‹ La révolution religieuse: JésusChapitre 81 sur 108 · LA RÉSURRECTION · texte numérisé non relu

LA RÉSURRECTION

comme ils quittaient Jérusalem, Jésus leur apparut et leur parla : et ils ne le reconnurent que lorsqu'il était déjà éloigné. Ce fut Simon-Pierre qui, le premier, le reconnut en le voyante Jésus, ce jour-là, mangea avec les Onze : après quoi il dit à Simon-Pierre : « Simon.

' D"après Me, 16. 1-8, les saintes femmes trouvent le tombeau vide, un ange leur dit que Jésus est ressuscité et qu'il attend les Onze en Galilée. — Daprès Mt.. 28. 1-20, les saintes femmes trouvent le tombeau vide, un ange leur dit que Jésus est ressuscité et qu'il attend les Onze en Galilée. Et, comme elles courent à eux, voici que leur apparaît Jésus. Il apparaît encore aux Onze en Galilée. — Daprès Le, 24, 1-49, les saintes femmes trouvent le tombeau vide : des anges leur disent que Jésus est ressuscité ; Jésus apparaît à Cléophas et à un autre disciple près d'Emmaûs le troisième jour depuis la mort : il apparaît à Simon- Pierre : il apparaît aux Onze ce même jour à Jérusalem. — D'après Jean, 20. Jésus apparaît à Madeleine, puis aux Onze, puis à Thomas. — Daprès Saint Paul, I. Cor., 15, 1-8 (écrite vers 55 : c'est notre plus ancien texte), qui prétend transmettre « tout ce qu'il a reçu », il y a eu cinq apparitions de Jésus, avant celle qail eut lui-même : 1° à Simon; 2° aux Onze : 3° à cinq cents chrétiens qui vivent encore ; 4° à Jacques : 5° aux Onze : Paul assure en même temps que Jésus est ressuscité le troisième jour.

Les divergences des textes soulignent leur accord, absolu, quant à deux faits fondamentaux : 1° le tombeau a été trouvé vide : 2° Jésus est ressuscité. Si nos textes coïncidaient dans tous les détails^ ce serait la preuve qu'ils ont tous été copiés sur un même document antérieur. Voir les justes remarques de Ch. Y. Langlois et Seignobos : « La ressemblance vraiment concluante n'est pas, comme on l'imaginerait naturellement, une ressemblance complète entre deux récits, c'est un croisement entre deux récits différents qui ne se ressemblent qu'en quelques points. La tendance naturelle est de regarder la concordance comme une confirmation d'autant plus probante qu'elle est plus complète: il faut au contraire adopter la règle paradoxale que la concordance prouve davantage quand elle est limitée à un petit nombre de points. Ce sont les points de concordance de ces affirmations divergentes qui constituent les faits historiques scientifiquement établis. » [Ch. Y. Langlois et Ch. Seignobos : Intro-

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« fils de Jean, m'aimes-tu plus que ceux-ci? » Pierre lui répondit : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous « aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux. » 11 lui

duction aux Éludes historiques, 3* édition. Paris, 1905, p. il-2- 173. — C'est moi qui souligne].

Un passage capital de Le, 24, 10-11. explicjue la divergence des deux traditions, judéenne et galiléenne. Lorsque les saintes femmes annoncent aux Onze la résurrection, « ils tinrent ces discours pour des rêveries et ils ne croyaient pas ces femmes ». Les Onze hésitaient à partir pour la Galilée : leur foi étant ruinée [voir la conversation de .Jésus avec Gléophas]. ils ne bougeaient plus. Alors survint l'apparition à Simon, puis aux Onze, aux 500 chrétiens, à Jacques, et aux Onze. Il y faut joindre celle des disciples dEmmaiis, que sans doute Paul ne connaissait pas. L'apparition galiléenne de Mt. est sans doute identique à la dernière apj)arition de Jésus aux Onze ([ue mentionne Paul. — On sait que la finale de iMc. 16, l)-:20, qui, du reste, ne mentionne ni la Judée, ni la Galilée, manque dans \e yalicanus et le Sinaiticus. et quelle a été écrite, non par Marc, mais par le presbytre Aristion? — Voir Rose : Eludes... 271 ; Comm. sur Me, Mt.. Le.: Rohrbach : Die Bericlile iiber die Auferste/iung J.-C, 1808. Berlin; Preuschen : Anlilegomena, 14 (Lv. Apoc. de Pierre) ; Swele: The appearances of our Lord a fier his passion : a sludy in Ihe ear- liesl Christian tradition, London, 1907 ; Meyer : Die Auferstehung Jesu, TLbingen, 1005; Kirsopp Lake : The liistorical évidence for the résurrection of J.-C, London, 1007 : Ladeuze : La résurrection du Chrisl, Louvain, 1907: Orr : T/ie résurrection of Jésus. Expositor. Jan-Mars, 1008. — Le ms. d'Akhmin acheté par Freer [p. 180] conte que les onze excusent leur incrédulité à la nouvelle de la résurrection par ce que le monde était encore sous le règne de Satan. « Ce règne est fini, répond .lésus ; mais d'autres épreuves approchent ; il est fini, car ma mort est pour sauver les pécheurs, leur donner la vérité, l'incorruptibilité et la gloire. » La réalité de la résurrection est postulée par toute l'histoire postérieure. Gomment expliquer autrement la résurrection de la foi des disciples qui, au cours de la Passion, reniaient Jésus, qui l'ont vu condamner, supplicier et mourir, et qui, demain, se feront tuer pour lui et lui conquerront le monde? Entre leurs lâchetés et leurs désespoirs, leur audace conquérante et leurs niartyres triomphanls, il a dû se passer quelque chose.

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