‹ La Révolution & les HôpitauxChapitre 43 sur 69 · Tome XXII, p · texte numérisé non relu

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cette annexe de l'Hôpital de la Charité s'élevait rue du Bac. Une clause de la fondation stipulait qu'on n'y recevrait ni prêtres, ni soldats, ni domestiques en maisons. La fondation avait supposé « que les premiers avaient une ressource dans l'honoraire de » leurs messes ; les seconds daris leur paye, et que les troisièmes » pouvaient se retirer chez leurs maîtres (1) ». Gervais, prêtre, le cardinal de Mazarin et le marquis de Saché comptaient parmi les principaux bienfaiteurs de l'établissement. f Les lettres patentes n'avaient été obtenues qu'en 1656 et elles avaient été enregistrées au Parlement le 21 février 1670 (2). On y recevait des malades convalescents. En 1790 on y trouvait 24 lits constamment garnis par des malades venus de la Charité. Les lundis, mercredis, et vendredis, huit malades étaient reçus, huit sortaient de l'hôpital (3).

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PÉÉSONESME. Sun. 37 (a)

Les intentions de la fondatrice n'étaient plus respectées à cette époque et l'hôpital servait aussi de lieu de retraite à d'anciens religieux de la Charité, mais ces religieux étaient entretenus aux frais de l'Ordre.

Le Comité de Mendicité trouva que la dépense était excessive (la journée de malade coûtait 6 livres) et prétendit qu'on pouvait, étant donnée l'importance des revenus annuels, (s) augmenter le nombre des lits.

(1) Rapport du Comité de mendicité. Archives parlementaires. ACIE Tome XXII, p. 384. È Ro

(2) Déclaration des biens de l'hôpital des Convalescents de la Charité, 20 Janvier 1791. Tuetey. Op. cit. Tome I, p. 425. Minute. Archives nationales. S. 6102. De Langlard donne comme date d’établissement de l'hôpital, 1652. Cf. Compte-rendu à la Commune parle Département des Hôpitaux. Biblioth. Nat. L. b\40, 1221, p. 38.et 30:

(3) et (4) Notice sur l'hôpital des Convalescents de la rue du Bac (1790) Tuetey. Op. cit. Tome I, p. 422 et suivantes. Minute. Arch. Nat. F15. 1$6r.

Cf. Mémoire de de Langlard. Op. cit. p. 38 et 39. |

(5) Les revenus annuels étaient de 34.310 L. 10 s. ( Sur quoi il faut déduire les Charges telles que cens. rentes perpétuelles et rentes viagères, montantes à 2.654 1. 6 s. 8 d. Reste net : 51.656 1. 3 s. 4 d. » La dépense égalait la recette.

Cf. Mémoire de de Langlard. Op. cit., p. 38 et 39-

Maison de la Charité de Charenton

(Propriété ‘des Frères de la Charité)

L'hôpital de la Charité de Charenton fut fondé le 12 septembre 1641 par M° Sébastien Le Blanc. Les lettres patentes furent accordées en février 1045 et enregistrées en Parlement le 19 août de la même année. M° Sébastien Le Blanc avait fait don aux religieux de la Charité d'une maison située à Charenton, «avec ses appartenances et ses dépendances. » ; le 4 mai 1662 il donna encore une maison située rue des Noyers et quelques rentes dont il était propriétaire, « le tout à la charge qu'il y aurait à l'avenir dans la maison de Charenton sept lits pour les malades » (1). Par lettres patentes du 10 juillet 1767, enregistrées au Parlement le 1°" août suivant, les religieux acquirent, au prix de 421.670 livres 6 sols, la terre de Charenton S' Maurice, sur laquelle s'élève encore aujourd'hui l’asile d'aliénés. En 1789, Charenton S' Mauriceétait à la fois un hôpital et un asile. Un bâtiment séparé constituait « l’hospice » : 16 lits y étaient réservés pour les pauvres malades qui étaient traités comme à la Maison-Mère de la Charité et couchaient dans des lits séparés. Mais la Maison de Charenton était surtout un asile payant. Les aliénés étaient logés dans la partie de la maison qu'on appelait « la maison fermée. » Ce bâtiment, qui contenait 76 chambres, était occupé par « des fous, des maniaques, visionnaires, imbécilles, alliénés, épilepti-

(1) Rapport du Comité de mendicité. Archives parlementaires. Op. cit.

