DE PÉTROGRAD ET DE MOSCOU
Chers camarades,
Les événements nous prescrivent si nettement notre
tâche que temporiser devient vraiment un erime.
Le mouvement agraire se développe, le gouvernement le réprime de plus en plus crue'lement. La sympathie des troupes à notre égard va croissante (à Moscou, nous avons 99-% des voix des soldats; les troupes finlandaises et l4 flotte sont contre le gouvernement : voir le Ro gnase de Doubassov sur le front en général).
Il n’est pas douteux que la révolution commence en- Allemagne, surtout depuis l’exécution des marins. Les élections à Moscou — 47 % des suffrages aux bolchéviks — constituent une immense victoire. Avec les socialistes-
révolutionnaires de gauche nous avons manifestement Ja majorité dans le pays.
Les cheminots et les postiers sont en conflit avec le gouvernement. Les Liber-Dan parlent déjà de réunir le congrès non le 20 octobre, mais peu après.
Dans ces conditions, « attendre » est un crime.
Les bolchéviks n’ont pas le droit d'attendre le congrès
des Soviets, ils doivent prendre le pouvoir sur-le-champ. Ils sauveront ainsi et la révolution mondiale (car il est à craindre, surtout après les exécutions. qui ont eu lieu en: Allemagne, que les capitalistes de tous les pays ne composent entre eux et ne s'unissent contre nous) et la Révolution russe (car si nous tardons, la vague montante de l'anarchie véritable peut devenir plus forte que nous) et la vie de centaines de milliers d'hommes au front.