PENSER ET NEE E OS
ES
AS
£ : 4 D At e: ; * ES
| ge
VEN DEÈ
\ RSS
Wu SE A, | v 6 - 4, P ge \ FA À y AN } *! | | dE & LE à ge : , À AY) 4 VOS à 2 th ; REA : LANEE d'A TER, Al < nr BANQUE USE CAL Cr AN AA EPS RSR SRE AQU SITES . RP LA OI AE CELA EE ES EN 2 RS LOL UE ER 5 SR LC SP LS FF J : 1 1 4 ” + 4 } Ï 2, ar!
: 2 4 x Me \ }, & k » x ETS AT PAU : ! \ M : :
t#, AIS NN ALRGEEE À L S'ÉLEuS, AE A LS A LRO PU DELA CE vs AT :
Da OUT À En CET ANT ci :
PS AT) A ji SOL \LE TN CAEN :
4 L L SA UE Y \ j VUE OMC NET 1 4: D L Ha
UV} x Q AT: { A n + x &) 3 dure 1 à Er pt AS md de cote @f rire pe SD D Cr Ro 2 A c:
red
is ob
(22 EAN à # £ Chi jap AR 1: MA 4
' . fl ie U LV # , FR" 4 4 TS CREER RATES DELA SEAT REN PALETTE PO CR QE AQU UP 2 LR AT RAS LE ET SU A EE 8
sen
prit sil here LES ES AU LOT ENS LAQLRST re —. Me SE v”
D, sde ot, étre nr error
nov, l’histoire de la « coalition », est en même temps celle de l’affranchissement des Soviets des illusions petites-bourgeoises, celle de l’épreuve pratique des turpitudes et des souillures que leur ont fait subir {oute espèce de coalitions bourgeoises. Espérons que, loin d’avoir débilité les Soviets, cette épreuve n’a fait que les tremper.
LE 2
Appliquer aussi minutieusement et scrupuleusement que possible à l'échelle nationale le contrôle ouvrier de Ia production et de la répartition des produits, telle est, pour
la révolution prolétarienne, la principale difficulté.
En taxant de syndicalisme notre mot d'ordre de « contrôle ouvrier », les publicistes de la Novaia Jizn ne font qu’appliquer sottement, en écoliers inintelligents, un marxisme à la Strouvé, appris par cœur et dont le sens profond leur a échappé. Le syndicalisme répudie la dictature révo- : lutionnaire du prolétariat, ou la relègue, comme le pouvoir politique en général, à la dernière place. Nous lui attribuons la première place. Dire, comme les gens de la Novaia Jizn, « contrôle de l'Etat » au lieu de « contrôle ouvrier », c'est lancer une phrase réformiste-bourgeoise, donner en réalité une formule tout à fait conçue dans l'esprit des cadets, ces derniers ne songeant nullement à protester contre la participation des ouvriers au contrôle « de l'Etat ». Les cadets korniloviens savent très bien, en effet, que cette participation est, pour la bourgeoïisie, le meilleur moyen de duper les ouvriers, le mode le plus raffiné de corrompre. politiquement tous ces Gvozdev, Nikitine, Prokopovitch, Tsérétéli et toute cette bande.
Quand nous disons: « contrôle ouvrier », ce mot d’ordre étant toujours accompagné ou précédé de celui de « dictature du prolétariat », nous expliquons par là-même de quel Etat il s’agit. L'Etat est l’organe de domination d'une classe. De quelle classe? Si c’est la bourgeoisie, nous sommes en présence de l'Etat « cadet-Kornilov-Kérenski » dont le peuple ouvrier de Russie connaît déjà les délices depuis six mois. S’il s’agit de l'Etat prolétarien, c’est-à-dire de la dictature du prolétariat, le contrôle ouvrier peut devenir une comptabilité assurée par le peuple entier, complète, omniprésente, exacte et minutieuse de la production et de Ia répartition des produits.
