‹ La révolution russe (volume 3)Chapitre 3 sur 25 · W28 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

W28 NOVEMBRE

Lorsque les maximaUstes ont fait leur coup d'Etat, ils ont promis à la Russie la paix. Eist* ce iiun article de programme électoral que ron oublie lorsqu'on a le pouvoir? Les bolcheviques fiie satisiPeront-ils à parler de la paix, comme en a parte tout le socialisme russe depuis mars dernier sans chercher à la réaliser?

Non, les bolcheviques ont d'autres f açQ<n«s de

faire. Ils aiment l'action; ils l'ont prouvé. Et

comme ik n*ont aucim scrupule, qu'ils ne se

jugent liés par aucun des engagements solen-

» de la Russie ancienne, qu'ils considèrent

Alliés comme de funestes ennemis et qu'ils

ont prêché et pratiqué dès longtemps la fraternisation avec les Allemands, on ne voit pas, en effet, ce qui pourra les empêcher de condure la paix. •

Et voici la lettre, signée Trotski, qui est adressée aux représentants des puissances alliées en Russie. Celle de l'ambassade de France a été remise hier à 4 heures de l'aprèsmidi. Elle était enfermée dans une enveloppe de propreté douteuse. Le texte est le suivant :

« 8/2i NOVEMBRE.

« Par cette lettre. Monsieur rAmbassadeur, J'ai l'honneur de vous informer que le Congrès des Soviets de toute la Russie a cionstitué, le 26 octobre/8 novembre, un nouveau gouvernement de la République misse, le Conseil des commissaires du peuple. Le président de ce nouveau gouvernement est Vladimir Illiltch Lénine; la direction des Affaires étrangères m'est confiée, en qualité de commissaire aux Affaires étrangères. Attirant votre «attention sur le texte de la proposition d'armistice et de

paix démocratique sans annexions et contribuUons, sur la base du droit de «Iiaque peoilple de décider de son sort, approuvé piar le Congrès des Soviets de toute la Russie, j'ai l'Iioôneur de vous demander êe voir, en ce document, une proposition immédiate d'armistice sur tous les fronts, et le comme.ncement de pourparlers de paix immédiats, proposition que le gouiveîmement de la République russe, avec pleins pouvoirs, adresse à tous les peuples en guerre et à leurs gouvernements.

« Recevez rassunance, Monsieur F Ambassadeur, de la profonde estime du igouvemement du Saviet pour le Peuple français, qui ne peut ne pas vouloir la paix, ainsi que tous les aUitreteî peuples épuisés et accablés par cette tuerie 3ans exemple.

« Le commissaire national aux Affaires étrangères,

« L. Trotski. »

La Prauda et les Izvestia publient à la même eure Tordre suivant au généralissime Dou^ honine :

fi' « Le Congrès des Soviets a confié le pouvoir

% aux commissaires du peuple avec TobUgation

%. de proposer à tous lés peuples combattants et

1^ à' leurs gouvernements un armistice inmiédiat

\r. sur tous les fronts et des pourparlers immé^

r diats poua* conclure une paix sur les bases

(^ démocratiques. Aujourd'hui, quand le pouvoir

des Soviets s'est laff ermi dans les centres principaux du pays, le Conseil des commissaires du peuple juge nécessaire de faire» sans délai, une proposition de paix à tous les pays combattants, alliés et ennemis. Une note dans ce sens est envoyée laux représentants des pays alliés à Petrograd. Vous, citoyen «généralissime, on vouis donne la tâche de réaliser la décision du Congrès des Soviets et de vous adresser, au reçu de cette communication, aux commandants des forces ennemies, ipour proposer d'arrêter immédiatement les opérations militaires et de commencer les pourparlers de paix. En vous chargeant d^entamer ces pourparlers préliminaires, le Con-seil des commissaires vous ordonne :

« 1® De faire savoir sians interruption au

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Conseil, par fil direct, la m^che de vos pourparlers .avec les représentantsi des armées ennemies; ^

c( 2* Signer Taicte d'armistice seul'ement avec le consentement dto Conseil des commis^ saires du peuple.

« Signé : le président du Conseil des commissaires du peuple, V. Oulu- NOF <|Lenine); conunisisaire des Aflfaires étrangères, L. Trotski; . commissaire des Affaires de guerre, Krylenko.

