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On objectera peut-être que les persécutions dont les bolchéviks sont l’objet ne constituent pas des atteintes à la liberté, car elles ne visent que des personnes déterminées en raison d’accusations déterminées. Mais cette objection est d’une fausseté notoire et criante, car on ne saurait ni mettre à sac une imprimerie ni suspendre des journaux pour des crimes commis par telle ou telle personne isolée, ces crimes fussent-ils prouvés et reconnus par les tribunaux. Îl en serait autrement si le gouvernement avait mis le Parti bolchévik, ses aspirations, ses idées, hors la loi. Mais chacun sait que le gouvernement de la libre Russie ne pouvait rien faire et n’a rien fæ#it de semblable.
L'essentiel aujourd'hui, c’est que les journaux des propriétaires fonciers et des capitalistes se sont livrés à de furieuses attaques contre les bolchéviks à la suite de la lutte de ceux-ci contre la guerre, contre les propriétaires fonciers, contre les capitalistes, et que ces journaux exigeaient déjà hautement l’arrestation des bolchéviks, Ia répression du bolchévisme, à un moment où l’on n'avait encore inventé aucune accusation contre aucun bolchévik. Le peuple veut la paix. Mais le gouvernement révolutionnaire de la libre Russie a recommencé la guerre de con-
quêtes en exécution des traités secrets que l’ex-tsar Nico-
las IF a conclus avec les capitalistes anglais et français pour que les capitalistes russes pussent piller des peuples étrangers. Ces traités secrets ne sont pas encore publiés. Le gouvernement de la libre Russie, adoptant une attitude
évasive, n’a pas proposé jusqu’à ce jour, à tous les peuples,
une paix équitable. |
Le pain manque. La famine menace de nouveau. Tout le monde voit les capitalistes et les riches tromper effrontément le Trésor sur les fournitures de guerre (la guerre coûte aujourd’hui au peuple 50 millions de roubles par jour) et réaliser, grâce à la hausse des prix, des bénéfices fabuleux, tandis que rien, absolument rien, n’a été fait pour organiser un contrôle sérieux de la production et de la répartition des produits par les ouvriers. Les capitalistes, de plus en plus impudents, jettent des ouvriers à la rue, alors que le peuple souffre de la disette de marchandises. L’immense majorité des paysans a nettement et catégoriquement déclaré en de nombreux congrès qu’elle considère l'existence de la grande propriété foncière comme une injustice et un vol. Mais le gouvernement, qui se dit révolu-
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