‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 157 sur 252 · RL OS QU A NT EEE · texte numérisé non relu

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niStration et qu'ils s’y mettent sur-le-champ, autrement dit,

ment de quelque richard. Notre détachement de milice ouvrière se compose, supposons, de quinze hommes: deux matelots, deux soldats, deux ouvriers conscients (il suffira que lun deux soit membre de notre Parti ou sympathisant), un intellectuel et huit personnes de la classe laborieuse pauvre (dont cinq femmes au moins: servantes, ouvrières non qualifiées, etc.). Le détachement arrive chez le richard, inspecte son appartement et y trouve cinq pièces occupées par deux hommes et deux femmes. « Citoyens, il va falloir, cet hiver, vous serrer un peu et n’occuper que deux chambres; quant aux autres, vous allez les aménager pour que nous y installions deux familles demeurant actuellement dans des sous-sols. Tant que nous n’aurons pas construit avec le concours d'ingénieurs (à propos, vous êtes, paraît-il, ingénieur?), des logements confortables pour tout le monde, il faudra vous résigner à vivre un peu à l’étroit. Votre téléphone servira pour dix familles. Cela économisera cent heures de travail passées inutilement à courir les boutiques, etc. Votre famille comprend deux personnes sans occupation, capables d’exécuter un travail facile: une citoyenne de 55 ans et un citoyen de 14 ans. Elles seront de service trois heures par jour pour surveiller la répartition des produits entre dix familles et pour faire les écritures nécessaires. Le citoyen étudiant qui se trouve dans notre détachement va vous écrire en deux exemplaires le texte d’un ordre du gouvernement et vous aurez l’obligeance de nous donner un reçu par lequel vous vous engagerez à vous y conformer ponctuellement. »

Tel pourrait être, à mon avis, illustré par des exemples frappants, le rapport entre l’ancien appareil de l’Etat bourgeois et la nouvelle administration de l'Etat.

Nous ne sommes pas des utopistes. Nous savons que la première cuisinière ou le premier manœuvre venus ne sont pas en mesure de participer immédiatement à l’administration de l'Etat. Là-dessus, nous sommes d’accord avec les cadets, avec Brechkovskaïa, avec Tsérétéli. Mais nous différons de ces citoyens en ce que nous exigeons la rupture immédiate avec le préjugé d’après lequel, seuls, des fonctionnaires riches ou de famille riche seraient en état d’administrer les affaires d'Etat, d’accomplir le travail courant, Journalier, d'administration. Nous exigeons que les ouvriers et les soldats conscients fassent l’apprentissage de l’admi-

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que l’on commence à faire participer sur-le-champ tous les travailleurs, tous les citoyens pauvres, à cet apprentissage.

Les cadets, nous le savons, sont, eux aussi, disposés à instruire le peuple dans les principes de la démocratie. Les dames cadettes feront volontiers, d’après les meilleures au- ‘torités anglaises et françaises, des conférences aux Servantes sur les droits de la femme. Au prochain concert-meeting, | devant des milliers de gens, on organisera sur l’estrade une embrassade générale: la conférencière, membre du Parti cadet, embrassera Brechkovskaïa, celle-ci embrassera l’ex-ministre Tsérétéli, et le peuple reconnaissant aura ainsi “un exemple vivant de l'égalité, de la liberté et de la fraternité républicaines...

Oui, nous l’admettons; les cadets, Brechkovskaïa et Tsérétéli sont dévoués à leur façon à la démocratie et en inculquent les principes au peuple. Mais que faire si nous

‘avons une idée quelque peu différente de la démocratie?

Nous estimons, nous, que pour alléger les si lourdes charges de la guerre et les calamités qu’elle entraîné, pour panser les horribles blessures qu’elle a faites au peuple, il faut une démocratie révolutionnaire, ïl faut des mesures révolutionnaires comme celles que je viens d'indiquer à. propos de la répartition des logements dans l'intérêt des pauvres. Il faut agir exactement de méme:dans les villes et dans les villages pour les produits alimentaires, Îles vêtements, les chaussures, etc., il faut agir de même à la campagne pour la répartition des terres, etc. Pour ladministration de l'Etat ainsi conçue, nous pouvons avoir sur-le- Le champ un appareil d'Etat d’une dizaine, sinon d’une ving-. taine de millions d'hommes, sans exemple dans aucun Etat capitaliste. Cet appareïl, nous seuls pouvons le créer, Car nous avons la sympathie complète, absolue de: Fimmense majorité de la population. Cet appareil, nous seuls pouvons le créer, car nous avons des ouvriers conscients, disciplinés par un long « apprentissage » capitaliste (ce n’est pas pour rien que nous avons été à l'école du capitalisme), en mesure de créer une milice ouvrière, de la développer gra-. duellement (et en commençant immédiatement à la développer) et d’en faire une milice du peuple entier. Les ouvriers conscients doivent assumer la direction, mais ils peuvent faire participer à l’administration la masse des travailleurs et des opprimés, |