« Contresigné : secrétaire Gorbounof. »

Et cela m'est pas tout. Trotski juge qu'il n'en a «pas fait assez; iLdéclare qu'il est en possession des traités secrets de la Russie avec ses aUiés et qu'il en commence la publication le lendemain, 4lans les Ivzestia et la Prauda.

« Ces traités, dit41 au C. C. E., sont encore bien pluis cyniques que mous ne pouvions le supposer. »

Voilà une journée qui marquera dans l'his-

[re.

Ainsi Trotski, par la publication des traités secrets, fait une quasi-déclaration de guerre aux pays qui combattent aux côtés de la Rus^ sic et onit été entraînés dans la lutte par elle seule, et, déchirant rengagement solennel pris par la Russie le 5 septembre 1914, à Londres, de ne faire une paix séparée, ni de conclure un ^armistice sauts rassentiment des puissances alliées, ordonne d'engager des pourparlers dte paix avec les chefs des forces militaires ennemies sur le front.

Il y a à peine deux semaines que les bolcheviques ont, par les armes, renversé le gouvernement légal de la Russie. Aujourd'hui, il«> réalisent leur programme. Pour cela, ils n'hésiteuft pas à faire litière des traités qui lient la Russie et à romipre avec les alliés.

Par un comble de {grossièreté envers ceux-ci, ils publient les traités secrets sans les avoir prévenus. Ils les mettent, une? fois de plus, en présence d'un fait accompli. C'est la tactique ordinaire des bolcheviqU'CS.

Leur organe. Ouvrier et Soldat, dans l'après-midi, publie le récdt suivant de l'euitre-

-Mm-

tien, par fil direct, avec la Stafka, qui a suivi de quelques heures Tenvof de la note au généralissime Doukhonine, rapportée ci-dessus :

a De 2 à 4 h. du matin, le commissaire des affaires militaires, aspirant Krylenko. a eu avec la Stafka la conversation suivante par fil direct :

« Krylenko. — 'C'es>t le généralissime qui est à Tappareil? Veuillez avoir robligeance de demander le faisant fonctions de généralissime. Si Je général Doukhonine ne remplît plus ses fonctions, demandez à l'appareil la personne qui le remplace. Autant qu'il nous est connu, le général Doukhonine n'a pas encore aban donné ses fonctions.

. « Stafka. — L'appareil n'a plus fonctionné et la ligne a été ensuite occupée par les services du général quartier-maître.

« Krylenko. — Si vous pouvez commimiquer, dites si vo'Uis avez reçu le radiotéléigramme qui vous a été lancé par le Conseil des commissaires du peuple, à 16 heures, et ce que vous avez fait pour mettre à exécution l'ordre reçu.

« Stafka. — 11 a été reçu un télégramme d'uB-e importance d'Etat, sans numéro et sans date. Aussi le général Doukhonine a-t-il demandé lau général Manikovski, à Petrograd, des garanties nécessaires sur l'authenticité dti télégramme.

<( Krylenko, — Que vous a répondu Manikovsiki? A quelle heure avez-vous envoyé cette demande et par quel moyen? Par radio, par léléphone ou par télégraphe?

« Stafka. — La réponse n'est pas encore X^arvenue et, il y a une heure, il a été demandé de l'activer..

« Krylenko. — Je voiiB prie d'indiquer exactement à quelle heure et par quel moyen vous avez envoyé votre première demande ei répondez plus vite.

« Stafka. — Le télégramme à Manikovski a été envoyé à 19 h. 50 par télégraphe et par radio.

« KBYI.ENKO. — Pourquoi ne l'avez-vous pas envoyé en même -temps à moi. commissaire aux affaires militaires, étant donné que le généralissime savait, par des conversations

avec moi, que le général Maiiikovski n'a pour obligation que d'assurer la continuité des travaux techniques, du ravitaillement en munitions et de l'alimentation, alors que la direction politique du ministère de la Guerre n'est confiée qu'à moi et que j'en suis seul responsable?

« Stafka. — Je ne puis rien répondre à ce sujet.

