‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 6 sur 108 · LA PROPAGANDE JUDEO-CHRETIENNE · texte numérisé non relu

LA PROPAGANDE JUDEO-CHRETIENNE

naux »; elle exprime surtout les traditions nationales en tant qu'elles sont, « par tous les pays, la culture des gens bien élevés )>. La mort des royaumes nationaux, le renouveau de vie municipale que l'on constate, tout favorise l'éclosion dune civilisation tout ensemble internationale et individualiste. « On est entraîné vers l'unité ». Le terrain est bien préparé pour qu'y germe et Y lève la semence juive.

Car c'est à ce moment que l'Église d'Israël pousse ses colonies le long des routes tout autour de la grande mer. Les Païens, inquiets, se penchent vers elle, comme si elle va leur dire la parole de vie qu'ils attendent. Et voici que le Messie paraît, il enseigne et il meurt. Son enseignement est mille fois plus nouveau, sinon plus fécond, que n'espérait Israël. Les chrétientés qu'il suscite se greffent sur les juiveries ; bientôt elle débordent en terre païenne. Dès lors, et jusqu'au début du m- siècle, la tradition de rÉglise encore multiple, complexe, vivante entin, développe en deux séries parallèles la double donnée qu'apporta Jésus : de la doctrine d'amour du Fils de Dieu, elle dégage les grandes lignes du système dogmatique ; du collège des Douze présidé par Pierre, elle dégage les grands traits du système ecclésiastique. Au temps de Calliste, d'Hippolyte et de Ter-

de Dionysos, de hiéronices et de stéphanites [Foucart : de Collegiis scenicorum artificum, 1873, Paris; Athen. 3/i7., XXI, 1896, i63: Chapot, 492].

Les progrès de l'individualisme sont très sensibles dans les inscriptions funéraires Voir F. Plessis. Epi taphes. Pans, 1907.

JO L EPOQCE SYNCRKIISTE

tullien, ridée de la divinité du Christ, si puissante déjà chez saint Irénée, est très nettement caractérisée par la condamnation du Monarchianisme ^ ; et la primauté de Rome, siège de saint Pierre et capitale de l'empire, est déjà très vivement mise en relief par le mouvement dogmatique dont elle est, le théâtre et l'enjeu. A ce moment, enfin, tombent les derniers restes de Tenveloppe où a germé la semence divine : ridée du retour prochain du Messie s'envole, la Bible se ferme, la propriété ecclésiastique se constitue, l'histoire chrétienne commence, l'Eglise se résigne à vivre. Et c'est l'heure, aussi, où la crise religieuse bat son plein, lui amène ou lui prépare les âmes. Le rêve dlsaïe se réalise; toutes les nations s'acheminent vers Jérusalem pour adorer le Dieu d'Abraham, d'isaac et de Jacob. L'époque de la révolution syncrétiste est close.

Mais la simplicité de cette histoire est parfois atténuée par le tumulte des circonstances où elle se déroule. Dans son mystérieuxefiort vers une révélation et vers un sauveur, le Paganisme rencontre d'abord d'autres sauveurs que Jésus, d'autres révélations que la Bible : et il s'organise en un syncrélisme où. s'épanouissent les traditions orphiques. — La haine héréditaire d'Israël pour les nations, le péril quejui fait courir la victoire du Paganisme hellénique contrarient l'effort (( catholique » où l'engage la doctrine des Prophètes :

' Sous Sit (louhlo .Coniit' niodalislc et patripassienne.

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