‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 134 sur 252 · AMAR AE EN CTI YE · texte numérisé non relu

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Et si la première vague se termine par le triomphe de la coalition avec les cadets (la conférence de Moscou !), la deuxième commence par la faillite de cette coalition, par une guerre ouverte contre les cadets.

Tout est là.

Dans Îa lutte livrée à la contre-révolution des généraux et des cadets, les Soviets et les comités qui avaient failli mourir, reprennent vie, à l’arrière et sur le front.

Dans cette lutte livrée à la contre-révolution des généraux et des cadets, surgissent de nouveaux comités révolutionnaires d'ouvriers et de soldats, de matelots et de paysans, de cheminots et de travailleurs des P.T.T. Dans le feu de la lutte, de nouveaux organismes du pouvoir local se forment à Moscou et au Caucase, à Pétrograd et dans l’Oural, à Odessa et à Kharkov.

Ce qui importe, ce ne sont pas les nouvelles résolutions des socialistes-révolutionnaires et des menchéviks qui indubitablement sont devenus, ces jours-ci, bien plus radicaux — bien que ce fait en lui-même ne manque pas d'importance.

Ce qui importe, ce n’est pas non plus la « victoire du bolchévisme » au moyen duquel la presse bourgeoise, en agitant ce spectre, essaye de faire du chantage sur les philistins du Dien et de la Volia Naroda.

Ce qui importe, c’est que, dans la lutte contre les cadets et en dépit d’eux, un nouveau pouvoir grandit qui a triomphé des détachements de la contre-révolution dans une bataille ouverte.

Ce qui importe, c’est que ce pouvoir, passant de la défensive à l’offensive, va nécessairement à l’encontre des intérêts primordiaux des propriétaires fonciers et des capitalistes et rallie par là-même autour de lui les grandes masses d'ouvriers et de paysans.

Ce qui importe, c’est qu’en agissant ainsi, ce pouvoir « non reconnu » est obligé, par la force même des choses, de poser la question de sa légalisation, tandis que le pouvoir « officiel » convaincu de connivence manifeste avec les conspirateurs contre-révolutionnaires, voit le terrain se dérober sous ses pieds.

Ce qui importe, enfin, c’est que devant cette nouvelle vague de la révolution, qui entraine irrésistiblement des villes et des régions toujours nouvelles, le gouvernement

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DEUXIÈME VAGUE : 243

de Kérenski, qui, hier encore, voulait engager une lutte décisive avec la conire-révolution, s’allie aujourd’hui avec Kornilov et ses complices à l'arrière et sur le front — tout en donnant |’ « ordre » de disperser les foyers de la révolution — les comités « arbitraires » d'ouvriers, de soldats et de paysans.

Mais mieux Kérenski s’entend avec les Kornilov et les Kalédine, et plus S'élargit la fissure entre les masses et

le gouvernement, plus probable est la rupture entre les Soviets et les commis des cadets.

Ces faits-là — et non les résolutions votées par dif-

férents partis —— sont la condamnation à mort du vieux mot d’ordre conciliateur.

Nous sommes loin de nous illusionner sur l’envergure de cette rupture avec les cadets. Nous Savons que, jusqu'ici, elle n’est encore que formelle. Mais même ainsi — et comme début — c’est un grand Pas en avant. Il est à supposer que les cadets feront le reste. Déjà ils boycottent la Conférence démocratique. Les représentants du commerce et de l’industrie que les fins stratèges du Comité exécutif Central voulaient « attirer dans leur filet », marchent sur les traces des cadets. Il est à supposer qu'ils iront plus loin, continuant à fermer les usines et lies fabriques, refu- Sant des crédits aux Organismes « de la démocratie », agsravant sciemment la misère et la famine. Et la « démocratie », en combattant la misère et la famine, devra inévitablement en arriver à une bataille décisive contre la bourgeoisie et rendre plus profonde sa rupture avec les cadets...

Etant donné ces perspectives et ces circonstances, la Conférence démocratique convoquée pour le 12 septembre prend une importance particulièrement symptomatique. Comment se terminera la conférence? « Prendra-t-elle » le Pouvoir, Kérenski « cèdera-t-il >»? Autant de questions auxquelles on ne peut, pour le moment, donner de réponse. Il est possible que les initiateurs de la conférence s’efforcent de trouver une habile formule d’ « entente ».

Evidemment, ce n’est pas cela qui importe. Ce n’est Pas dans les conférences que Sont résolues les questions essentielles de la révolution, la question du pouvoir surtout. Mais ce qui est certain, c’est que la conférence dres- Sera le bilan des événements des derniers Jours, qu’elle

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pour tous.

Rabotchi Pout, n° 6, 22 (9) septembre 1917.

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