CHAPITRE NEUVIÈME
pour vous apprendre le degré de confiance que vous devez donner aux discours gravés sur l’airain, au serment civique, et à la loge de cette multitude de grands et de petits satrapes réformés, qui n’attendent que le moment favorable pour prendre l’Habit militaire et la cocarde noire? N’espérons avec eux ni paix ni trêve. Souvenons-nous de ce mot de Cicéron, dont j’ai fait l’épigraphe heureux de la France libre, et qui valait mieux que toute ma brochure : Quæquoniam in foveamincidit, obruatur: « Puisque labêteestdans le piège, qu’on l’assomme. » Souvenons-nous de ce que disait éternellement le vieux Caton, toutes les fois qu’il allait au Sénat et que c’était son tour d’opiner. Quel que fût l’ordre du jour, sans s’embarrasser de la ‘sonnette qui l’y rappelait, il ne disait que ces deux mots : Dclenda Carthago ; « j’opine qu’il faut détruire Carthage. » J’opine qu’il faut raser le château de Versailles au lieu de le rebâtir; j’opine qu’il faut descendre au moins avec une lanterne comminatoire dans les quatre-vingt-trois départements *... »
« Si le club monarchique se contentait d’arborer l’étendard de la servitude, un peuple généreux pourrait le souffrir, comme les Spartiates ont souffert les Ilotes ; mais lorsque ces vils esclaves, ces serpents venimeux se glissent sous l’herbe pour darder leur poison, il est de la Nation d’écraser les insectes qui menacent la tranquillité et la salubrité de nos jours. Le club monarchique est un repaire de conspirateurs, c’est à l’assemblée d’ordonner que ces nouveaux Manlius soient précipités du roc Tarpéien *. »
Le même langage, les mêmes idées, les mêmes arguments se lisent à chaque page du Moniteur, ainsi que dans les publications nombreuses et trop peu connues de cette époque. La noblesse peut dire maintenant ce qu’on gagne à faire étudier à la jeunesse, même sous des maîtres religieux, le beau latin et le beau grec dans les grands auteurs de Rome et d’Athènes.
' CamillG Desmoulius, liévol., t. I, p. 267.
* Mercure nat., l. I, p. 332.