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LES BOLCHÉVIKS CONSERVERONIT-ILS LE POUVOIR? 293

Des fautes seront, évidemment, inévitables dans les premiers temps. Mais les paysans, passant du servage à la liberté, commençant à gérer leurs affaires eux-mêmes ne commirent-ils pas de fautes ? Existe-t-il, pour apprendre où. peuple à s’administrer lui-même et à éviter les fautes, une voie autre que celle de la pratique, que d'entreprendre immédiatement de s’administrer véritablement? L’essentiel, c’est maintenant de rompre complètement avec le préjugé des intellectuels bourgeois d’après lequel lEtat ne peut être administré que par des fonctionnaires spéciaux entièrement dépendants du Capital par leur position sociale. L'essentiel, c’est de mettre fin à un état de choses où les bourgeois, les fonctionnaires et les ministres « socialistes » S’efforcent d’administrer comme par le passé, mais ne sont pas à même de le faire et n’arrivent, après sept mois d’efforts, qe susciter dans un pays paysan un soulèvement paysan ! L’essentiel c’est d’inculquer aux opprimés ‘et aux travailleurs Îa confiance en leurs propres forces, de leur montrer par la pratique qu’ils peuvent et doivent entreprendre eux-mêmes la répartition rationnelle, rigoureusement ordonnée, organisée, du pain, des denrées en général, du lait, des vêtements, des logements, etc., dans l’intérêét des pauvres. Faute de quoi, la Russie n'’évitera ni le krach, ni les pirés désastres. Mais si, au contraire. on se met en tout lieu à transmettre consciencieusement, réso- Iument, hardiment, l'administration aux prolétaires et aux semi-prolétaires, cette mesure suscitera au sein des masses un tel enthousiasme révolutionnaire, multipliera à tel point les forces du peuple dans sa lutte contre les fléaux qui : l’'accablent que bien des choses qui paraissent impossibles à nos forces restreintes, vieilles, bureaucratiques, deviendront possibles à des masses innombrables qui se mettront à travailler pour leur propre compte, au lieu de travailler sous le bâton pour le capitaliste, pour le rejeton du propriélaire foncier et pour le fonctionnaire.

== + * | À la question de l'appareil d Etat se tache celle de la centralisation, si énergiquement soulevée et si déplora-. blement traitée par Bazarov dans son article : « Les bolchéviks et le problème du pouvoir. » (Novaia Jizn, n° 138 du 27 septembre.)

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Bazarov raisonne ainsi : « Les Soviets ne constituent pas un appareil adapté à tous les domaines de la vie de l’État >», car une expérience de sept mois aurait montré, et « des dizaines et des centaines de documents de la section économique du Comité exécutif de Pétrograd » auraient confirmé, que, quoique disposant en fait, en nombre d’endroits, de la « plénitude du pouvoir », les Soviets « n'ont pu, dans la lutte contre la désorganisation, obtenir des résultats tant soit peu satisfaisants ». Il faudrait un appareil « divisé par branches de production, rigoureusement centralisé dans chacune de ces branches et subordonné à un centre national unique ». Comme on le voit, |

il s’agit non pas de remplacer l’ancien appareil, mais de le réformer..., quelles que soient les raïlleries dont les belchéviks ne cessent d’accabler ceux qui préconisent un plan...

Ces raisonnements de Bazarov sont d’une indigence Stupéfiante : ils sont calqués sur ceux de la bourgeoisie, dont ils traduisent le point de vue de classe.

En effet, il est tout simplement ridicule (à moins que lon veuille se faire l’écho des mensonges intéressés

de la classe capitaliste) d’affirmer que les Soviets ont

jamais eu quelque part en Russie la « plénitude du pouvoir ». La plénitude du pouvoir, c’est le pouvoir sur la totalité du sol, des banques et des usines: un homme tant Soit peu au courant de l’histoire et des données de la Science sur la liaison de la politique et de l’économie ne devrait pas « oublier » ce « petit » détail.

La perfidie de la bourgeoisie consiste à ne pas don-

ner le pouvoir aux Soviets, à saboter toutes leurs initiatives sérieuses, à garder le pouvoir et l’entière disposition du sol, des ‘banques, etc., et à imputer aux Soviets la responsabilité du délabrement économique! Telle a été jusqu’à présent la triste expérience de la politique de coalition.

Les Soviets n’ont jamais eu la plénitude du pouvoir. Les mesures qu’ils ont prises ne pouvaient être que des palliatifs : elles ne pouvaient qu’augmenter la confusion.

