‹ La Révolution & les HôpitauxChapitre 18 sur 69 · Tome XVII, p · texte numérisé non relu

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en a pour environ 100.000 livres) et particulièrement les répations et les bâtiments consomment tout le reste. »

Ayant ainsi montré les défauts du passé, le Comité de Mendicité se devait à lui-même de signaler les réformes qu'il jugeait nécessaires. Il n’y manqua pas, ainsi qu on le montrera plus loin.

Moyens d’information. — Il utilisa, d'ailleurs, tous les moyens d'information. Le 27 avril il avait adressé au Bureau de l'Hôtel-Dieu la lettre suivante :

« Chargés par l’Assemblée nationale de lui proposer des lois » sur l'amélioration des hôpitaux, des maisons de force et des » prisons, nous pensons, Messieurs, devoir faire précéder nos » rapports à cet égard des observations que nous procurera la » visite des grands établissements des pauvres et l'examen de » leur régime. Nous avons donc le projet d'aller les visiter très » prochainement, mais pour que nous puissions le faire avec » fruit, nous avons l'honneur de vous prier de nous adresser le » plus tôt qu'il vous sera possible, les règlements, tant de police » que d'économie, de la maison que vous administrés, de nous » faire connaître la division de cette administration dans le plus » de détails que vous en pourrés réunir. Nous sommes disposés » à donner à cet examen et à cette visite, tout le tems et tous » les soins qui seront nécessaires.

» Les commissaires chargés de l'extinction de la mendicité, » (Signé): Le duc de Liancourt, président ; Prieur, secrétaire ; » de Bonnefoy, deuxième secrétaire {1). »

Le Bureau de l'Hôtel-Dieu chargea Boullenois, Martin et Silvestre de Sacy de répondre au Comité de Mendicité (2), le 19 mai. Ceux-ci adressèrent au Comité:

» 1° Un mémoire sur l'Hôtel-Dieu ,

», 2° Un règlement pour le service des nouvelles salles et des » instructions pour les chirurgiens de départements ;

» 3° Des réflexions sur la pluralité des malades dans un » même lit ; LES

» 4° Quatre états : le premier indiquant les personnes em-

(1) Cf.; Tueteÿ. Op. cit. Tome 1®. Introduction p. IV et V. (2) L. Brièle. Délibérations de l’ancien Bureau de l'Hôtel-Dieu, p. 277,

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» ployées et nourries à l'Hôtel-Dieu, ainsi qu’à l'hôpital Saint- » Louis; le second résumant le nombre des malades et des » personnes de communauté nourries tant à l'Hôtel Dieu qu’à » l'hôpital Saint-Louis durant huit années; le troisième spéci- » flant les lits de différentes espèces établis auxdits hôpitaux; » le quatrième donnant le tableau des revenus de l'Hôtel-Dieu au » 1°" janvier 1789 (1). »

Le 3 mai, les administrateurs de l'hôpital des Incurables et de l'hôpital des Petites-Maisons avaient avisé le Comité qu'ils allaient répondre à ses derhandes. Le 10 mai, l'économe des Enfants-Trouvés envoya :

« 1° Une lettre des administrateurs ;

» 2° Des détails sur les Enfants-Trouvés ;

» 3° Le règlement du 26 mars 1774;

» 4° Un abrégé historique sur l'établissement de cet hôpital ;

» 5° Unextrait du registre des délibérations du Bureau du même hôpital (2). » .

Le 18 juin, Lambert, contrôleur général des finances (3), communique un mémoire manuscrit intitulé: « Etablissement pour le vestiaire et le linge des différentes maisons de l'Hôpital général. » Le Comité étudia avec soin, on l’a vu déjà, tout ce qui

avait trait à cet important Bureau et le 9 juillet 1700 il fit écrire

aux administrateurs ( pour obtenir l'état des consommations » de chacune des maisons dépendant de cette administration, » attendu qu'il n'avait reçu que le tableau de la consommation » des vivres de la Pitié (4). »

En outre il recueillait les observations des particuliers. Le 26 avril 1700, un sieur Regnier lui adressait un mémoire intitulé : « Dénonciation des principaux abus de l’Hôtel-Dieu de Paris à l'Assemblée générale des citoyens. » Le 19 mai, l’avocat Nicolson présenta un «plan pour la suppression de l'Hôtel-Dieu et son rem-

(1) Cf. Tuetey. Op. cit. Tome I. Introduction p. Vet VI (Procès-verbal des séances du Comité de Mendicité, Archiv. nat. À F #1, 15. fol. 13).

(2) Tuetey. Op. cit. Tome l**. Introduction, p. VI.

(3) Qu'il ne faut pas confondre avec le citoyen Lambert, inspecteur des apprentis de l'Hôpital-général et socialiste avant la lettre.

(4) Tuetey. Op. cit. Tome 1*, Introduction p. Viet VII.

Mac-Aulifle, — 4,

placement par neuf hospices (1); » ce mémoire est intéressant et 1l paraît utile de s’y arrêter un peu.

« Depuis nombre de siècles, dit Nicolson, les âmes vertueuses » et compatissantes, les malades et les infirmes, gémissent de ce » que dans une si belle capitale il n'y a qu’un seui hospice et qui » se trouve au point central, » Il combat le projet de translation de l'hopital qui aurait pourtant l'avantage de donner aux malades (une eau plus pure et un air plus salubre en abattant ce vieux cloaque et ses ponts, » et s'étend sur les avantages dela division de l'Hôtel-Dieu en plusieurs hôpitaux. ?