« Krylenko. — Nous déclarons catégoriquement que nous rendrons le général D... responsable de tout retard apporté dians une question d'Etat aussi importante, et nous exigeon-s impérativement : 1® l'envoi immédiat de parlementaires; 2° que le général Devienne lui-même à l'appareil demain matin à 11 heures précises. Si le retard apporté entraîne la famine, la débâcle, la défaite ou des insurrections anarchistes, toute la faute vous en sera imputée et les soldats en seront informés.

(( Stafka. — J'en rendrai compte au gêné- D...

Krylenko. — Quand?

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« Stafka. — De suite.

« Krylenko. — Alors nous attendons D...

« Stafka. — Je vais le réveiller... C'est le faisant fonctions de géméralissime, général Doukhonine, qui parle.

« Krylenko. — Ici, les commissaires du peuple. Nous attendons votre réponse, après nous être convaincus par le ruban télégraphique qui vient de m'être présenté d'une conversation du général qu»artier-=mtaitre avec vous, que ce télégramme m'a été envoyé par vous avant d'avoir pris une décision au sujet du télégramme signé par les commissaires du peuple : Lénine, Trotski et Krylenko.

« Doukhonine. — Les renseignements suivants me sont absoluiment indispensables :

« f* Le Conseil des commissaires a-t-il reçu un-e réponse quelconque au décret de paix qu'il a adressé aux puissances belligérantes?

« 2* Qu'a-t-on décidé au sujet de l'armée roumaine qui fait partie de notre front?

« 3** A-t-on l'intention d'entamer des négociations pour un armistice séparé et avec qui? Seulement avec les Allemands ou avec les

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Turcs? Ou bien négocierez- vous un armistice général?

« Krylenko. — Le téléigramme qui vous a été adressé est 'clair et précis. Il y est parlé de commencement de pourparlers avec tous les belligérants et nous ne vous reconnaissons nullement le droit de retarder la solution d'une question gouvernementale par des questions préalables quelles qu'elles soient. Nous insistons sur renvoi immédiat de parlemen- ^laire et exigeons qu'il nous soit rendu compte heure par heure de la marche des pourparlers.

« DouKHONiNE. — Mes questions sont d'ordre purement technique et il est impossible d'entamer des pourparlers sans qu'elles laient été décidées.

« Krylenko. — Vous ne voulez pas comprendre que, lors des pourparlers, seront soulevées de nombreuses questions techniques ou plutôt de détail et qu'au fur e4 à mesure que ces questions seront soulevées ou posées par l'ennemi, nous y répondrons. C'est pourquoi

JUS exigeons sous forme d'ultimatum qu'il

it procédé immédiatement et sans détours

aux pourparlers formels d'armistice entre belligérants. Veuillez répondre directement et préeisément aus questions qui vous sont posées.

« DouKHONiNE. — Je puis Comprendre seulement que des pourparlers directs avec l'ennemi sont impossibles pour vous, et d'autant moins possibles pour moi, en votre nom. C'est seulement un gouvernement soutenu par l'armée et le pays qui aoira assez de poids pour donner à ces pourparlers l'autorité nécessaire pour obtenir un résultat. J'estime également que la conclusion rapide de la paix est danfi l'iatérêt de' la Russie.

« Khylenko. — 'Refusez-vous caliégoriquemenf de donner une réponse précise d'exécuter les ordres qui vous ont été donnés?

« DouKHONiNE. — J'ai donné une réponse exacte sur les causes qui me mettent dans l'impossibilité d'exécuter votre télégramme. Je le répète encoce une fois. La paix nécessaire à la Russie ne peut être obtenue que par un go»

vemeinent central. »

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Il fut ensuite envoyé au général Doukhonine la communication! suivante :

« Au nom du gouvememenit de la République russe et sur mandat du Conseil des commissaires du peuple, nou® vous retirons votre commandement pour insoumission aux ordres du gouvernement el pour votre conduite, qui entraînera des malheurs inconnus jusqu'à présent aux masses laborieuises de tous les pays et particulièrement aux armées.

« Nous vous ordonnons, sous peine d'être jugé selon les lois du temps de guerre, de continuer à diriger les affaires jusqu'à Tarrivée à la Stafka d'un- nouveau généralissime ou d'une personne autorisée à prendre votre succession.

« L'aspirant Krylenko est nommé généralissime.