Démontrer aux bolchéviks, centralistes par principe, par programme el par tactique, la nécessité de la centralisation, c’est, en vérité, enfoncer une porte ouverte. Si les publicistes de la Novaia Jizn perdent ainsi leur temps,

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c'est uniquement qu'ils n’ont pas compris le sens et la portée de nos raïlleries sur leur point de vue « national ». Et ils ne les ont pas comprises parce qu’ils n’admettent la doctrine de la lutte de classes que du bout des lèvres. Répétant des phrases apprises par cœur sur la lutte de classes, ils se laissent à chaque instant entraîner par leur tendance à se situer « au-dessus de la lutte des classes », ridicule en théorie et réactionnaire en pratique. Cette facon de servir la bourgeoisie, ils la qualifient de préoccupation du plan « national ».

L'Etat, braves gens, est une notion de classe. L'Etat est l’organisme, l’appareil au moyen duquel une classe exerce la violence à l’égard d’une autre classe. Tant qu’il est l’appareïl de la violence exercée par la bourgeoisie sur le prolétariat, le mot d’ordre de ce dernier ne peut être que : destruction de l'Etat. Mais lorsque l'Etat sera prolétarien, lorsqu'il sera l’appareïl de la violence exercée par le prolétariat sur la bourgeoisie, nous serons entièrement et sans réserves partisans d’un pouvoir ferme et de la centralisation.

Pour parler plus simplement, ce n’est pas des « plans » que nous nous moquons, mais de l’incapacité de Bazarov et consorts à comprendre qu’en niant le « contrôle ou-

vrier » et la « dictature du prolétariat », ils soutiennent

la dictature de la bourgeoisie. Il n’est pas de moyen terme: le moyen terme, n’est qu’une vaine imagination de démocrate petit-bourgeois.

Jamais une organisation bolchévik, jamais un bolchévik n’a fait la moindre objection à la centralisation des Soviets. Nul ne songe à nier la nécessité de diviser les

comités de fabrique et d’usine par branches de production

et de les centraliser. Les coups de Bazarov portent à faux.

Nous nous moquons, nous nous sommes moqués et nous continuerons à nous moquer du réformisme et non du « centralisme » et des « plans ». Car après l’expérience de la coalition, votre réformisme est parfaitement ridicule. Préconiser « la réforme et non le remplacement de l’appareil », c’est être réformiste, c’est devenir un démocrate réformiste au lieu d’être un démocrate révolutionnaire. Le réformisme consiste en concessions faites par la classe dirigeante, que l’on ne renverse pas et qui garde le pouvoir.

C’est bien la politique qu'on a faite pendant six mois de coalition.

Et c’est ce dont nous nous moquons. Bazarov, qui n’a pas médité la doctrine de la lutte de classes, est une dupe de la bourgeoisie qui déclare avec un ensemble touchant ? « Voilà, voilà, nous ne nous opposons pas à la réforme, nous sommes pour la participation des ouvriers au contrôle national, nous sommes entièrement d'accord avec vous »; et le bon Bazarov de jouer, objectivement, le rôle d’auxiliaire des capitalistes. :

Tel a toujours été, lel sera toujours le rôle de ceux qui, dans les luttes de classes devenues âpres. s'efforcent d'adopter une attitude « moyenne ». Et c’est précisément . parce que les publicistes de la Novaiïa Jizn ne sont pas en mesure de comprendre la lutte de classes que leur politique est une oscillation perpétuelle et ridicule entre la bourgeoisie et le prolétariat. |

Faites des « plans », chers concitoyens. Cela n'est pas |

de la politique, ni de la lutte de classe; dans ce domaine, vous pouvez être utiles au peuple. Votre journal groupe , bon nombre d’économistes. Unissez-vous à des ingénieurs et à d’autres techniciens disposés à étudier comment régler la production et la répartition, consacrez une ou deux pages de votre « appareil » (de votre journal) à l'étude pratique de données exactes sur la production et la répartition en: Russie, sur les banques, les cartels, etc. : voilà comment . vous pourrez vous rendre utiles au peuple, voilà le domaine où l’équivoque de votre attitude politique n’aura pas d’effets trop nuisibles, voilà une facon d’élaborer des « plans » qui vous attirera la reconnaissance et non les railleries des ouvriers.

