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oublient la guerre nationale, des vérités fc ramener leurs cerveaux enflammés à ui claire de la réalité. Mais, hélas ! tenez-leur pacifiste, ils l’acclameront avec le mê siasme.
On me raconte un mot charmant de Kleinmichel. Cette vieille femme de soi:
ans a vu arriver chez elle cinq vigoureux sc
«Eh quoi, dit-elle, mes amis, vous vor cinq pour venir m'arrêter . Un seul auri une vieille femme comme moi! .Les g devraient être sur le front 1... »
Elle rencontre Maklakof à la Douma, mène. Il a souvent diné chez elle.
« Comment êtes-vous ici, comtesse ?
— J'allais vous lè demander, mon cher
Les journaux ne paraissent pas ce mai vriers de la typographie ont inscrit à leur quarante-huit heures de repos, du sam lundi après-midi. Les journaux socialist comme champignons après la pluie : le S crate, le Peuple, la Liberté, la Vérité ou F cien organe des maximalistes. La Rous fondée par Protopopof, paraît avec une g
chette : « Vive la République! » On voit
la vieille devise révolutionnaire russe : « la liberté. »
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L'Université et les écoles supérieures restent fermées. Les étudiants et étudiantes qui ne travaillent pas ici sont envoyés en province par les comités politiques pour faire de la propagande auprès des paysans en faveur de la république. Huit sur dix sont juifs et s0cialistes-révolutionnaires ou démocrates. Le mot d'ordre est celui-ci : la terre aux paysans. Déjà, 1l y a eu quelques troubles agraires dans les gouvernements voisins de Petrograd. Des paysans ont brûlé les fermes des propriétaires. On envoie des délégués du Comité pour les calmer et ramener l’ordre.
Dernières heures de règne de Nicolas 11.
Un reporter est arrivé, sur une locomotive de Vichéra à la station Staraia-Roussa, dans la nuit du 13 au 14 mars, à 4h. 20 du matin. Staraia-Roussa est une gare de jonction sur la ligne qui va de Pskov à Bologoié, coupant, à Dno, la ligne Moghilev-Vitebsk- Tsarskoïé-Célo-Petrograd, et arrivant à Bologoiïé où elle retrouve la magistrale Moscou-Petrograd. De Staraia- Roussa, une ligne part sur Novgorod et Petrograd. Toutes ces lignes, sauf celle de Vitebsk, arrivent à la gare Nicolas à Petrograd. La ligne de Vitebsk a, comme terminus à Petrograd, la gare de Tsarskoïé- Jélo et passe dans cette petite ville, résidence impériale, 22 kilomètres avant la capitale.
À Staraia-Roussa étaient les deux trains impériaux.
æ premier, le train B, emmenait la garde de l’empe- :
reur et était commandé par le général Zabel, chef du régiment des chemins de fer, qui avait, sous sesordres, une compagnie du régiment des chemins de fer et vingt hommes seulement du régiment svodni; les autres s'étaient enfuis. Le train A portait l'empereur et sa suite. |
Comment ces deux trains étaient-ils arrivés à Staraia-Roussa? On ne le sait. À la suite de quels télégrammes avait-on changé leur direction et, au lieu d'aller directement sur Tsarskoïé-Célo, avaient-ils quitté la ligne directe à Dno et avaient-ils pris la transversale sur Bologoié? Le fait est qu’ils se trouvaient, dans la nuit du 13 au 14, arrêtés dans cette petite gare de jonction. Ils avaient quitté Moghilef, le 12, dans la nuit, sur un télégramme venu de l'impératrice. Depuis, ils aväfènt erré sur les voies, comme au hasard et sans but. |
À Dno, le 13, de grand matin, ils avaient filé sur Bologoié. L'empereur voulait-il tenter de gagner Moscou, si Petrograd lui était interdit? A Bologoié, attente, indécision, pendant la journée du 13. A Petrograd, le bruit se répand, déjà, que l’empereur est à Bologoié. Dans la nuit, les trains prennent la route
de Petrograd. A Vichéra, ils s'arrêtent. On ne passe
plus. L'empereur dort. Sa suite personnelle, le vieux comte Frederichs, âgé de près de quatre-vingts ans, et qui depuis vingt-cinq ans n’a pas quitté l’empereur, le général Vaiéikof, son gendre, l'amiral Nilof lui ont caché du mieux qu'ils ont pu la gravité des nouvelles qu'ils ont apprises en chemin. On a bu beaucoup de vodka dans le train impérial.
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Vers deux heures du matin, le général Zabel, indigné du silence gardé par la suite de l’empereur, déclare à Vaiéikof qu'il était de son devoir d’avertir l’empereur et qu’il était résolu à pénétrer auprès de Sa Majesté.
Vaiéikof se rendit près de Nicolas II, le réveilla et lui dit que les troubles à Petrograd devenaient plus graves, que la Douma était aux mains de « bandits et dé jeunes soldats ». Il ajouta qu’il suffirait de quatre compagnies de bons soldats bien encadrés pour les disperser, que sept cents chevaliers de Saint-Georges arrivaient sur la ligne de Vitebsk, commandés par le général Ivanof, pour présenter à lempereur la croix de Saint-Georges de troisième classe, et qu’à la tête de : ces troupes superbes et de la garnison de Tsarskoïé restée fidèle, l’empereur reprendrait sa capitale.
À ce moment Zabel entra :
« Sire, dit-il, on vous trompe. Les troupes de Votre Majesté à Petrograd ont passé au peuple. Un comité temporaire est nommé par la Douma et la capitale entière lui obéit. Voici un télégramme du lieutcnant Grekof, commandant la gare Nicolas, enjoignant de retenir le train à Vichera et de l'empêcher de gagner Tsarskoïé. »
L'empereur sursauta.
« Qui est ce lieutenant Grekof qui commande la gare Nicolas ? »
Zabel répondit :
« Le comité de la Douma a nommé le député Boublikof pour la direction des voies ferrées. Le lieutenant Grekof est sous ses ordres. Le train ne peut avancer. »
L'empereur, toujours si calme, maître de lui au point que tous les témoins qui l'ont vu dans les derniers jours de son règne et en pleine crise, déclarent qu'il paraissait frappé de stupeur et insensible aux coups effroyables du destin, eut un mouvement de colère, le seul que l’on ait noté au cours de la révolution.
« Pourquoi ne m'a-t-on pas prévenu P cria-t-il. Pourquoi parle-t-on aujourd'hui, alors que tout est perdu ? »
Puis il reprit son calme, et, comme avec indifférence, il ajouta :
« Eh! bien, tant mieux ! Si le peuple l’exige j’abdiquerai. J'irai vivre à Livadia, dans mon beau jardin ; J'aime tant les fleurs! »
Vaiéikof voulut tenter encore une fois de forcer le chemin de Petrograd et donna l’ordre de mettre en marche. Mais les hommes d'équipe avaient abîmé une locomotive. À l’aide de quinze hommes de l’escorte,
on attela une seconde locomotive. Entre temps, on avait.
renoncé à gagner Petrograd et on s'était décidé à se rendre directement à Tsarskoié par Dno. A l’aube du jour du 14 mars, le train recula sur Bologoié pour arriver, coûte que coûte, à Tsarskoié par Dno. Près de Dno, on reçut un télégramme apprenant que la garnison de Tsarskoïé-Selo avait passé au peuple et que l’impératrice demandait de protéger la famille impériale.
« Moscou est-il fidèle? demanda l'empereur.
— Moscou est tout entier pour le nouveau gouvernement. »
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