‹ La Révolution; rev. et augmentée de la Critique de la Révolution (volume 2)Chapitre 86 sur 107 · EFFETS DE LA PANIQUE MORALE. — " OUBLIONS TOUT CELA · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA PANIQUE MORALE. — " OUBLIONS TOUT CELA

Pendant ce temps que devenait le Directoire? Sieyès, Roger-Ducos attendaient à la porte le succès de leurs trames. Barras, à la première parole boiteuse de Tallejrand, a rendu sa grande épée dont il avait menacé tant de fois les factieux ; il donne sa démission. Restaient deux hommes d'honneur, Gohier et le général Moulins. Ils sont retenus prisonniers dans le Luxembourg par Moreau, qui se ravale à ce rôle dans cette journée.

Maintenant, si vous examinez de près le plan des conjurés, une première chose surprend. C'est combien, pour réussir, il a fallu d'artifice. Quand on voit d'une part la société harassée, transie de peur, et de l'autre cette gloire de Bonaparte à laquelle tout cède , il semble qu'il n'avait besoin que de dire : Me voici! Au contraire, que de détours, de déguisements, et aussi de fausses manœuvres! A quoi bon réunir les deux assemblées, pour se donner la peine et l'odieux de les disperser? On le comprend difficilement.

Bonaparte voulut faire avec modération la chose du monde la plus violente : renverser un gouvernement, une révolution. Sa modération ne tarda pas à l'embarrasser; il se dépouilla de ce manteau, et fut poussé à plus de violences qu'il n'était nécessaire. Il a Cru que, pour se défaire

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