‹ La révolution russe (volume 4)Chapitre 6 sur 20 · IK^ \M · texte numérisé non relu

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On voit chaque jour dans les rues de Petrograd des traîneaux où sont assis un civil en vêtements convenables, Tair décent, ou un officier sans ôpauletteSy comnae Je veut la mode du jour, A côté de ce personnage convenable, un adolescent pâle, et le plus souvent dégénéré, les cheveux en désordre et le regard farouche. Ce tratneau mène un prisonnier aux cachots de Smolny.

L'homme en rupture des lois n'est pas le p&le voyou, mais le bourgeois décent. Le gardien de l'ordre public est ce jeune anarchiste, fils d'alcoolique. Et pour montrer qu'il représente la force, il: a entre les jambes un fusil, dont la bretelle est remplacée, suivant la mode de la garde-rouge, par une ficelle. 11 y a longtemps, en effet, que les gardes-rouges ingénieux ont vendu la courroie de cuir du fusil qui leur a été confié»

Il y a peu de jours, au centre de la ville, à Fontanka, devant la maison où habite le général Niessel, chef de la mission militaire française, à 10 heures et demie du soir, quelques soldats ont arrêté un traîneau qui ranienait chez lui l'acteur Valois, beau-frère du Grand- Duc Paul Vladimirovitch. Ils dépouillèrent l'acteur de sa pelisse, de son habit, et s'éloignant de quelques pas le laissèrent là. Mais, pris de remords, un des soldats revint vers Valois et lui logea deux balles de revolver dans la tête. Un de nos officiers a été atta-

sous LB RÈOra DES HAXIMALISTES Bl

que sur Fautre rive de la Fontanka vers 11 heures du soir. Le revolver mis sur sa tempe a raté. Il a eu le pouce presque arraché par un coup de sabre.

Vingt-quatre heures plus tard, on tue sur le quai français un bourgeois sur le seuil même de sa porte. Une semaine plus tard, c'est un docteur connu qui est fusillé sur Fontanka.

Il n*y a pas do nuit où des bandits n'arrêtent ainsi les gens assez fous pour n'être pas barrica* dés chez eux dès la tombée du jour. Jusqu'à préprésent, ils mettaient à nu leurs victimes qui se gardaient de protester et grelottaient en chemise par les froids de 25* des nuits de Petrograd.

Maintenant ils les tuent à coups de revolver.

Pourquoi pas ? Que risquebt-ils ? Les gens qui sont en traîneau sont des bourgeois à qui Lénine a déclaré ui^e guerre impitoyable. Les soldats et les gardes^rouges traduisent et mettent en pratique à leur façon — la bonne sans doute -— la doctrine du maître.

18/31 janvier.

M*"' KoUontai, commissaire à la prévoyance publique, femme divorcée d'un général, épouse le vigoureux matelot Dybenko, son collègue au gouvernement des Commissaires et chef de la marine russe.

M"* Kollontai, je l'ai dit, est une femme char-

LA BÉVOLimON RUSSE

Son premier mari, malade, est dans une i. Elle va le voir aux heures où la polilaximaliste lui laisse des loisirs. Elle y re soD fils, Junker de vingt-trois ou vingtans.

i annoncé son mariage à ce dernier. Son soulevé qu'une simple objection :

ir quelle raison, maman, a-t-il dit, te croisçée à te marier ? Le mariage n'est-il pas 'émonie surannée à tes yeux ! Dans la soie tu construis, le mariage n'a pas de place.

est vrai, répondit M" Koilontai. Mais je ne suis pas assurée que nos idées triomt. Nous pouvons être renversés demain et i le chemin de la Sibérie. Je ne voudrais tter le camarade Dybenko, La loi nie per- I partager son exil si je suis sa femme e...

îst ainsi qu'un prêtre a béni, l'autre jour,

l'antique formule prononcée devant l'anitoyenne Koilontai et le matelot Dybenko.

m pouvoir ne peut se passer d'armée, constatation ! L'état maxîmaliste aura la comme leTzarisme. Seulement, les généseroot simples soldats. Et les simples sollier seront généraux. Ah 1 ceux qui croyaient maximalisme prêché par Lénine et Trotski iriser les fusils et fondre les canons se

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