‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 43 sur 108 · LE MESSIE · texte numérisé non relu

LE MESSIE

raël ressuscitent ^ et aussi toute l'humanité défunte-. — Alors s'inaugure, sur la terre rénovée, heureuse et sainte, dans Israël transfiguré, au sein de la Jérusalem nouvelle, le règne éternel des Saints du Très Haut et du Fils de David, oint par lahvé ''. Quant au présent, inutile de rien faire : ni insurrections, nilntrisfues : la prière convient seule *. lahvé saura bien, seul, le moment venu, exalter Sion et refondre à jamais son œuvre ^.

Il faut ajouter que d'autres conceptions, moins cohérentes ou moins hautes, prédominent dans beaucoup d'esprits. Voilà si longtemps qu'on annonce le Messie! Ne se leurre-t-on pas à escompter son triomphe ? L'espérance messianique saffaibht ou se déforme, ici et là, dans les âmes. Elles caressent l'espoir d'une revanche à main armée, sur les nations haïes, et elles les veulent exclure de la résurrection tinale ^ : elles atténuent Tuniversalisme et le spiritualisme des deuxisaïe. Surtout elles conçoivent que le règne du Messie sera

' Hénoch éth., 1-36, 37-70; Daniel, 12. i-3: II Mac, 7, 7, 11. 14. — Pour plusieurs, les justes seuls ressuscitent. Hénoch eth., 83-90...

- Apoc. Baruch, 30. 2-j ; 50-51. Apoc. Esdras.

^Hénoch éth., 37-70 [voir 83-90': Apoc. Baruch. 27-30, 1.

* Daniel, passim : Apoc. Mo'ise. C'est la croyance des Hasidéens et des Pharisiens.

^ L'idée d'un Messie souffrant, suggérée par le Serviteur de lahvé, semble subir une éclipse. Voir Schurer, II. 555 ; Dalman : Der leidende und der sterbende Messias, 180; R. B. 1906,166.

® C'est la croyance des Sadducéens et de beaucoup de petites gens. Les Sadducéens rejettent absolument la résurrection.

temporaire S et que le jugement sera opéré non par lui, mais par lahvé-. Elles en viennent même à concevoir le Messianisme sans le Messie % et à n y chercher quun progrès indéfini de la religion juive '\

Ce fléchissement de la foi s'accompagne dautres défaillances. L'essor même des apocalypses l'atteste : ce n'est pas aux âmes bien trempées qu'on travaille à rendre courage. L'individualisme progresse. Le désespoir sème le doute. Le problème du mal assiège et tenaille plus durement que jamais la conscience d'Israël. Les empires succèdent aux empires; et, sur les nuées, le Messie vengeur n'apparaît pas encore! Les péchés de Manassès l'emporteront-ils toujours sur la piété de Josias ? Le mal vaincra-t-il toujours ? L'horrible influence du péché d'Adam a-t-elle

* Hénoch étli.. 91-104 ; Ps. Salom, 17-18 : Apoc. Moise : Apoc. Esdras, 7,29 : « Morielur filius meus Chrislus et omnes qui spiramentum habent liomines. »

* Apoc. Esdras, 6, 6 : « Finis per me, non per alium. » J'emprunte toutes ces références à Charles : article Eschatology, dans ilastings.

^ Voir la Sagesse [voir infra p. 122, n. 4] et Philon.

* C'est l'idée qui inspire le livre des Jubilés, conservé en éthiopien [éd. Charles Oxford. 18U5] et en latin [Rônsch : Das liuc/t de)' Juhilâen, Leipzig, 4874]. On y trouve un résumé de la Genèse placé dans la bouche de l'Ange de la Face parlant à Moïse ; les événements sont datés par années, semaines d'années, jubilés d'années (un demi-siéclei ; on insiste beaucoup sur les fêtes, dont l'origine est rattachée aux patriarches. — Le livre semble dater des années 135-96 avant Jésus-Christ : l'auteur est un pharisien légaliste favorable aux llasmonéens. — Voir Singer : Das liuch der Jubdiien, 1898. Charles : The Book ofJuù., I, 1902. — Comparer avec Philon,

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