C’est là qu’est la principale difficulté, c’est là qu’est le problème principal de la révolution prolétarienne, c’est-àdire socialiste. Sans les Soviets ce problème serait insoluble, tout au moins en Russie. Les Soviets esquissent le travail
d'organisation grâce auquel le prolétariat pourra résoudre ce problème d’une importance historique mondiale. |
Nous arrivons ici à un autre aspect du problème de l'appareil d'Etat. Outre l’appareil « oppresseur » par excel-
- lence de l’armée permanente, de la police, du corps des - fonctionnaires, il existe dans l'Etat contemporain un appareil intimement lié aux banques et aux trusts, qui accomplit, si l’on peut ainsi s’exprimer, un vaste travail de comptabilité et d’enregistrement. Cet appareil ne peut ni ne doit être brisé. Il faut l’arracher à la direction, à l’influence ‘des capitalistes, il faut en couper, en éliminer les capitalistes ainsi que toutes les attaches qui assurent leur influence: il faut le soumettre aux Soviets prolétariens, le rendre plus vaste, plus général, le mettre au service de la nation. Et l'on peut y arriver en tirant parti des progrès déjà réalisés par le grand capitalisme (ce n’est d’ailleurs qu’en s’appuyant sur ces progrès que. la révolution prolétarienne pourra atteindre son but).
Le capitalisme a créé des appareils de-comptabilité tels que les banques, les cartels, la poste, les sociétés coopératives de consommation, les associations d'employés. Sans
les grandes banques le socialisme serait irréalisable.
Les grandes banques constituent V « appareil d'Etat » qui nous est nécessaire pour la réalisation du socialisme: et nous le prenons tout prêt aux capitalistes. II ne nous reste qu’à retrancher de ce magnifique appareil ce qui le défigure en l’appropriant aux buts des capitalistes: il ne nous reste qu'à le rendre encore plus vaste, à le démocratiser, à l’universaliser. La quantité deviendra qualité. Une seule banque d'Etat, vaste entre les plus vastes, avec des succursales dans chaque canton, dans chaque usine, constituerait déjà les neuf dixièmes de l’appareil socialiste. Ce serait la comptabilité nationale, le recensement national de la production et de la répartition, quelque chose, pourrionsnous dire, comme la charpente de la société socialiste.
Cet « appareil d'Etat » (qui, en régime capitaliste n’est pas encore complètement un appareil d'Etat, mais qui le sera entièrement chez nous, en régime socialiste), nous pouvons le « prendre » et le « mettre en mouvement » d’em-
blée, au moyen d’un seul décret, car le travail effectif de comptabilité, de contrôle, d'enregistrement et de calcul est accompli par les employés, qui sont en ue des prolétaires et des semi-prolétaires.
L'Etat prolétarien peut et doit faire de ces employés, au moyen d’un décret unique, des fonctionnaires d'Etat, de même que les chiens de garde du capitalisme, les Briand et autres ministres bourgeois transforment rien. qu’au moyen d’un décret, les cheminots en grève en fonctionnaires publics. De tels fonctionnaires d'Etat, il nous en faudra beaucoup plus et nous pourrons les avoir, car le capitalisme a simplifié à l’extrême les fonctions de comptabilité et de contrôle et les a ramenées à des enregistrements relativement peu compliqués à la portée de tout homme possédant une instruction primaire.
| E” « étatisation » de la masse des Hors de banque, de cartel, de commerce, etc., est chose parfaitement réalisable, aussi bien du point de vue technique (grâce au travail préliminaire accompli pour nous par le capitalisme et le capital financier) qu’au point de vue politique, à la condition de s'effectuer sous le contrôle et la surveillance des Soviets.
Quant aux employés supérieurs, très peu nombreux, mais attachés aux capitalistes, il faudra, comme à l'égard de ces derniers, prendre envers eux des mesures de « rigueur ». Comme les capitalistes, is résisteront. Leur résistance, il faudra la briser. Péchékhonov, cet éternel naïf, ce < nouveau-né politique », bredouillait en juin 1917: « La résistance des capitalistes est brisée. » Le prolétariat, lui, transformera cette vantardise enfantine en une réalité dangible.
