LES INFLUENCES GRECQUES
donc, pour tous, entraîné la ruine et produit la mort ? Et Satan, l'ange rebelle, a-t-il donc pouvoir de dompter les fidèles de lahvé ? La puissance de Satan, la faute d'Adam deviennent pour beaucoup l'objet de méditations angoissées ^
C'est que ni la restauration macchabéenne, ni la vitalité de l'Eglise d'Israël n'ont pu refouler loin de la Palestine la pression de l'Hellénisme; elles n'ont pu supprimer son prestige. Aujourd'hui comme aux. jours d'Abraham, aux jours des Juges, aux jours des Rois, l'influence étrangère s'insinue au cœur de la foi iahvéiste ; les Hasmonéens eux-mêmes la subissent et la propagent. Elle s'exerce certainement, sans qu'on puisse marquer en quelle mesure, sur la forme littéraire des apocalypses, sur les croyances relatives aux
* Sur les progrès de la démonologie, voir Tobit : le démon Asmodée semble poussé par la jalousie à faire mourir les époux successifs de Sara. — Quant à Satan, il n'a jamais été conçu comme mauvais par nature lau contraire de Ahriman% mais, dans la Sagesse, 2, 23. il apparaît comme l'antagoniste de Dieu. Outre les livres de Bôklen et Sôderblom. cités 1. 1, p. 308, n. 2, voir Bousset : die judische Apokalyptik, Berlin, 19u3 et Volz : ludische Eschatologie von Daniel bis Akiba, Tiibingen. 1903.
Sur les progrès de l'attention donnée au péché, voir les Secj-ets d'Hénoch et V Apocalypse d'Esdras let de Baritch), laSagesse, 2, 23-24 et 10, 2 [La mort, sinon le mal, est l'œuvre du démon qui a séduit Adam], plutôt que l'Ecclésiastique, 17, 1-27 et 25, 12- 15, qui ignore, sinon le péché d'Eve, du moins la chute. — Voir aussi Philon : de opif. mundi, % 56. Les vues pessimistes sont très répandues : on discerne en Ihomme une tendance bonne et une tendance mauvaise [Eccli., 21 : Pirké Aboth., IV, 1]; celleci est rattachée au cœur de l'homme, non à son corps. On spécule à ce propos, peut-être, sur Adam et sur Satan. Bousset, 459-469. On insiste beaucoup sur la liberté qu'a l'homme d'accomplir la Loi.