« .Signé : Lénine, Trotski, Krylenko. »

Ce Krylenko igénéralissime ! Il a traversé

l'Allemagne avec Lénine. Il est connu comme

tpiagandiste bolchevique. Sur le front sud-

«^t, il a été arrêté par Savinkof au moment

de la débâcle de Tarnopol. Kerenski, oui, Kerenski, Ta relâché en octobre. Aujourd'hui, il est généralissime de rarmée russes II succède au grand-duc Nicolas Nicolaievitch, à Alexeief, à Kornilof! Ceux-ci, il est vrai, étaient à la tête des armées pouT mener la guerre. Pour faire la paix, un Krylenko suffit.

Voici rimcroyable appel que Lénine et lui envoient sur le front, ce même jour :

« A tous les comités .de régiment, division, corps d'armée et auitres, à tous les «soldats de l'armée et de la flotte :

« , Le 7/20 novembre dans la nuit, le Conseil des commissaires du peuple a envoyé un radio au généralissime Doukhonine, lui prescrivant de proposer immédiatement et formellement un armistice à tous les pays belligérants, alliés et ennemis.

« Ce radio a été reçu par la Stafka le 8/21 à 5 h. 5 du matin. Il avait été prescrit à Doukhonine de tenir sans interruption le Conseil des commissaires au courant des pourparlers et de signer l'acte d'armistice seulement après

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»a conSrmation par le Conseil des commissaires. En même temps cette propositÎMi de conclure un armistice avait été formellement transmise à tous les représentants autorisés des pays alliés à Petrograd.

« N'ayant pas reçu de réponse de Doakhonine jusqu'au soir du 8/21 novembre, le Conseil des commissaires a chargé Lénine, Staline et Krylenko de demander à Doukhonine, par fil direct, les causes de son retard.

« Les pourparlers eurent lieu de 2 heures à 4 heures du matin, le 9/22 novembre. Doukhonine fit main-tes tentatives pour éditer d'expliqu-er sa «conduite et de donner une réponse précise aux prescriptions du gouvernement, mais quand il lui fut prescrit catégoriquement ^ d'engager imm'édiatement des pourparlers d'armistice, il répondit en refusant de se soumettre. Alors, au nom du gouvernement de la République russe et sur mandât du Conseil des commissaires du peuple, il fut déclaré à Doukhonine qu'il était suspendu de ses fonctions pour insoumission aux prescriptions du gouvernement et pour une conduite causant des

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malheurs très grands aux masses ouvrières de tous les pays et en particulier aux armées. En même temps, il fut ordonné à Doukhonine de continuer à gérer les affaires en attendant Tarrivée d'un nouiveau commandant en chef ou d'une personne chargée par lui de recevoir'les affiaires des mains de Doukhonine. L'aspirant Krylenko est nommé généralissime.

« Soldats! la cause de la paix est entre vos mains! Vous ne permettrez pas aux généraux contre-révolutionnaires de faire 'échouer la grande cause de la paix; vous les entourerez d'une garde pour éviter des lynchages indignes d'une armée révolutionnaire et i>our empêcher ces généraux d'échapper au tribumal qui les attend. Vous maintiendrez un ordre sévère, révolutionnaire et militaire.

' « Que les régiments sur le front élisent immédiatement des fondés de pouvoir pour entamer des pourparlers d'armistice avec l'ennemi. Ce droit vous est donné par le Conseil des commissaires du peuple. Informez-vous par tous les moyens de la marche de vos pour

parlers. Le Copseil des commissaires a seul le droit de signer le traité définitif d'armistice.

« Soldats! la icause de la ipaix est entre vos mains. De la vigilance, de la retenue, de l'énergie, et la cause de la paix vaincra! »

Que restera-t-il de l'armée russe après la réception de -ce radiofélégramme? Aux premiers jours de la tévolution. les socialistes ^valent déjà lancé le funeste Prikase n° 1, Ils parachèvent leur œuvre. Confme puissance destructive, le socialiste russe a montré des qualités lincomparables. Rien ne lui résislf?. Que l'armée fasse ou non la paix immédiate qu'on lui ordonné, la Russie, aujourd'hui, se rend à -merci À l'Allemagne.

On voit dans cet appel la marque (personnelle de Lénine. Le» menaces directes aux officiers, l'ordre aiuix soldate ide s'emparer de leurs chefs, l'emploi de la force, le mot de « lynchage )) qui est éicrit, bien qu'on l'interdise, voilà du pur Lénine.