« Jusques à quand, ajoute-t-il, laisserait-on s'amonceler tant » de victimes qui périssent, chaque jour, par la privation d'un » air salubre, qui contractent une maladie étrangère en pom- » pant la transpiration des uns et des autres ?

» Ils sont couchés, comme autrefois, 4 ou 6 dans le même lit. » On a affecté de faire des lits pour un. Peu à peu, on les a mis » plusieurs ensemble, parce que, dit-on, le nombre des malades » est considérable, et que l'emplacement est resserré. Eh bien, » c’est donc le cas de le supprimer tout-à-fait, pour l'avantage de » l'humanité souffrante, et de prendre les maisons monachales qui » viennent d'être offertes à la Nation pour en former des hospices » sains et commodes, pour soigner les malades avec plus d’aisance » et pour qu'ils se rétablissent plus tôt. »

Un classement des malades par maladies éviterait les complications de ces mêmes maladies et même leur passage à l’état chronique. Les abus de la direction sont révoltants :

Le bouillon est mauvais, puisqu'il n'Y a qu’une seule marmite pour chaque salle contenant environ 600 individus.

Les parents des malades sont bien souvent obligés d'apporter du bouillon, du vin et des œufs frais du dehors. Il y a eu d'effrayants « quiproquos » de la part des religieuses et des apothicaires qui ont donné des remèdes à ceux-ci qui devaient être donnés à ceux-là. Lorsqu'un malade est assoupi au moment de la distribution des, portions, il arrive fréquemment qu'on le passe, et il faut qu'il attende que l’on sonne un autre repas. Seule

(1) 17 mai 1790. Tuetey. Op. cit. Tome 1, p, 112. Minute. Archives nationales; DIV, 49, n° 1399.

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la salle des blessés mérite des éloges. Les femmes enceintes ou en couche, salle Saint-Joseph, ne sont considérées que d’après ce qu'elles donnent aux mères et à la sœur portière de la salle. On les laisse découcher moyennant argent. « Mais, dit Nicolson, ce » qui révolte, c'est la manie qu'ont ces administrateurs insou- » ciants, de laisser coucher deux femmes ensemble en cet état. » Il n'est, on n'en peut faire l’aveu sans éprouver un serrement » de cœur, il n'est presque pas de nuit qu'il n’y ait huit à dix » enfants d'étouffés. Très fréquemment les filles détruisent l'être » qu'elles avoient conçu, mais ces iniquités procédant d’un » défaut de surveillance, on ferme les yeux et tout est mis en » oubli. »

Suit un plan de réorganisation : lits séparés ; malades classés par maladies ; 4 hôpitaux centraux ; 4 excentriques ; on remplacera les sœurs par des femmes veuves ; on ne recevra les femmes enceintes, pour éviter les abus, que dans le cours du 9° mois : réformes qui seront rendues faciles par une meilleure gestion des immenses revenus de l’Hôtel-Dieu (1). 4

Le 12 juin, on étudia le « projet économique de réforme et d'arrangement pour l'Hôlel-Dieu, présenté à l'Assemblée nahonale par le sieur Yvon, médecin à Saint-Germain-en-Laye.» (2). |

Yvon s'élevait contre la division trop dispendieuse de l'Hôtel- Dieu en plusieurs hôpitaux. Il proposait d'instituer une maison de convalescents, « à l'instar de celle qui existe pour l'hôpital de la Charité », de mettre toutes les maladies chirurgicales dans la maison des Enfants-Trouvés, « les grandes opérations réussissant rarement dans l’Hôtel-Dieu, à raison du mauvais air qu'y respirent ceux qu'on y opère, malgré les soins et les lumières supérieures des maitres de l'art chargés de ces opérations ». Les Enfants-Trouvés auraient été transportés, « par exemple, dans la maison des Feuillans, rue d’'Enfer », près du Luxembourg, où

(1) Nicolson accusait aussi les administrateurs de déprédations :

« De tems immémorial un administrateur roule équipage à la révolution » de sa première année... On ne verrait guère briguer une telle place, si » elle n'était susceptible d’émoluments, que jusqu'ici l'on n'a pu apprécier, » parce que ces Administrateurs se couvrent tous du voile épais du mistère.»

(2) 12 juin 1790. Minute. Archives nationales. D IV 49, n° 1399. Tuetey. Op: cit. Tome l'Sopr2r.

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l'air était meilleur. Yvon proposait encore d'établir une maison pour les femmes en couche, chez les religieuses de la rue Sainte-Avoye, et de transporter les aliénés dans un autre endroit.

Les avantages du projet auraient été ceux-ci :

Diminution d'environ moitié du nombre des malades en. traitement à l'Hôtel-Dieu.

Chaque malade aurait son lit.

Les dépenses des nouvelles constructions projetées seraient évitées.

On classerait les maladies à peu près analogues dans les mêmes salles ; « dans une salle, les fièvres intermittentes, dans une autre, les maladies aiguës, inflammatoires ; dans une troisième, les fièvres malignes, putrides, contagieuses et ainsi de suite ». /

L'exposé du projet se términaît d’ une façon un peu emphatique :

« Un citoyen obscur, mais zeslé, ose présenter cette idée à » nos seigneurs de l'Assemblée Nationale.

» Il la borne à un simple aperçu très circonscript, par respect » pour la sublimité de leurs lumières et leurs très importantes » occupations, intimidé d’ailleurs par l'intime peisuation des » bornes étroites de ses connaissances.

» En m'égarant, j'aurai peut-être le bonheur de mettre sur la voye alors :

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