Nous pourrons y arriver, car il ne s’agit que de briser la résistance d’une minorité infime de la population, d’une poignée d'hommes, littéralement, dont chacun sera, de la part des associations d'employés, des syndicats, des coopératives de consommation et des Soviets, l’objet d’une surveillance telle qu'il se sentira cerné comme les Français à Sedan. Ces gros bonnets de la finance et de l’industrie, nous Savons leurs noms: il suffit de prendre les listes de directeurs, de membres des conseils d'administration, de gros actionnaires, etc. Ils sont au total quelques centaines, tout au plus quelques milliers dans foute la Russie; à chacun d'eux, l'Etat prolétarien disposant de l’appareil des Soviets,
DE
des associations d'employés, etc., peut préposer une dizaine, voire une centaine de contrôleurs, de sorte qu’au lieu L— d’avoir à < briser leur résistance », on arrivera probable- = ment grâce au contrôle ouvrier (sur les capitalistes), à leur + rendre toute résistance impossible. À.
Ce n'est pas la confiscation des biens des capitalistes qui est l'essentiel, mais un contrôle ouvrier général minutieux, exercé sur les capitalistes et leurs partisans éventuels. La seule confiscation ne donnera rien, car elle n’implique pas l’organisation, la comptabilité, la répartition rationnelle. Nous remplacerons aisément la confiscation par la perception d'un impôt équitable (ne serait-ce que d’après les coefficients de Chingarev), pourvu que soit exclue la possibilité de se dérober au contrôle, de cacher la vérité, de tourner la loi. Or, le contrôle de l'Etat ouvrier peut seul éliminer cette possibilité.
La syndicalisation forcée, le groupement obligatoire en syndicats contrôlés par l'Etat, voilà ce que le capitalisme a préparé, voilà ce que l’Etat des hobereaux a fait en Allemagne, voilà ce qui sera parfaitement réalisable en Russie pour les Soviets, pour la dictature du prolétariat, voilà ce qui nous donnera un « appareil d'Etat >» complet, moderne, épuré de tout bureaucratisme 1.
Je 4e
Le quatrième argument des avocats de la bourgeoisie est que le prolétariat ne saura pas « mettre en mouvement » l'appareil de l'Etat. Cet argument n’ajoute en somme absolument rien au précédent. Certes, nous ne pourrions ni nous rendre maîtres de l’ancien appareïl ni le mettre en mouvement. Le nouvel appareil, celui des Soviets, est déjà mis en mouvement par le « puissant essor des forces créatrices vraiment populaires »; il ne faut que le débarrasser des entraves dont il a été chargé sous la domination des chefs socialistes-révolutionnaires et menchéviks. Cet appareil fonctionne déjà; il ne reste qu’à supprimer les monstrueux
1. Voir, pour plus de détails sur le groupement obligatoire des industriels, ma brochure : la Catastrophe imminente et les moyens de la conjurer. (N.L.)
Œuvres complètes, t. XXI, p. 193. (Edit. soc. int., Paris, 1930.)
CNE ENS INT MES TNT EE
accessoires petits-bourgeois qui l’empêchent d’aller de l’avant et de donner sa pleine vitesse.
Deux circonstances sont à prendre ici en considération pour compléter ce que nous avons dit plus haut; en premier lieu, les nouveaux moyens de contrôle, créés non par nous, mais par le capitalisme dans sa phase de guerre impérialiste; en deuxième lieu, l’importance d’une accentuation de la démocratie à l’administration d’un Etat de type prolétarien.
Ce n’est pas nous qui avons créé le monopole des céréales et les cartes de pain, mais l'Etat capitaliste belligérant. Cet Etat a déjà institué le travail général obligatoire, qui est un bagne militaire pour les ouvriers. Mais là, comme dans toute son œuvre historique, le prolétariat emprunte ses armes au Capitalisme, au lieu de les « imaginer » ou de les « tirer du néant ».
Le monopole des céréales, la carte de pain, le travail général obligatoire constituent dans les mains de l’Etat prolétarien, dans les mains des Soviets investis de la plénitude du pouvoir, les plus puissants moyens de comptabilité et de contrôle. Employés par les ouvriers à l’égard des capitalistes et des riches en général, ces moyens donneront à l’appareil de l'Etat une force de « propulsion » qui n’a pas encore eu d’égale dans l’histoire et qui lui permettra de triompher de la résistance des capitalistes et de soumettre ces derniers à l'Etat prolétarien. Ces moyens de contrôle et de contrainte au travail seront plus puissants que les lois et la guillotine de la Convention. La guillotine ne faisait que terrifier, briser la résistance active. Cela ne nous suffit pas.
