La révolution mondiale
Le monde est en révolution. C'est un fait. On ne discute que sur les origines , la signification et les méthodes de cette révolution , la plus grande de V Histoire.
Dans les études qui suivent , nous avons essayé de fixer quelques idées sur le bouleversement mondial de nos jours .
Toute révolution est une lutte. Toute lutte se base sur une opposition d’intérêts irréductible. La société moderne en fut saturée déjà avant la guerre mondiale. Celle-ci a exaspéré au plus haut degré les anciennes oppositions et en a créé de nouvelles.
Comme avant la guerre , le travail exploité et enchaîné se dresse contre le capital exploiteur et despotique. Comme avant la guerre , les intérêts
généraux de la Société sont dominés par les intérêts particuliers des classes et des coteries.
La guerre mondiale ajoute aux antagonismes inhérents à la société basée sur la propriété capitaliste de nouvelles contradictions insolubles. L'Europe est ruinée . Soji élite exterminée. Elle a soif de paix , de sécurité , de travail fécond et rationnellement organisé. Or, la guerre continue un peu partout. La brute nationaliste est déchaînée. Les barrières sont dressées entre les nations. La moitié de l'Europe meurt de faim. Le surarmement des peuples dits vainqueurs et le désarmement des vaincus crée un état de guerre permanent f un déséquilibre fondamental qui allume et exaspère les appétits impérialistes. La société capitaliste ruinée par la guerre est organiquement incapable d'assurer la paix du monde. Le marché mondial est totalement détraqué. Et c'est aux militaires et aux fous nationalistes qu'on en confie le rétablissement. Les misères du chômage , de la vie chère, des crises financières et économiques sensuivent inévitablement. La reconstruction de l'Europe est impossible à Vaide des méthodes qui ont servi à sa destruction. C'est l'évidence même.
Reste uniquement la solution révolutionnaire.
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Le monde ne saurait être reconstruit et renouvelé que par la classe des producteurs ayant comme principe vital le * travail pacifique ci organisé , non en vue de profits particuliers, ?nais dans l'intéî'êt du bien-être de tous. J.a Révolution russe en a donné V exemple . Les ouvriers et les paysans ont conquis le pouvoir clans un Empire qui occupe le sixième du globe et qui, avant la guerre, nourrissait près de ?oo millions d'habitants . Mieux exploitée et organisée sur des bases communistes, la Russie, à elle seule, pourrait faire vivre et prospérer l'humanité tout entière .
Le capitalisme mondial avait déclaré la guerre à la Révolution russe. Il fut vaincu. C'est un exploit héroïque sans précédent. Immédiatement, la Russie sans imiter la Révolution de 1793, s'est mise à l'œuvre d'organisation du travail pacifique. Des difficultés immenses l'attendent. Elle fera tout pour les surmonter.
C'est le tour des autres nations assassinées et ruinées par la dictature capitaliste. La IIP Internationale fondée à Moscou leur montre le chemin difficile , mais glorieux. Il n'y en a pas d’autres . « L'Internationale de la patience », fondée à Vienne et qui est plutôt une caricature,
mène, en notre période révolutionnaire , à une opposition systématique à la Révolution mondiale et, par conséquent , à la trahison.
La Révolution russe n'exclut pas les adaptations nécessaires de la méthode révolutionnaire aux conditions de chaque pays. Comme Va dit le chef de la Révolution russe, N. Lénine-Oulianoff, la Révolution française sera française, la Révolution italienne sera italienne, la Révolution anglaise sera anglaise. Mais, avant tout, la révolution de chaque pays, tout en parlant la langue de ce pays, doit être communiste.
L’humanité a à choisir entre la destruction capitaliste et la reconstruction communiste, entre une nouvelle guerre mondiale et la révolution mondiale. Nous sommes avares du sang populaire. Plus la classe ouvrière sera consciente, plus la révolution mondiale sera pacifique. En cela aussi, la Révolution russe nous sert de modèle. La révolution de novembre 1917 s’est accomplie, à ?une date fixée d’avance, et presque sans effusion de sang. Car elle avait, au moment et à l’endroit décisifs, Vannée avec elle. Cet enseignement de V histoire ne doit pas être perdu pour nous...
En terminant , j’accomplis un devoir élémen-
taire en remerciant le Journal du Peuple et son directeur, Henri Fabre , qui , pendant la guerrey m'a permis de traiter , dans son courageux journal , les Problèmes de la Révolution mondiale,
Charles RAPPOPORT,
En mai 1921,