À VII
Il y aura pour chaque salle trois cahiers de visite. Un sera tenu par le chirurgien du département qui y inscrira de suite les visites du matin et du soir.
Les deux autres seront tenus par l’apoticaire; sur l’un de ceux-ci, il inscrira les visites des jours pairs, et sur l’autre celles des jours impairs, afin que les officiers de santé en chef puissent avoir sous les yeux, pendant la visite, le cahier de la veille, et revoir leurs prescriptions.
Les officiers de santé en chef régleront, chacun dans son département, tout ce qui est relatif à la santé des malades; savoir la tenue des salles, le placement des malades, ainsi que leur changement de lits ou de salles, qui ne doit se faire que d’après leur ordre ; les médicaments internes et externes ; les pansemens, saignées et autres opérations ; la nature et la quantité des alimens, etc.
Ils observeront autant qu'il sera ue de suivre dans la prescription des médicamens le formulaire qu'ils auront adopté, et dans celle des alimens, les règles générales arrêtées d’après leur avis.
Mac-Auliffe, — 15.
Chaque officier de santé désignera dans la salle, ceux des malades qu’il jugera en état de passer aux salles des convalescens.
Lorsque les médecins rencontreront dans leurs visites des complications de maladies chirurgicales, ils se concerteront avec le chirurgien en chef, pour le bien du malade.
Le chirurgien en chef se concertera de même avec les médecins pour les maladies internes qui viendraient compliquer les maladies chirurgicales.
Après la visite de chaque salle, le chirurgien du département et l’apoticaire collationneront ensemble leurs cahiers, et s'ils soupçonnent quelques erreurs, ils en réfèreront à l'officier de santé qui aura fait la visite. -
Après avoir collationné les cahiers, l’apoticaire tera le relevé des médicamens prescrits, qui seront aussitôt préparés à la pharmacie, etrenfermés dans des vases convenables, lesquels seront étiquetés des numéros des lits, au moyen de plaques de fer blanc, mobiles, et portant un crochet pour être attachées au vase : l’apoticaire en fera lui-même la distribution aux heures indiquées, en présence du chirurgien du département.
Le chirurgien du département fera de même le relevé des alimens et des remèdes chirurgicaux.
Pour les alimens, il fera trois bulletins.
Le premier pour la panneterie, contenant la somme des portions, demi-portions et quarts de portion de pain.
Le second pour la cuisine, contenant de même, la somme des portions, demi-portions et quarts de portion de viande, ou des autres alimens qui s'y préparent.
La troisième pour le sommelier, contenant en masse la quantité de vin prescrite pour la salle.
Les pains seront du poids de quarante onces et de forme ronde, afin d'être plus facile à diviser en parties égales : ils seront coupés à la panneterie, d’après les bulletins envoyés par les chirurgiens des départemens et portésensuite aux lieux indiqués pour ladistribution un instant avant cette distribution,
La viande sera de même coupée à la cuisine, d'après les bulletins, et portée dans les salles un instant avant la distribution, dans des bassins de fer blanc àcompartimens, où l’on aura réuni par une brochette de bois, les morceaux composantla même portion.
Le vin sera envoyé en masse dans chaque salle d’après le bulletin.
La distribution des alimens aura lieu à onze heures du matin et à six heures du soir, et sera faite par l’infirmier ou infirmière en chef, assisté des infirmiers ou infirmières de la salle, en présence du chirurgien du département, qui lira sur son cahier le n° du lit, le nom du malade, la portion qui lui est assignée, et qui veillera à ce que cette distribution se fasse exactement.
S'il arrivoit, après la visite, dans l’état du malade, un changegement qui ne permit pas de lui donner la quantité prescrite d’alimens, le chirurgien lui en retrancheroit une partie, ou même la totalité, suivant qu'il le jugeroïit convenable, et en rendroit compte à l'officier de santé en chef à la visite suivante.
Les alimens qui resteront après la distribution, seront renvoyés aux différentes ofhices, d’où ils ont été apportés, avec une note indicative de leur espèce et de leur quantité, signée du chirurgien du département, qui en exigera un reçu.
Il y aura toujours dans l’hospice un régime gras pour lequel il sera fourni la quantité de deux tiers de livre de viande par tête de malade, auxquels ce régime sera prescrit, et un régime maigre déterminé par les officiers de santé réunis, en suivant la saison et les alimens que chaque saison fournit.
Les alimens seront préparés à la cuisine, d'après le relevé général de tous les cahiers de visite de la veille, en défalquant le nombre des malades au régime maigre, du nombre des malades au régime gras, afin d'éviter les doubles emplois.
Le régime sera réglé de la manière suivante :
1° La diette absolue ou sans bouillon, dans laquelle on ne donne aux malades, que les ptisanes ou autres médicamens prescrits, sera indiquée sur le cahier par la lettre D ;
> La diette au bouillon, dans laquelle, outre les médicamens, il est donné aux malades un nombre déterminé de bouillons, chaque bouillon sera de six onces. Cette diette sera indiquée par la lettre B, précédée ou suivie du nombre de bouillons prescrit à chaque malade ; par exemple, B.2 Bu;
3° La soupe sera désignée par un S.
Un chiffre indiquera de même le nombre des soupes prescrites pour les 24 heures ;
4° La portion sera désignée par un P.
Elle comprendra pour le régime gras et pour les 24 heures, 20 onces (1) de pain y compris celui des soupes, 10 onces de viande cuite et désossée, 2 soupes et une chopine de vin;
5° La demie-portion, désignée par la fraction 1/2 P sera composée de 2 soupes, 10 onces de pain, 5 onces de viande cuite et désossée, et un demi-septier de vin ;
6° Le quart de portion, désigné par la fraction 1/4 P, sera de 2 petites soupes, 5 onces de pain, 2 onces et demie de viande etun poisson de vin.
Lorsque l'officier de santé jugera utile d'ajouter ou de retrancher, soit pour la nature, soit pour la quantité des alimens qui composent la portion ou ses divisions, la prescription en sera faite sur le cahier de visite, en indiquant l'espèce et la quantité d’alimens à ajouter ou à retrancher. |