Le prolétariat victorieux procédera ainsi : il mettra des économistes, des ingénieurs, des agronomes et d’autres spécialistes sous le contrôle des organisations ouvrières et les chargera d'élaborer un « plan », de le vérifier, de rechercher les moyens d'économiser le travail par la centralisation, ainsi que les mesures propres à assurer le contrôle le plus simple, le meilleur marché, le plus commode et le plus complet possible. Et, pour qu’ils nous fassent ce travail, noûs paierons bien les économistes, les statisticiens, les

techniciens, mais... nous ne leur donnerons rien à se mettresous la dent s’ils ne s’acquittent pas entièrement et cons-ciencieusement de leur tâche dans l'intérêt des travailleurs. -

Nous sommes pour la centralisation et pour le « plan », mais pour la centralisation et pour le plan de l'Etat prolé- tarien, pour que la production et la répartition soient réglées de façon prolétarienne, dans l'intérêt des pauvres, des travailleurs et des exploités, contre les exploiteurs. Nous ne voulons entendre par « plan national » que ce qui brise la résistance des capitalistes, que ce qui donne la plénitude du pouvoir à la majorité du peuple, c’est-à-dire aux prolétaires et semi-prolétaires, aux ouvriers et aux paysans pauvres.

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Le cinquième argument consiste à affirmer que les bolchéviks ne pourront conserver le pouvoir, « la situation étant infiniment complexe ». |

Oh, ces sages ! Peut-être se résigneraient-ils à la révolution pourvu qu'il n’y eût pas de « situation exceptionnellement complexe ».

Il n’y a pas de révolution sans situation complexe et les soupirs de ceux qui font ce rêve n’expriment, chez les intellectuels bourgeois, qu’un sentiment réactionnaire de désolation. Une révolution, même commencée dans une situation peu compliquée en apparence, engendre toujours, au cours de son développement, une situation infiniment complexe. Car la vraie révolution, profonde, « populaire », selon l'expression de Marx, est un processus complexe et douloureux au plus haut point : agonie d’un vieux régime social et naissance d’un ordre nouveau dans lequel s’organise la vie de dizaines de millions d'hommes ! La révolution, c’est la lutte de classes la plus aiguë, la plus furieuse, la plus acharnée, c’est la guerre civile. Aucune grande révolution que l’histoire connaisse ne s’est effectuée sans guerre civile. Et il n’est que des esprits figés dans leur propre médiocrité pour concevoir la guerre civile sans « situation infiniment complexe ».

S'il n’y avait pas de situation infiniment complexe, il n’y aurait pas non plus de révolution. On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs.

Il n’y a rien à examiner dans le cinquième argument, parce qu’il ne renferme aucune idée, ni économique, ni politique, ni d'aucune sorte. Ce n'est que la plainte de ceux que la révolution attriste et terrifie. Je me permettrai, pour

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caractériser cette plainte, de rapporter ici deux souvenirs personnels.

Tout d’abord une conversation que j’eus avec un riche ingénieur un peu avant les journées de Juillet. Mon interlocuteur avait été autrefois révolutionnaire, social-démocrate et même bolchévik. Il incarne maintenant la peur et le ressentiment contre les ouvriers en révolte que l'on ne saurait maîtriser. « Si encore c’étaient des ouvriers comme les ouvriers allemands, disait-il (car c’est un homme instruit, il a été à l’étranger); certes, je comprends l’inéluctabilité de la révolution sociale, mais chez nous, avec Pabaissement du niveau de l’ouvrier causé par la guerre... ce n’est pas une révolution, c’est un abîme. »

Il serait disposé à donner son consentement à la révolution sociale si l’histoire nous y conduisait aussi paisiblement, calmement, régulièrement, ponctuellement qu'un express allemand entre en gare. Le conducteur, très digne, ouvre les portières et annonce : « Station : Révolution sociale. Alle aussteigen ! (tout le monde descend !). » I] lui serait égal, dans ces conditions, de passer du service de la bourgeoisie à celui des organisations ouvrières.

Cet homme a vu des grèves. Il sait quelles passions déchaîne toujours, même aux époques les plus pacifiques, la grève la plus ordinaire. Certes, il comprend combien plus furieux doit être le déchaînement des passions lorsque la lutte de classes soulève fous les travailleurs d’un immense pays, lorsque la guerre et l'exploitation ont réduit au désespoir des millions d'hommes accablés, des siècles durant, par les propriétaires fonciers, spoliés et molestés pendant des dizaines d’années par les capitalistes et les fonctionnaires du tsar. Il comprend ces choses « en théorie », il les reconnaît du bout des lèvres; il est tout simplement terrifié par la « situation infiniment complexe ».

Après les journées de Juillet, je dus, grâce à l'attention particulière dont m’honcrait le gouvernement Kérenski, passer à l’illégalité. Ce fut naturellement un ouvrier qui me donna asile. Nous sommes à table, dans un modeste logement ouvrier d’un faubourg écarté de Pétrograd. L’hôtesse apporte le pain, L’hôte dit : « Regarde un peu ! quel pain épatant ! Is n’osent pas maintenant nous coller du mauvais pain. Et nous qui ne pensions même pas qu’on puisse encore donner du bon pain à Pétrograd. »

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