Cela ne nous suffit pas. Il ne s’agit pas seulement de terrifier les capitalistes, c’est-à-dire de leur faire sentir la toute-puissance de l'Etat prolétarien, pour qu’ils ne puissent songer à la résistance active. Il s’agit de briser aussi la résistance passive, incontestablement plus dangereuse et plus nuisible que l’autre. Nous n’avons pas seulement à briser toute résistance quelle qu’elle soit, nous devons encore obliger à travailler dans le cadre de la nouvelle organisation de l'Etat. Il ne suffit pas de < flanquer » les Capitalistes à la porte, il faut (après avoir mis dehors les « ré- Sistants » irréductibles, inemployables) les mettre au service du nouvel Etat. Et ceci se rapporte autant qu'aux
capitalistes à une certaine couche supérieure des intellectuels bourgeoïs, des employés et des autres.
Et pour cela les moyens ne nous manquent pas. Le moyen et l’arme nécessaires nous sont fournis par l'État capitaliste belligérant lui-même. Ces moyens sont le monopole du blé, la carte de pain, le travail général obligatoire. « Qui ne travaille pas ne mange pas. » Voilà la règle essentielle, première, capitale, que peuvent faire et que feront appliquer les Soviets des députés ouvriers lorsqu'ils auront le pouvoir. | | |
Chaque ouvrier a un livret de travail. Ce document ne le dégrade pas, quoiqu'il soit incontestablement à l'heure actuelle la preuve de l'esclavage salarié, capitaliste, l’attestation du droit d’un parasite sur le travailleur.
Les Soviets institueront le livret de travail pour les riches et ensuite, graduellement pour toute la population (dans un pays rural par excellence, le livret ouvrier ne sera probablement pas nécessaire de longtemps pour la grande majorité de la population paysanne). Le livret de travail cessera d’être l’indice du « vulgaire », l’attribut des classes « inférieures », la marque de l'esclavage salarié. Il attestera qu'il n’y a plus d’ « ouvriers » dans la nouvelle société et aussi qu'on n’y trouve que des travailleurs.
Les riches devront recevoir un livret de travail du syndicat des ouvriers ou des employés auquel se rapporte plus particulièrement leur occupation et recevoir, en outre, du syndicat, à des intervalles déterminés, hebdomadairement, par exemple, un certificat attestant qu'ils accomplissent consciencieusement leur tâche; faute de quoi, les cartes de pain et les produits alimentaires en général leur seront refusés. Nous aurons besoin de bons organisateurs pour les banques et pour le fusionnement des entreprises (les capitalistes ont plus d'expérience en la matière; or, le travail va plus vite avec des gens expérimentés), nous aurons besoin, en nombre toujours plus grand que par le passé, d'ingénieurs, d’agronomes, de techniciens, de spécialistes de tous genres, hautement instruits. Nous leur donnerons, à tous, un travail approprié à leurs forces et à leurs habitudes; nous n’instituerons très probablement que peu à peu légalité complète dans la rétribution du travail, conservant. pendant la période transitoire des appointements plus élevés aux spécialistes. Mais nous les soumettrons au contrôle ouvrier le plus complet et nous obtiendrons l’application in-
tégrale et absolue de la règle: « Qui ne travaille pas ne Mange pas. » Quant à la forme d'organisation du travail, nous ne l’inventons pas, nous la prenons toute faîte au capitalisme: banques, cartels, grandes usines, stations expérimentales, académies, etc., il ne restera qu’à emprunter les meilleurs fruits de l’expérience des pays avancés.