Tome XXII, p. 385. . + Cf. : Notice sur la Maison de la Charité de Charenton envoyée au Départe-

ment des Hôpitaux (mai 1790). Tuetey, Op. cit. Tome I, p. 464. Minute. \ Archiv. nat., F15, 1861.

ques, correctionnaires et gens détenus par commutation de peine(i}»; à Charenton, comme à Bicêtre, on logeait des prisonniers à côté des fous. Le trop fameux Louis-Alphonse Donatien, comte de Sade, était un hôte de la maison, où il avait été transféré de la Bastille, le 3 juillet 1789 (2). L'infortuné compagnon et ami de Latude, Antoine D'Allègre, alors âgé de 65 ans, et devenu imbécile, y était aussi renfermé (3) depuis le 8 juillet 1764. Dans la maison où l’on avait l'habitude assez suspecte de désigner les fous par des surnoms, D'Allègre avait été appelé « Prince ». La maison de Charenton donnait également asile aux deux fous qu'avait délivrés le peuple en prenant la Bastille : Augustin- Claude Tavernier, désigné sous le nom de « Benoît », et le comte de White, qu'on appelait « Major ». |

La « maison fermée » était composée de 8 galeries contenant trois grandes salles et les 76 chambres. Les aliénés avaient une infirmerie, des salles de bain, et un billard. Ils n'entraient à « la maison fermée » que s'ils étaient atteints de folie dangereuse. . Sinon ils habitaient une partie de la Maison appelée « maison libre » où ils étaient mieux traités.

Il ne semble pas qu'à Charenton on utilisât les chaînes comme à Bicêtre.

« Dans les tems de crise, dit le D' Regnault, chaque maniaque est séparé de tous les autres, précaution strictement nécessaire pour. sa conservation et celle des autres individus, c’est là qu'il faut ajouter à une inspection sévère la garde plus sévère encore des clefs. des verroux, des grilles et des guichets (4) .»

L'accès passé, le fou pouvaitprendre l’air dans une vaste cour. Les aliénés riches jouissaient donc d'avantages considérables et leur régime était bien supérieur à celui des fous de Bicêtre, des folles de la Salpêtrière, enchainés et parqués dans leurs loges.

(1) Tuetey. Op. cit. Tome I, p. 465 et 466. Document cité.

(2) Etat des personnes détenues dans la Maison des religieu rité de Charenton. Tuetey. Up. cit. Tame I, p. 458. RS id

(3) Cf.: Tuetey Op. cit. Tome I. Document cité, p. 7 des personnes). : 27 Re (4) Rapport fait au nom des commissaires nommés pour visit it L. frères de la RAGE de Charenton etdu dr. A EANES ‘un des Commissaires, Novembre 1700. Original signé. Arch ? N° 7, Tuetey. Op.:cit. Tome I, p. 477. * ; 5 RSS arr

Au réste, l'administration des Religieux de la Charité paraît avoir été humaine et intelligente, ainsi qu'en témoigne le Comité de Mendicité :

« La maison contenait, lors de notre visite, 87 pensionnaires, » logés, soignés et surveillés par les religieux. La moindre pen- » sion est de 600 livres, il y en a de 100 louis par an. Le montant » des pensions réunies produit, année commune, une somme » de 125.000 livres (1).

» Chacun de ces infortunés est gardé dans une chambre à » part, et 52 domestiques, sans compter les religieux, sont » employés à les servir. Il y a dans cette maison de force une » infirmerie pour les fous malades. Les religieux en ont le plus » grand soin, et cherchent tous les moyens de rendre leur » captivité aussi douce qu'il est possible, ou que l'état des » personnes l'exige ou le permet.

» Cet établissement mérite la plus grande faveur (2) ».

Du rer janvier 1780 au 31 décembre 1780, 1336 malades avaient été reçus à Charenton. Sur ce nombre il en était mort 87. Morta-, lité 1 sur 15 (3).

On ne signalera ici que pour mémoire, renvoyant aux nombreux documents publiés par Tuetey, les rumeurs malveillantes qui coururent à l'époque étudiée sur la Maison de la Charité de Charenton, et qui provoquèrent (16 sept. 1780) la visite des Commissaires du Parlement et celle du Comité des Lettres de Cachet (novembre 1790).

(1) Les revenus s'élevaient, charges déduites, en 1790 à 146.951 I. sad

Cf, Notice sur la Maison de Charenton, envoyée au département des hôpitaux. Tuetey Op. cit. Tome I, p. 467. Arch. Nat. F15, 1861, ainsi que le tableau des hôpitaux de malades. Arch. Nat. F15, 3:78, qui donne le même chiffre de revenus. :

(2) Rapport du Comité de Mendicité. Archives parlementaires. Op. cit. Tome XXII, p. 385. |

(3) Rapport du Comité de Mendicité. Archives parlementaires. Op. cit. Tome XXII, p. 385.

Mac-Auliffe, == 12,

Hôpitaux de paroisse

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