‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 135 sur 252 · V.I. LÉNINE · texte numérisé non relu

V.I. LÉNINE

Lettre au Comité central, au Comité de Pétrograd et au Comité de Moscou du P.O.S.D.R.

Ayant obtenu la majorité dans les Soviets des députés ouvriers et soidats des deux capitales, les bolchéviks peuvent et doivent prendre le pouvoir.

Ils le peuvent, car la majorité agissante des éléments révolutionnaires du peuple des deux capitales suffit à en- + traîner Jes masses, à vaincre la résistance de l’adversaire, + . À écraser ce dernier, à conquérir le pouvoir et à le garder

+ — car, proposant sur-le-champ une paix démocratique, don- É — nant Sur l'heure la terre aux paysans, restaurant les insti- — tutions démocratiques et les libertés mutilées et brisées par Kérenski, les bolchéviks formeront un gouvernement que personne ne pourra renverser.

ee La majorité du peuple est avec nous. Le chemin long 7 : et ardu qui va du 6 maï au 31 août et au 12 septembre Æ nous l’a prouvé : la majorité conquise dans les Soviets F des capitales est le fruit de l’évolution du peuple vers le | bolchévisme. Les hésitations des socialistes-révolutionnaires et des menchéviks et l’affermissement des internationalistes au sein de ces deux partis le démontrent également.

+ La Conférence démocratique re représente pas la majorité du peuple révolutionnaire, elle ne représente que les sommités petites-bourgeoises conciliatrices. Nous ne EE — devons pas nous laisser tromper par le nombre des suffrages obtenus aux élections. Il ne s’agit pas d’élections. Comparez les élections aux doumas municipales de Pétro- = grad ou de Moscou et les élections aux Soviets. Comparez —— les élections à Moscou et la grève du 12 août dans cette même ville et vous aurez les données objectives sur la

majorité des éléments révolutionnaires qui mènent les masses.

La Conférence démocratique trompe les paysans en ne leur donnant ni la paix ni la terre.

Seul, un gouvernement bolchévik satisfera les paysans.

# + k Pourquoi les bolchéviks doivent-ils prendre le pouvoir à cette heure précise ?

Parce que la reddition imminente de Pétrograd diminuera cent fois nos chances.

Or, avec une armée commandée par Kérenski et consorts, nous ne sommes pas en mesure d'empêcher cette reddition. | |

On ne saurait non plus « attendre » l’Assemblée constituante, car, par la reddition de Pétrograd, Kérenski et consorts auront toujours la possibilité de faire échouer l’Assemblée. Seul notre Parti, une fois au pouvoir, pourra assurer la convocation de l’Assemblée constituante et, détenant le pouvoir, il portera contre les autres partis lPac- cusation d’avoir retardé la réunion de la Constituante et prouvera le bien-fondé de cette accusation.

Ce n’est que par une action prompte qu’on peut et que l’on doit prévenir la conclusion d’une paix séparée entre les impérialistes anglais et allemands. |

Le peuple est las des hésitations des menchéviks et des socialistes-révolutionnaires. Seul, notre triomphe dans les capitales entrainera les paysans à notre suite.

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Il ne s’agit ni du « jour » ni du « moment » de l’insurrection au sens étroit du mot. Ceux qui sont en contact avec les ouvriers et les soldats, avec les masses, en décideront.

Ce dont il s’agit, c’est que notre Parti a maintenant en fait à la Conférence démocratique son congrès à lui et que ce congrès doit décider (qu’il le veuille ou non, il Le doit) du sort de la révolution.

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Il s’agit de rendre claire aux yeux du Parti sa téâche, qui est de mettre à l’ordre du jour l’insurrection armée à Pétrograd et à Moscou (et dans la région de Moscou), la conquête du pouvoir, le renversement du gouvernement. Réfléchir à la façon de faire de l’agitation à cette fin, sans sexprimer ainsi dans la presse. |

Se souvenir des paroles de Marx sur l'insurrection « L’insurrection est un art », etc. réfléchir profondément à ces paroles.

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