DEG./7 JANVIER
Trolski estiparti pour Brest mener lui-même la Conférence de paix au nom de la délégation russe qui l'accompagne, ou mieux, le suit.
Cependant, ici, dans les milieux maximalisles, on hiène grand bruit, trop grand bruit, autour d'une reprise possible des hostilités. Lénine fait procéder à une enquête aup""^^ "^^^ comités d'armée pour savoip Aa-a^ <\\ie\\E humeur se trouvent les soldats
appel en masse du peuple at
ser les impérialistes allemands. Les soldats lasisent dire et faire. Leur 'baluchon sur le dos, ils gagnent les gares, déloDceot quelques wagons et s'en vont chez eux.
L*armëe, comme disait Lénine, s'auto-démobilise, ainsi qu'il convient à une armée démocratique où il n'y a plus de chefs.
Le maximalisme réalise ainsi à sa manière la démobilisation de ces douze millions d'hommes que la folie du Tzar avait appelés sous les armes. Douze millions dHiommes pour arriver à en maintenir deux sur le front! Toutes les villes de l'intérieur pleines d'une foule soldatesque, oisive, mal entraînée, mal eacadrée; la vie nationale presque arrêtée par cette levée énorme d'homroes jusqu'à 45 ans; le ravitaillement presque impossible de ces légions inutiles; la population civile à moitié atïamée pour nourrir ces quasi propres à rien; les transports 'paralysés, les chemins de fer encombrés; la famine menaçante; l'indiscipline grandissant dans ces masses inutilisées de soldats, voilà l'œuvre aibsurde du régime autocratique. Avec une sage administration
des choses militaires, il aurait tenu le front avec deux millions et demi d'hommes jeunes et en aurait gardé à Tarrière un chiffre égal. Ces troupes mieux encadrées, actives, manœuvrières, lui suffisaient pour battre l'ennemi, faible sur le front oriental.
Mais il a accumulé les hommes sans compter, précipitant ainsi les causes du malaise qui, grandissant, a amené la Révolution. Il lui a laissé cette armée énorme dont la Révolution n'a su que faire. Lvof, comme Kerenski, n'ont pris aucune mesure décisive pour démohiliseï la moitié de l'armée.
Lénine et Trotski ont réglé la question avec leur netteté ordinaire. Sous leur rèjgne, le soldat, lent à comprendre, a tout de même vu qu'il n'avait qu'à regagner son logis. Combien, y a-t-il de soldats aujourd'hui à l'armée? En reste-t-il deux millions?
Je vois è Petrograd le dépôt du ré^ment Préobrajenski avec mille hommes. ^ ^°- a''^^*^ douze ou quatorze mille l'an de,>u.\et ^ m-^ï»* époque. La peUte caserne o^ . - -Çv^o-^VJ
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de Moika, est fermée depuis deux mois. Et il en est de même partout. Chaque jour et à chaquie heure, on rencontre de petites bandes de soldats (partaint pour la gare Nicolas. Le spectacle de la gare Nicolas, dès que la nuit vient, est une scène de l'enfer. Sur les quais couverti^ de neige jglacée, une foule énorme de soldats, auxquels se mêlent quelques malheureux civils obligés de quitter Petrograd, se rue sur les trains dès qu'ils arrivent en gare. Les gens se précipitent» se foulent aux pieds, glissent sous les wagons, sont écrasés. L'avant-veille de Noël, il y a eu douze morts dans cette seule gare. Les wagons de toutes classes, et au hasard, sont pris d'assaut. On fracasse les dou- Bles-fenêtres pour entrer plus vite. Où il y a place pour trente personnes, trois cents s'entassent en un bloc solide dont on ne peut (plus se dégager. Le train part ou ne part pas. Il n'y a pas de locomotive, ou pas de charbon, ou pas de machiniste. Il reste parfois trente-six ou quarante-huit heures avant de quitter la gare, et les gens crèvent de froid — nous avons 25 degrés au-dessous de zéro — dans les
wagons dont les vitres sont cassées et qui ne sont point chaufTés.
C'est ainsi que les soldats, malgré les fanfares héroïques de Krylenko, restent chez eux.
La nation .armée! Belle plaisanterie maximaliste. Ces gens s'entendent mieux à détruire qu'à -construire, à prêcher la paix que la guerre, à changer une armée en troupeau de moutons, qu'à former des soldats.
Combien de jours encore essaiera-t-on de faire croire à la guerre sainte?
Av^nt même que de partir, les maximalistes ont subi une défaite. Ils voulaient la reprise des pourparlers de paix à Stockholm, prétendant que l'acceptation de Brest-Litovsk semblait laisser entendre que les Empires centraux dictaient leurs conditions à la 'Russie. Ils se croyaient sûrs de l'emporter, -car l'Allemagne, pour si peu, ne voudrait pas rompre les pourparlers d'une paix qui lui est si préàeuse. Mais non. Les Empires centraux OD^ exifté Brest et le gouvernement des cor^rtii**^^^^* * cédé. Que pouvait-il faire?
Trotski annonce qu'il compt.^ . ^e ''-''^*^'^
les pourparlers de paix. Qu'ils durent trois mois, et\ que, pendant ce temps, l'opinion publique s'agite en Allemagne, que la discussion des principes russes s'échauffe, que le parti socialiste mène une vive campagne, que la propagande maximaliste se développe dans Tarmée, voilà la tactique de Trotski. Mais il faut que l'Allemagne s'y prête. Et le télégramme, que nous recevons aujourd'hui, 28 décembre/10 janvier, de Brest, nous dit que, pour l'instant, le parti militaire l'emporte.
Ce diable de Trotski est d'une impudence inégalable. Au moment de partir pour Brest jouer sa partie, n'a-t-il pas eu l'aplomb de dire à un officier de la mission française, socialiste dissident, dont il fait son confident et dont il joue à merveille :
— A cette heure, les Français ne pour raient-ils pas faire une offensive, pour nous rendre la tâche plus facile?
La v|e de cent mille soldats français pour permettre à Trotski-Bronsteîn de jouer sa
comédie [ Le dictateur terroriste a de l'allure, comme oa voit :
Le socialiste dissident français, si plein d'admiration qu'il soit pour le Maître, a osé lui pouffer de rire au nez.