmations, venues des amis et des ennemis de la Révolution; ces affirmations, qui n’ont pu être concertées, sont graves, elles sont absolues. Sont-elles vraies, et jusqu'à quel point?
Nous n’avons pas besoin de répéter que, sous tous les rapports, cette question est capitale et d’un intérêt actuel. En effet, les études classiques, dont on assure que la Révolution fut le résultat, continuent, quant au fond, d’être les mêmes aujourd’hui qu’au dix-huitième siècle, avec cette différence qu’au lieu d’être prêtres ou religieux, la plupart des maîtres sont laïques, les familles généralement moins chrétiennes, et l’esprit public faussé ou appauvri par cinquante millions^de mauvais livres de plus.
1 Adolescent juxUi xiam tasm, etlam cum seaaerlt,non recedet ab ca. Proaerà* de plot de trois mille *ne.
5f) LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Afin de contrôler les témoignages que nous venons d’entendre, il faut donner la parole à la Révolution elle-même et l’obliger de répondre catégoriquement à ces questions : « Est- ♦ il vrai, comme on vient de le dire, que tu es fille de la Renaissance et des études de collège ? Que dis-tu de toi-même? » C’est le second moyen de constater sa généalogie.
Si, d’une part, il est vrai, comme l’affirment unanimement les témoins qui viennent de déposer, que les études classiques, en inspirant l’admiration pour l’antiquité grecque et romaine, inspirent par là même le dédain pour le christianisme et l’ordre social qui en est sorti; si, d’autre part, il est vrai que depuis sa naissance jusqu’à sa mort, la Révolution française répète continuellement, par chacun de SOS actes, par chacun de ses discours, ce double refrain : Je méprise le christianisme, je déteste le christianisme et son ordre social ; j’ admire et j’adore V antiquité, et ses institutions et ses grands hommes ;je suis Grecque, je suis Romaine; nous aurons une contre-preuve péremptoire des témoignages entendus, et il restera acquis à l’histoire que la démocratie de 1793 est sortie des collèges.
Or, la Révolution ne peut répondre que par des faits. Entre elle et les témoins appelés, il y aura donc parfait accord si les faits produits par la Révolution, et qui sont la Révolution elle-même, affirment et prouvent jusqu’à la dernière évidence que l’esprit qui l’anima, c’est-à-dire tout à la fois les maximes qu’elle prit pour point de départ, lé but qu’elle poursuivit, les institutions, les exemples, les noms, les hommes et les peuples dont elle invoqua constamment l’autorité, qu’elle adopta pour modèles, qu’elle s’efforça de faire revivre, que tout cela se trouve dans la Renaissance et dans les éludes de collège ; et que tout cela avait été dès l’enfance l’objet des études et de l’admiration des promoteurs et des acteurs de la Révolution.
Afin de rendre incontestable le témoignage de la Révolution, nous le prendrons presque toujours dans le Moniteur. Pour nier, il faudra déchirer les pages les plus authentiques de ce livre inexorable.
Voici, d’ailleurs, l’ordre de notre élude. L’histoire de la Révolution française se divise d’elle-même en deux périodes : la période de destruction et la période de reconstruction.
Détruire et reconstruire, voilà toute la Révolution. En ve-
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