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iO/2S NOVEMBRE.

Les ambassadeurs et ministres alliés se réunissent pour examiner Tincroyable sîtuiaiion dans laquelle la lettre de Trotski, l'ordre au igénérali Doukhonine et |le radîotélégramme aux armées du front les placent.

Ils décident de n'entrer en aucun rapport avec le Conseil des commissaires d«u) peuple. Sans doute, ce dernier a, par deux fois, provoqué une rupture entre les Alliés et la Russie en publiant sponte siia, la oorrespondanice secrète entre les puissances alliées; en donnant l'ordre de faire un armistice immédiat sur le front et d'engager des pourparlers de paix avec les commandants des armées ennemies. Mais remettre une note de rupture, c'est reconnaître ce gouvernement des commissaires du peuple. Le peuple russe lui-même le reconnaît-il? Le gouvernement est maître de fait à Petrograd et à Moscou. Mais à Petrograd pas un ministère ne peut fonctionner, car tous les employés, sans exception, font grève^ En outre, les Soviets ont pris le pouvoir par un lacte de force?. Les Soviets, loin de représenter

toute la classe ouvrière et les soldats de Russi-e, ne sont élus que par une infime minorité (lOft Soviets sur 900 ont pris part au Congrès général des Soviets et dan® chacun de ces Soviets un dixième des membres à peine, et la classe paysanne n'y fiigure pas). Enfin, la Constituaiite doit être élue à partir d'il 12/25 novembre. Seul lun pouvoir issu: d'elle aura force légale.

Les ambassadeurs attendent. Ils ne donneront aucune réponse.

Leur position est difficile. Ils vivent en Russie en ignorant le pouvoir > de fait qui gouverne dans la capitale où ils résident. S'il s'agissait de quielques jours, soit Mais l'afifaire va traîner; la paix ne sera pas conclue demiain; les pourparlers, si pressés que soient Lénine et Trotski, dureront des semaines; la Constituante ne se réunira qu'en janvier. Et, d'ici là, mille incidents se produiront; il y aura des visas à obtenir, des permis à demander. Nous envoyons des courriers diplomatiques. Pour- 'ont41s pta>sser sans l'assentiment des commissaires dn peuple? CeuixHci ne diront-ils pas

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aussi que les itélégnammes chiffrés ne seront acceptés au* télégraphe que par permission du gouvernement? Un sujet français ou anglais peut être lairêté. Le laissera-t-on en prison? Ne pas reconnaître? le gouvernement de fait, c'est aU'Si renoncer au droit de protester contre tout acte international qtfil lui plaim de prendre en violation des traités. Alors nous nous exposons à mille avanies et grossièretés sans ouvrir la boucha. Et nous nous refusons à exercer 'toute influence sur le développement de la funeste politique de^ maximalistes. Ils vont traiter avec les Allemands. Nous ne dirons rien. Ils feront la paix. Et nous ferons les morts.

Et to»uit de même; nous ne pouvons reconnaître le gouvernement des commissaires du peuple, qui ne doit son pouvoir qu'à la: force et qui, là peine constitué, nous trahit et conclut un armistice avec les Empires centraux.

Si nous pouvions nous servir des bolcheviques contre? les Allemands, nous oublierions la trahison pour essayer de les utiliser dans la partie que nous jouons. Mais que sont Lénine

et Trotski? Ils ne songent qu'à o&nclure la paix, n'importe quelle paix, le plus vite possible. « Ces impérialistes d'alliés n, comme iU disent, n'aïuiront aucune action sur eux. C'est l'évideniee même. Non, il ne peut être question de les reconnaître et de nous aliéner toute la Bu^ie libérale et intelligente traquée par les m-axdmalistes.

Rompre 'définitivement, quitter le pays, y abandonner nos amis au moment où ils implorent notre secours, laisser sans défense et sans protection, si faibles qu'ils soient, les intérêts immenses que nous avonis ici, est également impossible.

Alors, il ne nous reste qu'à attendre... peutêtre notre expfulsion?

Um NOVEMBRE.

Au Comité central exécustif, grande séance hier, où (Lénine parle.

Sa mauvaise foi est évidente. Malgré les ■'ocuments publiés hier, et que je donne ei- 'essus, il n'hésite pas à dire :

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