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CHAPITRE CINQUIÈME

du paganisme bourgeois contre le paganisme royal ! Depuis la Renaissance, les rois avaient travaille à se faire Césars, et ils avaient, à leur profil, abattu l’aristocratie, annihilé les libertés des provinces, ils avaient voulu se faire Papes, et ils avaient systématiquement opprimé l’Église. A son tour le peuple, achevant cette œuvre païenne, se fait César, et il détruit la royauté ; il se fait Pape, et il abolit toute religion autre que la sienne.

Arrivela nuit fameuse du 4 août, nuit de fièvre et de délire, où tous les membres de l’Assemblée travaillant à l’envi à faire des ruines, décrètent ce qui suit:

Art. I". L’Assemblée nationale détruit entièrement le régime féodal.

Art. II. Les privilèges pécuniaires, personnels ou réels, en matière de subsides sont abolis à. jamais.

Art. III. Une constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes joui.ssaieiit, et dont le sacrifice est nécessaire à l'union intime de toutes les parties de l’empire, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces sont abolis sans retour.

Art. IV. Tous les citoyens, sans distinction de naissance, pourront être admis à tous les emplois et dignités ecclésiastiques, civiles et militaires, et nulle profession n’emportera dérogance.

Art. V. A l’avenir il ne sera envoyé en cour de Rome aucuns deniers pour annates ou pour quelque autre cause que ce soit.

Art. VT. L’Assemblée nationale décrète qu’en mémoire des grandes et importantes délibérations qui viennent d'ôlre prises pour le bonheur de la France, une médaille sera frappée, et qu’il sera chanté en actions de grâces un Te Deum dans toutes les paroisses et églises du royaume'.

A la vue de ce monceau de ruines, terrible prélude de ruines plus grandes encore, les apôtres de la Révolution battent des mains En l’honneur de celte nuit désastreuse qui forme de tant de débris la première marche du trône et de l’autel où l'homme souverain doit bientôt s’asseoir, ils chantent un dithyrambe, comme le chrétien pourrait en chanter pour célébrer la nuit bénie où naquit le Libérateur du monde.

> Slonit. n* 40.

' i LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.

« Eu une nuit, la face de la France a changé ; l’ancien ordre de choses que la force a maintenu malgré l opposition de cent générations, a été renversé.

« En une nuit, l’arbre fameux de la féodalité, dont l'ombre couvrait toute la France, a été déraciné.

« En une nuit, l’homme cultivateur est devenu l’égal de celui qui, en vertu de scs parchemins antiques, buvait la sueur et dévorait le fruit de ses veilles. L’homme noble a repris la place que lui marquaient la natme et la raison.

« En une nuit, les longues entreprises de la cour de Rome, ses abus, son avidité, ont trouvé un terme et une barrière insurmontable que viennent de poser pour une éterniié la sagesse et lu raison humaine.

« En une nuit, le triple pouvoir féodal, aristocratique, parlementaire, a été anéanti. Ces corporations fameuses par leur tyrannie et leurs cruautés, ne présentent plus aujourd’hui qu’un corps languissant, terrassé par un bras vigoureux, et se débattant inutilement contre les efforts du patriotisme.

« Eu une nuit, la France a été sauvée, régénérée.

« En une nuit, un peuple nouveau semble avoir repeuplé ce vaste empire, et sur les autels que les anciens peuples avaient élevés à leurs idoles, ils placeront l’image d’un Dieu juste, bienfaisant, tel qu'une raison sauvage le leur avait montré et tel qu'ils l'avaient appris de la natw e dans le fond des forêts L»

Après ce premier acte de souveraineté absolue, la Révolution déclare qu’elle a retrouvé les droits de /’Aomme oubliés et violés depuis dix sept siècles ; puis, les rédigeant en axiomes, elle les proclame comme la base d un nouvel ordre de choses et le gage d’une ère de bonheur éternel pour le genre humain.

Elle dit : a Les représentants du ‘peuple français, constitués en assemblée nationale, considérant que l'ignorance, roubliou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d'exposer dans une déclaration solennelle les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme.... En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Ètre suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen :

I Uonit. n° 33.

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