Et nous n’abandonnerons certes pas le terrain de la. réalité pour tomber dans l'utopie si nous affirmons que la classe capitaliste tout entière Opposera Ia résistance la plus acharnée, mais que cette résistance sera brisée par les masses de la population organisée dans les Soviets. Nous serons, évidemment, obligés de punir les Capitalistes les plus récalcitrants, de confisquer leurs biens et de les emprisonner; mais la victoire du prolétariat augmentera par contre, con-
- Sidérablement, le nombre des cas analogues à celui que je {rouve, par exemple, dans les Zzvestia d'aujourd'hui:
Le 26 septembre, deux ingénieurs se sont présentés au Conseil central des comités de: fabriques et d’usines, afin de l’informer de la résolution prise par un groupe d'ingénieurs de former une association d'ingénieurs socialistes. Considérant que le moment actuel est au fond le début de la révolution sociale, l'association se met à la disposition des masses ouvrières Gt, désireuse de soutenir les intérêts des oùvriers, entend agir en complète union avec les Organisations ouvrières. Les représentants du Conseil central des comités de fabriques et d’usines ont répondu que le Conseil formerait volontiers dans son organisation une section d'ingénieurs adoptant dans son programme les thèses fondamentales de la première conférence des comités .de fabriques et d’usines relatives au contrôle ouvrier de la production. Une séance commune des délégués du Conseil central, des comités de fabriques et d’usines et du groupe d’initiative des ingénieurs socialistes aura lieu prochainement. (Zzveslia du Comité exécutif central, 27 septembre 1917.)
Le prolétariat ne pourra pas, nous dit-on, mettre en mouvement l’appareil de l'Etat. |
“Après la révolution de 1905, 130.000 propriétaires fonciers gouvernèrent la Russie au moyen de violences continuelles sur 150 millions d'hommes, les molestant de toutes façons, vouant l’immense majorité de la population à un labeur de galériens et à une demi-famine.
Et l’on prétend que les 240.000 membres du Parti bolchévik ne pourraient pas administrer la Russie dans l’in-
térêt des pauvres, contre les riches! Ces 240.000 hommes ont dès maintenant pour eux les suffrages d’un million d'adultes au moins, car l’expérience de l'Europe en général et celle de la Russie en particulier (élections d’août à la douma de Pétrograd) permettent d'établir ce rapport entre les effectifs d’un parti et les suffrages qu’il recueile. Nous voilà donc en possession d’un « appareil d'Etat » d'un million d'hommes dévoués par conviction à l'Etat socialiste, et non pour en recevoir, fous les 20 du mois, une grasse prébende. |
Bien plus, nous avons encore un € MOYEN merveilleux >» de décupler d’un coup notre appareil d'Etat, moyen dont aucun Etat capitaliste n’a jamais pu et ne pourra jamais
disposer. Ce moyen merveilleux c’est la participation des
travailleurs, la participation des pauvres à l’administration journalière de l'Etat.
Pour montrer la facilité d'application de ce moyen merveilleux et l’infaillibilité de son action, considérons l’exemple le plus simple et le plus évident qui soit.
L'Etat doit expulser une famille d’un appartement pour
installer une autre. C’est ce que fait à chaque instant l'Etat capitaliste, c'est ce que fera également notre Etat prolétarien, socialiste.
L'Etat capitaliste expulse une famille ouvrière qui, par suite de la perte de celui qui la nourrissait par son travail, n’a pu acquitter son terme. L'huissier arrive, flanqué d’un commissaire de police ou de milice et d'agents. Dans un quartier ouvrier, pour procéder à une expulsion, ‘1 faut un détachement de cosaques. Pourquoi? Parce que l’huissier et le « milicien » refusent d'y aller sans une forte escorte. Ils savent que le spectacle de lexpulsion provoque une telle fureur parmi la population voisine, suscite parmi des milliers de gens aigris par la misère une telle haine envers les capitalistes et l'Etat capitaliste qu'ils risquent à chaque instant, eux et leurs agents, d’être écharpés par la foule. Cest pourquoi la présence, dans chaque grande ville, de forces militaires considérables s'impose; il faut y amener des régiments recrutés dans des régions éloignées du
pays, afin que les soldats soient étrangers à la vie des pau- |
vres de la ville et ne risquent pas de se laisser toucher par la « contagion » du socialisme.
L'Etat prolétarien doit installer, au moyen de la contrainte, une famille des plus nécessiteuses dans l’apparte-
D ee rune nr ue