‹ La Révolution & les HôpitauxChapitre 20 sur 69 · PAT M · texte numérisé non relu

PAT M

Le 25 on prenait connaissance d’une plainte des filles de service de la Pitié contre le grand maître de cet hôpital. Les hospitalières de la place Royale et de la Roquette attirèrent l'attention du Comité qui se fit remettre les déclarations des biens, revenus et charges fournies le 24 et 26 février 1790, au département du domaine. Enfin, le Comité reçut les administrateurs désireux de le renseigner (Déposition le 17 mai 1790 de M. Joly de Fleury, procureur général du Parlement, administrateur de l'hôpital des Petites-Maisons). Le 25 juin, les prieur et procureur de l’h6pital de la Charité vinrent solliciter un secours et furent renvoyés au Ministre des Finances. Les citoyens mêmes furent reçus, et le 28 juin, les districts du Val-de-Grâce et de Saint-Jacques du Haut-Pas, envoyèrent une députation pour demander à faire traiter leurs malades dans leur quartier même (1).

Le 1$ juillet 1700, l'ère d’information était close, et de la Rochefoucauld-Liancourt put déposer son rapport ou plutôt ses rapports sur l'état de la législation du royaume relativement aux hôpitaux et à la mendicité, les bases de la répartition des secours dans les départements, districts et municipalités, et le résultat des visites faites dans divers hôpitaux, hospices et maisons de charité de Paris (2).

L'œuvre du Comité de Mendicité semblait terminée. Le zèle des commissaires ne se ralentit point. Ils attirèrent encore l’attention des pouvoirs publics sur l'Hôpital général, sur Bicêtre,

tait l’inoculation à une époque où l’on ne connaissaitnil'antisepsie, ni la vaccination animale, et en particulier l'inoculation de la vérole en même temps que celle de la vaccine. Il avait horreur des vésicatoires et écrivait :

« Les vessicatoires, voilà le grand cheval de bataille, — l’ultimatum des connaissances médicales, triste ressource! J!s rehaussent la maladie en se portant au col de la vessie qu'ils irritent et font pisser le sang.»

Antique anathème que ne désavouerait pas notre maître, M. Huchard.

Sur ce D: Afforty, nous partageons l'avis de M. Tuetey, et nous estimons qu'il s'agit sans doute du fils de Pierre Afforty, docteur régent de la Faculté et petit fils du doyen François Afforty.

(1) Cf. Tuetey. Op. cit. Introduction, p. vit.

(2) Les trois rapports du Comité de Mendicité sur les hôpitaux se trouvent aux Archives nationales AD XVIIIC 154 et à la Bibl. Nat. Imprimés Le ?° 776. 1ls ont été reproduits dans les Archives parlementaires. Op. cit. Tomes XVII et XXII.

signalant les moindres abus (1). Ils s'occupèrent aussi des fous dont la situation était déplorable, se firent renseigner sur ceux de l'Hôtel-Dieu, de la Salpétrière, des Petites-Maisons et s’inquiétèrent même des maisons particulières d’aliénés.

Les hôpitaux dont les revenus avaient été amoindris par la suppression des droits d'entrée, souffraient de la situation financière de l'Etat français à cette époque, assez peu florissante on le sait.

Le Comité de Mendicité s'interposa entre les pouvoirs publics et les administrations hospitalières réclamant des subsides.

Résultats. — Une enquête aussi considérable faite avec tant de soins ne devait point rester sans résultats. Le Comité de Mendicité proposa, on l’a dit déjà, un remaniement complet de la fortune hospitalière. Il voulait mettre cette fortune entre les mains de la Nation pour la répartir ensuite dans toutes les parties du royaume, suivant les besoins. Ni la Constituante, ni la Légis- lative n'osèrent se charger de l'exécution de ce plan et ce fut la Convention qui, par ses décrets des 19 mars, 28 juin et 19 août 1793, mit les biens des hôpitaux à la disposition de la Nation.

Cette réforme n'était peut-être pas encore mûre à l'époque où La Rochefoucauld-Liancourt formulait sa pensée. Il est certain que lorsqu'on appliqua la nouvelle loi, les résultats immédiats furent déplorables, mais ils ne suffisent peut-être pas pour la condamnation irrévocable du nouveau régime. Ces idées sont encore aujourd’hui très discutées (2). |

Le Comité résuma ses travaux, à la fin de la législature en demandant:

«1° L'organisation des secours à domicile pour les malades » et les vieillards ;

» 20 La répartition des hospices à raison d’un pour quatre » sections, indépendamment des grands hôpitaux indispensables

(1) Le 15 avril 1791, le Comité « fit observer que l'habitude de vendre les effets des morts et d'en frustrer les parents, ainsi que la coutume de vendre les lits, ne découlaient pas d’une loi, mais d’un simple règlement. (Tuetey. Op. cit. Tome I* Introduction, p. XII}.

(2) Cf. Louis Parturier. Op. cit.

Léon Lallemand. Op. cit.

ET SSL pour les études médicales, et réservés aux malades non domiciliés ;

» 3° La création de deux maisons de convalescents ; » 4° L'établissement de deux hôpitaux pour le traitement des

maladies vénériennes, attendu l'insuffisance de celui de Bicêtre,

qui pouvait à peine soigner 600 malades sur les 2.000 qui se présentaient ;

» 5° L'installation de deux hôpitaux consacrés à la guérison de la folie, jusqu'alors traitée seulement à l'Hôtel-Dieu, l’une de ces maisons réservée aux aliénés qui seraient reconnus incurables; à

» 6 La suppression de la maison de la Pitié et autres analogues, l'entretien et l'éducation des enfants trouvés à la campagne ;

» 7° L'hospitalisation des vieillards et infirmes des deux sexes dans trois maisons ;

» 8° L'institution de maisons de santé et d’une maison de prévoyance dans la capitale, ainsi que des caisses d'épargne pour l’ouvrier ;

» g La création d’un hôpital d’inoculation;

» 10° La fondation de deux maisons de répression pour les mendiants vagabonds;

» 119 L'encouragement des associations de bienfaisance, telles que la Charité maternelle et la Société philanthropique ;

» 120 La création d'une agence de secours, ou Comité de huit personnes, placé auprès du Directoire du Département, ayant la haute main sur les Comités de surveillance de quatre personnes, institués auprès de chacun des établissements chari-

tables du Département. » (1).

(:) Cf. Rapport sur la nouvelle distribution des secours dans le Dépar-

tement de Paris. Archives nationales, ADXVIIIC 154.

Tuetey. Op. cit. Tome I‘, Introduction, p. XV et XVI.

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