‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 160 sur 252 · RO S e at Pe Et - Re 5 : Re PRE Re · texte numérisé non relu

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des voix à Moscou) que longtemps après les événements de juillet 1917; les « enseignements » qui résultent de tout ceci

ne sont pas du tout, mais pas du tout, ceux que désirerait

la dame — d’un commerce agréable sous tous les rapports — de la Novaïa Jizn.

- Vous feriez vraiment mieux de ne pas vous mêler de politique, citoyens de la Novaia Jizn.

Si le parti révolutionnaire n’a pas avec lui Ia majorité des contingents avancés des classes révolutionnaires du pays, il ne peut être question d’insurrection. L’insurrection exige en outre : 1° la croissance de la révolution dans le pays eniier; 2° le krach moral et politique complet de l’ancien gouvernement, par exemple du gouvernement de < coalition »; 3° de grandes hésitations parmi les éléments moyens, c’est-à-dire parmi ceux qui ne sont pas entièrement avec le gouvernement, quoique, la veillé encore, ils lPaient soutenu sans réserve. |

Pourquoi la Novaia Jizn, lorsqu'elle parle des « enseignements » des 3-5 juillet, ne remarque-t-elle même pas cet enseignement très important ? Parce que ses collaborateurs, qui se sont attaqués à une question politique, ne sont pas des politiques; ils forment un cénacle d’intellectuels effrayés par la bourgeoisie.

Continuons. En troisième lieu, les faits montrent que l'effondrement des socialistes-révolutionnaires et des menchéviks commença précisément après les 3-4 juillet, lorsque les Tsérétéli se furent démasqués par la politique qu’ils avaient suivie dans les journées de Juillet, lorsque les masses eurent reconnu dans les bolchéviks leur avant-garde combattante et dans les « social-blocards » des traîtres. Cet effondrement fut entièrement :-démontré, dés avant l’aventure de Kornilov, par les élections du 20 août à Pétrograd qui amenèrent la victoire des bolchéviks et la défaite des « social-blocards ». (Le Diélo Naroda tentait tout récemment de dissimuler ce fait en taisant les résultats définitifs du scrutin pour fous les partis; mais il n’a fait que se leurrer lui-même et tromper ses lecteurs. D’après les données publiées par le Dien le 24 août, données se rapportant uni- quement à la ville, le pourcentage des voix des cadets a passé de 22 % à 23 %, le chiffre absolu des suffrages qu’ils ont réunis a, par contre, diminué de 40 % : le pourcentage des voix des bolchéviks a passé de 20 à 33 % et le chiffre

À mi.

absolu des suffrages qu’ils ont obtenus n’a diminué que de 10 %; le pourcentage des voix de l’ensemble des partis « moyens » est tombé de 58 % à 44 % et le nombre absolu des voix qu'ils ont réunies a décru de 60 Z ! !)

L’effondrement des socialistes-révolutionnaires et des

- menchéviks après les journées de Juillet ét jusqu’à l’aven-

ture de Kornilov est également démontré par le développe-

ment de la « gauche >» de ces deux partis, laquelle atteint

40 Z de leurs effectifs. Telle est la « vengeance » des bolchéviks persécutés par MM. Kérenski et consorts.

Malgré la « perte » de quelques centaines de membres, le parti du prolétariat a beaucoup gagné au mouvement des 3-4 juillet, car c’est. précisément au cours de ces journées difficiles que les masses ont vu et compris. sa fidélité à la. cause du prolétariat, trahie par les socialistes-révolutionnaires et les menchéviks. L’e enseignement » qui découle des événements de Juillet n’est donc pas du tout celui que prétend la Novaia Jizn. Cet enseignement, le voici : ne pas s'éloigner des masses en effervescence pour se ranger du côté des « Moltchaline de la démocratie » et, si l’on se décide à linsurrection, passer à l'offensive lorsque les forces de l’ennemi sont dispersées, de facon à le prendre à l’improviste. $

N'est-il pas vrai, messieurs les « marxistes » de la Novaia Jizn?

Ou bien le marxisme consisterait-il non à fonder la tactique sur l’appréciation exacte de la situation objective, : mais à confondre sans discernement, absurdement, la

< guerre civile », « le congrès des Soviets et la convocation de l’Assemblée constituante » ? |

Ce n’est pas seulement tomber dans le ridicule, messieurs, C'est se moquer du marxisme et de toute logique!

Si la situation objective ne comporte pas l’aggravation de la lutte de classes jusqu’à la transformation de celle-ci « en guerre civile », pourquoi parlez-vous de « guerre civile > à propos du « congrès des Soviets et de l’Assemblée constituante » (tel est justement le titre de l'éditorial de la Novaia Jizn)? H fallait dire clairement au lecteur — et le lui prouver — que la situation objective n'implique pas de possibilité de guerre civile et que l’on peut et doit par con- Séquent fonder la tactique sur les « simples » moyens pacifiques, constitutionnels, légaux, juridiques et parle-

mentaires du congrès des Soviets et de l’Assemblée constituante, par exemple. On pourrait considérer dès lors ce congrès et cette Assemblée comme réellement en mesure de décider.

Mais si la situation objective implique l’inéluctabilité ou même simplement la probabilité de la guerre civile. si, parlant de cette guerre, vous n’avez pas parlé « en l'air », si vous avez bien vu, si vous avez perçu l'existence d’une situation impliquant la guerre civile, comment pouvezvous fonder votre tactique sur le congrès des Soviets ou l'Assemblée constituante? N'est-ce pas se moquer des masses éreintées et affamées? L'homme au ventre creux consentira-t-il à « attendre >» deux mois ? La désorganisation, dont vous constatez vous-même les progrès journaliers, consentira-t-elle à « attendre » jusqu’au congrès des Soviets ou jusqu’à l’Assemblée constituante? L’offensive allemande, alors que nous n’entreprenons rien de sérieux pour obtenir la paix (alors que nous ne faisons aucune proposition officielle de paix équitable à tous les Etats belligérants), consentira-t-elle à « attendre » le congrès des Soviets ou l'Assemblée constituante? Auriez-vous par hasard des raisons d'affirmer que la Révolution russe, dont la croissance a été si impétueuse et si rapide du 28 février au 30 septembre, se développera, du 1° octobre au 29 novembre, à une allure tranquille, pacifique, légale, modérée, excluant toute possibilité de heurts, de saccades, de défaites sur le front, de crises économiques? L’armée combattante qui, d’après la déclaration officielle faite par l’officier non bolchévik Doubassov au nom des combattants du front, « ne se battra plus », consentira-t-elle à subir paisiblement jusqu’à la date fixée la famine et le froid? Le soulèvement paysan cessera-t-il d’être un élément de guerre civile, parce que vous le qualifiez d’ « anarchie » et de « pogrom » et que Kérenski envoie des troupes contre les paysans? Le gouvernement peut-il préparer tranquillement, sérieusement, sans feinte, la convocation de l’Assemblée constituante dans un pays paysan par excellence tout en répri-

mant par la force le soulèvement paysan ? Est-ce concevable?

Ne riez pas du « désarroi de l’Institut Smolny », messieurs! Le vôtre n’est pas moindre. À la menace de la guerre civile vous opposez des phrases éperdues et de pi-

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