‹ La Révolution & les HôpitauxChapitre 62 sur 69 · DE · texte numérisé non relu

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En 1786, le Gouvernement s'empare du produit de la souscriptionouvertepourlacréationetl'édificationdequatrenouveaux hôpitaux : personne n'élève la voix contre cette spoliation.

Les lits à plusieurs places ne soulèvent que des protestations académiques.Personnene propose sérieusement de les supprimer. — L'hygiène hospitalière est déplorable; personne ne sen inquiète. Les médecins ne sont pas même appelés à titre consultatif dans les conseils d'administration. Les hôpitaux sont véritablement « cet entassement de malades qui les rendent souvent plus dangereux que la maladie elle-même (1) ».

La Révolution vient. Un immense travail d'enquête s'effectue. Le Département des Hôpitaux et surtout le Comité de Mendicité amasse les matériaux qui seront utilisés pour la construction de l'édifice moderne. La dignité humaine en même temps que les lois de l'hygiène sont prises en considération. « Les malades sont couchés seuls et il existe en ce moment 900 lits non occupés (2) » Maintenant les médecins sont consultés ; certains même deviennent administrateurs d'Hôpitaux.Quelques-uns et non des moins célèbres (Guillotin, Thouret, Cabanis) sont chargés d'enquêtes sur les hôpitaux. Desault et Corvisart fondent les Cliniques assurant en même temps que le traitement véritablement scientifique des malades la continuité de la tradition dans les études médicales.

Sous l’ancien régime, les hôpitaux sont administrés par un corps mal défini. Pendant la période révolutionnaire nous voyons par des étapes successives cette administration revenir à la Municipalité, au Directoire, au département et enfin à l'Etat, son chef naturel et légitime.

Seule l'Administration financière des établissements hospitaliers prête à la critique. L'époque n'est pas encore venue où les ressources de l’Assistance publique seront à l'abri de toute incertitude. Mais jamais dans ces moments de troubles où le Gouvernemeut fut constamment à court d'argent les malades ne partagèrent les inquiétudes des administrateurs, Ainsi que le dé-

(2) Id. ibid.

(1) Compte-rendu à la Convention de la visite faite à l'Hôtel-Dieu le 18 juillet par les administrateurs du département de Paris, 19 juillet 1793.

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clare J.-B. Say dans la Décade (1) «les hôpitaux offrent sans » doute bien des objets attristants pour l'œil de la philanthropie ; » ils apppellent bien des réformes, mais on doit à la vérité de » dire ce qui est à peine croyable : c'est qu'au milieu des boule- » versements de la Révolution, de l'instabilité des lois et des gou- » vernants,de la pénurie d'argent occasionnée par les profusions, » les dilapidations et la guerre, au milieu de toutes ces causes » de dépérissement et de désordre, l'état des maisons nationales » de bienfaisance s’est constamment amélioré depuis la Révo- » lution. »

(1) 20 Floréal an IX, tome XXIX, p. 260-266.

PIÈCE ANNEXE No 1

Municipalité de Paris

Par le Maire et les Officiers municipaux

Extrait du registre des délibérations du corps municipal, du 13 Messidor, de l'an deuxième de la République française, une et indivisible.

Les administrateurs des établissements publics, persuadés d’après leur conférence avec les officiers de santé, que l'établissement d’un bon régime suffit pour guérir plusieurs maladies, et qu'il est indispensable pour le traitement de toutes, que c’est d’ailleurs le meilleur moyen d'économiser les fonds destinés au soulagement des malheureux et d'établir une SL re rigoureuse à l'égard des agens chargés de la distribution des comestibles, présentent le projet d’un règlement relatif à l'établissement d’un régime diététique pour les malades des divers hospices dont la teneur suit :

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