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HOSPICE DE S'-MERRI

Sur cet établissement, trois documents que nous publions

in extenso.

« HospicE DE SaINT-MERRI,

» Une association de citoyens estimables, réunis avec M. Vienet, curé de la paroisse de Saint-Merri, forma, en 1782, l'établissement dont nous rendons compte. Une maison solidement bâtie, en bon état et élevée de quatre étages, contient au premier six lits pour les femmes malades, un nombre égal de lits au second pour les hommes ; au troisième deux places pour des pauvres appelés honteux, et deux au quatrième pour le traitement des maladies contagieuses. Chaque malade est couché séparément, et il nous à paru qu'il serait difficile de rien ajouter à la bonté du traitement que l'on reçoit dans cette infirmerie. ,

» La plus grande propreté y règne constamment ; les pièces où se trouvent les malades sont assez grandes pour que chacun

d'eux aitau moins six toises cubes d'air à respirer.

» L’hospice est servi par des sœurs de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul; elles y sont au nombre de huit ; mais, outre le soin de l'hospice, elles sont chargées de celui des pauvres malades du dehors, ainsi que de l’enseignement, dans deux écoles établies pour les petites filles de la paroisse.

» Il serait difficile d'évaluer le prix de chaque journée de malade dans cette maison, parce que la dépense en est com-

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mune avec celle de tous les autres infirmes de la paroisse qui reçoivent des secours à domicile.

» L'hospice est abondamment pourvu de linge, d’ustensiles et de toutes les choses nécessaires non seulement aux malades qui y sont traités, mais encore à tous les pauvres de la même paroisse atteints de maladieset ayant besoin des secours de la charité.

» Les revenus appartenant à l'établissement de Saint-Merri sont ou fixes ou casuels ; les premiers consistent en rentes provenant des sommes placées, ou dans les fonds publics, ou sur des corps de communautés, ou sur des particuliers; les autres sont le produit, ou de quêtes ou d’aumônes, ou de legs testamentaires en faveur des pauvres. La totalité de ces revenus monte à environ 36,000 livres. Ils sont perçus par un trésorier nommé ou continué chaque année, et qui rend chaque année ses comptes dans une assemblée présidée par le curé de la paroisse (1).

.» Le nombre des pauvres reçus à l'hospice de Saint-Merri, depuis l'époque de son établissement jusqu’au jour où nous l'avons visité, c'est-à-dire pendant l'espace de six ans et demi, a été de 900, sur lesquels il en est décédé 56. La mortalité n’a donc été, dans cette infirmerie, qu'à peu près comme 1 est NET:

» C'est un effet du bon traitement que l'on y reçoit : on ne peut donner trop d'éloges à la manière dont s’y fait le service, au zèle des sœurs qui y soignent les malades et à l'ordre qu'y font observer les administrateurs charitables, fondateurs de cette maison.

» Cet ordre est prescrit et détaillé dans des statuts très sages qui sont exactement exécutés » (2).

(1) « Le 20 janvier 1791, dit M. Cocheris, le curé (de St-Merri) déclarait que le revenu fixe de cet hospice se montait à 17.660 livres 9 sous 7 deniers, et que les charges fixes étaient de 3.274 livres 8 sous. Le revenu casuel atteignait la somme de 22.212 livres 6 sous. Mais les dépenses variables étaient de 37.524 livres 17 sous. »

(Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, par l'abbé Lebœuf.

Edition Cocheris. Tome IT, p: 232).

(2) Rapport du Comité de Mendicité, Archives parlementaires, Op. cit.

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