II
OÙ sont engagés leurs amis ; associations et magistratures sont intimement unies à la religion païenne et comme enserrées dans ses rites. Ce n'est pas tout : les mariages , les naissances , les moissons , les semailles, les fêtes de famille, tout est prétexte à sacrifices avec libations, fumigations d'encens, repas communs. Les heurts sont perpétuels entre' la foi nouvelle et la religion antique ; il arrive parfois que, dans la pratique, les chrétiens se conforment aux usages établis : s'ils se gardent comme d'une abomination des* lestins sacrés célébrés dans les temples, ils s'enhardissent en quelques églises au point de manger des viandes qui ont fait partie d'une victime.
« Séparés du Paganisme, malgré quelques concessions de détail, par les obligations que leur impose leur foi, les fidèles vivent entre eux. Chaque église forme une société complète dont les membres demeurent, sans doute, liés par les lois de la cité ou de l'État ; mais ils évitent de porter leurs différends devant d'autres juridictions que celles de la communauté. On se marie entre chrétiens. Le mariage antérieur, lorsqu'un seul des conjoints se convertit, n'est dissous que sur la demande de la partie restée païenne. En dehors de ce cas, le divorce est rigoureusement proscrit. La virginité absolue est louée et recommandée, mais non pas imposée. Dans la vie ordinaire, le chrétien doit se montrer soumis aux autorités, et à ses maîtres s'il est esclave ; l'oisiveté est flétrie ; on insiste fortement sur Ihonnèteté, l'amabilité dans les