‹ La Révolution & les HôpitauxChapitre 3 sur 69 · CN CS · texte numérisé non relu

CN CS

La Révolution n'a pas créé de toutes pièces un système hospitalier, mais elle à continué une œuvre entreprise depuis plusieurs siècles. S'est-elle bornée à suivre les traditions qu'elle trouvait établies, ou au contraire a-t-elle apporté là comme

ailleurs un esprit particulier ? Telle est la question que j'ai été

amené à me poser. Au cours de mon étude j'ai bien vite reconnu que l'influence de la Révolution avait été particulièrement heureuse et que les indigents hospitalisés lui sont redevables de nombreux bienfaits. Le meilleur moyen d'établir cette vérité était d'étudier comparativement la situation des hôpitaux de Paris avant et pendant la période révolutionnaire. Ce tableau est le sujet même de cet ouvrage. Je l'ai tracé en toute sincérité et sans autre préoccupation que celle de la vérité; j'ai tenu bien plus à fournir des documents, laissant au lecteur le soin de conclure, qu'à formuler des impressions personnelles et n'ayant

| qu'une valeur subjective.

La date de 1791, qui sert de limite à cet ouvrage, n’a pas été choisie arbitrairement. Les années 1789, 1790 et 1791 constituent, à proprement parler, la période d'enquête. Les Révolutionnaires s'instruisent, informent, avant de construire leur édifice.

En 1701, les enquêtes du Comité de Mendicité et du Départe-

‘ment des Hôpitaux sont closes. Les grandes administrations

hospitalières perdent leur autonomie et sont placées sous l’autorité unique du: Directoire du Département. L'ancienne Administration générale du temporel disparaît. Elle est remplacée par une commission de trois administrateurs qui a pour chef le

- Maire de Paris.

A ce moment, la période que l'on pourrait appeler période d'instruction est terminée. Elle va aboutir à la promulgation du règlement du 13 Messsidor an II qui est la charte de l’Assistance

publique moderne en matière d’hospitalisation. Ce document

Mac-Auliffe. — 1:

qui, à notre connaissance, n’avait jamais été signalé jusqu'à ce jour, est d’une importance considérable.

Je n'étudierai pas ici les orphelinats, asiles, hôpitaux réservés exclusivement aux malades payants, les hôpitaux militaires ou ecclésiastiques, ni les maisons de santé particulières, mon dessein étant de déterminer le rôle de la Révolution dans l'œuvre d’assistance considérée comme un service public.

Un nom reviendra presque à toutes les pages de ce travail. C'est celui de M. Tuetey, sous-chef de section aux Archives Nationales. J'ai puisé un grand nombre de renseignements dans son remarquable recueil intitulé ; «l’Assistance publlque à Paris pendant la Révolution. »

Les Archivistes de la Seine, MM. Coyecque, Farges et en particulier mon excellent ami M. Lucien Lazard, m'ont fourni pour mes recherches un concours au$si obligeant qu'éclairé; M. Sigismond Lacroix, ancien député, dont tout le monde connaît et apprécie la compétence et les études magistrales sur l'histoire de la Commune de Paris pendant la Révolution, a bien voulu me communiquer ses fiches. Je suis heureux de rendre hommage dans cet avant-propos à cet historien éclairé, éminent publiciste, comme aussi à la bienveillance de M. Aulard, Professeur d'Histoire de la Révolution Française à l'Université de Paris, qui m'a fourni de précieux renseignements.

J'adresse aussi le témoignage de ma reconnaissance à Mile le docteur Przeciszewska, de la Faculté de Paris, qui m'a communiqué des notes sur les hôpitaux, ainsi qu’à M. Pierre Lœw, externe des hôpitaux, qui m'a aidé dans mes recherches bibliographiques.

À la veille de mettre en pratique leurs excellentes leçons, je remercie mes Maîtres des hôpitaux, Messieursles docteurs Bonnaire, Huchard, Legueu, Reclus, Siredey et Tuffier.

M. le D' Pozzi, chirurgien de l'hôpital Broca, membre de l'Académie de Médecine, m'a fait l'honneur, inappréciable entre tous, de suivre avec intérêt mes dernières années d’études. Je tiens à lui exprimer ici, ainsi qu'à son éminent assistant, M. le D" Jayle, les assurances de ma profonde gratitude.

Enfin, je remercie M. le professeur Brissaud de l'honneur qu'il m'a fait de vouloir bien accepter la présidence de ma thèse,

As dé à

"1 > f : 2 # Ce F1 < D FE

Page 1