INTRODUCTION
Combattre, c’est, d’abord, se vaincre soi-môme en se dépouillant de tout préjugé, afin de rechercher avec succès la véritable cause du mal. C’est, ensuite, l’attaquer avec ensemble et avec vigueur. Quelles que soient les destinées du monde, ce courageux labeur ne sera pas sans fruit : il contribuera puissamment à former ou de nobles vainqueurs, ou de nobles victimes.
Qu’on veuille bien ne pas l’oublier : la question du mal n’est pas une question spéculative ou purement religieuse ou indifférente pour le grand nombre. Il n’en est pas de plus pratique, ni de plus grave ni qui touche de plus près à tous les genres d’intérêts. Elle est vraiment, et à tous les points de vue, la question de vie ou de mort. Les flots menaçants, qui naguère ont failli déborder sur la société, continuent de battre à la porte de chaque demeure. Qui peut répondre longtemps encore de la solidité des digues tant de fois menacées qui les arrêtent? Et si, aujourd’hui, ces digues venaient à céder, qui peut dire que nous ne serions pas emportés, demain, dans un cataclysme tel que le monde n’en a point vu ?
Afin de concourir, autant qu’il est en nous, à l’œuvre de salut commun, nous allons, en commençant par la Révolution française, étudier successivement dans son origine, dans ses caractères et dans son influence, chacune des causes du mal indiquées plus haut.
Ici, ni polémique ni discussion, ni esprit de système ni parti pris, mais des faits : des faits authentiques, des faits rapportés avec impartialité, et dont nous laisserons même à autrui le soin d’apprécier la signification et de tirer les conséquences. Simple narrateur, nous donnerons constamment la parole à rjiisloire. Son autorité et non la nôtre doit servir de base au jugement du lecteur.
La seule chose que nous demandons, c’est qu’on s’abstienne de prononcer avant d’avoir lu.
Farji, fête de aeint Joseph 1SS6.
LA
RÉVOLUTION FRANÇAISE