‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 165 sur 252 · Voir page 310. (N.R · texte numérisé non relu

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Espérons que, si l’insurrection est d geants sauront appliquer efficacement les grands préceptes

de Danton et de Marx.

Le triomphe de la Révolut que de la révolution mondiale, dépend de deux ou trois

Ecrit le 21 (8) octobre 1917.

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LETTRE AUX CAMARADES BOLCHÉVIKS PARTICIPANT A LA CONFÉRENCE RÉGIONALE DES SOVIETS DU NORD

Camarades ! Notre révolution traverse une période des plus critiques. Cette crise coïncide avec la grande crise provoquée par la croissance de la révolution socialiste mondiale et par la lutte de l’impérialisme universel contre cette révolution. Une tâche immense incombe aux. dirigeants responsables de notre Parti: si elle n’était pas accomplie, le mouvement prolétarien international risquerait une faillite complète. L'heure est si grave que la temporisation est, - en vérité, semblable à la mort. |

Considérez la situation internationale. La croissance de Ia révolution mondiale est incontestable: L'explosion d'indignation des ouvriers tchèques a été réprimée avec une cruauté sans borne, attestant l’extrême désarroi du gouvernement. En Italie, on en est aussi arrivé, à Turin, à une explosion révolutionnaire qui fait entrer les masses dans : laction. Mais la mutinerie de la flotte allemande est le fait le p:us important.

Tâchons de nous représenter les difficultés inouïies auxquelles se heurte la révolution dans un pays tel que l'Allemagne, et encore dans les conditions présentes. Le soulèvement de la flotte allemande marque, à n'en pas douter, la grande crise de croissance de la révolution mondiale. Si nos chauvins, préconisant la défaite de l’Allemagne, exigent des ouvriers allemands qu’ils s’insurgent tous d’un coup, nous, révolutionnaires internationalistes russes, nous savons par l'expérience de 1905-1917 qu'on ne peut se figurer symptômes plus imposants de la croissance d’une révolution que le soulèvement des troupes.

Songez à la situation dans laquelle nous nous trouvons maintenant à l’égard des révolutionnaires allemands. ils peuvent nous dire : « Nous n’avons que Liebknecht qui

appela ouvertement à la révolution. Le bagne a étouffé sa voix. Nous n’avons pas un journal qui puisse démontrer. ouvertement la nécessité de la révolution. Nous n’avons pas’ de liberté de réunion. Nous n’avons pas un seul Soviet des députés ouvriers et soldats. Notre ‘voix n’arrive qu'à. grand’peine aux grandes masses. Nous avons pourtant tenté. ‘« de nous insurger, n'ayant qu’une chance de succès sur cent. Mais vous, internationalistes révolutionnaires russes, vous avez derrière vous six mois de libre agitation, vous avez une vingtaine de: journaux, vous avez de nombreux Soviets des députés ouvriers et soldats, vous avez en Ja victoire dans les Soviets des deux capitales, toute la flotte de la Baltique vous est acquisé comme les troupes russes de Finlande, et vous ne répondez pas à notre appel à l’in- surrection, et vous ne renversez pas votre impérialiste Ké- : renski, vous qui avez quaîire- nee -dix-neuf chances Sur. cent de vaincre par l'insurrection ! »

Oui, nous trahirions vraiment l’Internationale si, à une telle heure, dans des conditions aussi favorables, nous ne répondions à à cet appel des révolutionnaires. allemands.

“que. par. des résolutions.

Ajoutez à cela que nous savons tous parfaitement que l’accord et le-complot des iïimpérialistes internationaux contre la Révolution russe mürissent rapidement. L’étouffer à tout prix, l’étouffer par la force des armes et au moyen d’une paix conc:ue aux dépens de la Russie, voilà l’objectif de plus en plus proche de l'impérialisme international. Voilà ce qui aggrave particulièrement la crise de la révolution socialiste mondiale, voilà ce qui rend particulièrement dangereux — je dirai presque : criminel — de notre part tout ajournement de l'insurrection.

Considérez, ensuite, la situation intérieure de la Rus- . sie. La faillite des partis petits-bourgeois, de la collaboration avec la bourgeoisie, qui exprimaient l’inconsciente confiance des masses envers Kérenski ‘et les impérialistes en général est tout à fait manifeste: Faillite complète. Le vote de la curie des Soviets à la conférence démocratique contre la coalition, le vote de la majorité des Soviets provinciaux des députés paysans (malgré leur Soviet central où siègent les Avksentiev et d’autres amis de Kérenski) contre la coalition, les élections de Moscou, ville dans laquelle la population ouvrière est pius proche des paysans

LETTRES AUX CAMARADES BOLCHÉVIKS 329 fr

= que partout ailleurs et où plus de 49 % des voix sont allées - aux bolchéviks (et aussi 14.000 suffrages de soldats sur . | - 17.000), n’attestent-ils pas l’évanouissement complet de la ” confiance des masses populaires en Kérenski et les parti- . : sans de l’entente avec Kérenski et consorts ? Peut-on se

2 D mer les masses PE disant plus clairement . . …- - encore aux bolchéviks : « Conduisez- -nous, nous vous su

vrons ! »

Ayant ainsi acquis la majorité au sein .des masses, . ayant conquis les Soviets des deux capitales, nous atten- . - drions ! Qu’attendre ? Que Kérenski et ses généraux com- | : plices de Kornilov livrent Pétrograd aux Allemands, qu’ils complotent ainsi directement ou indirectement avec Buchanan et Guillaume pour létranglement complet de la Révolution russe ? |

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Il ne suffit pas que le peuple nous ait exprimé sa con fiance aux élections dé Moscou et aux nouvelles élections . des Soviets. Il y a aussi des. indices de la croissance de apa- thie et de l'indifférence. C’est compréhensible. Cela ne signifie pas le déclin de la révolution, comme le crient les cadets : “et leurs auxiliaires; c’est une diminution de foi en les réso- — lutions et les élections. Les masses. entrées dans la révo- : - Jution réclament des actes aux partis dirigeants et non des mots, des victoires dans la lutte et non des conver- = sations. Le moment vient où pourrait naître l’idée que les = bolchéviks ne valent pas mieux que les autres, n'ayant. ee pas su agir après qu’on leur avait fait. confiance... "©"

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Le soulèvemerit paÿsan embrase le pays. Il est d’une évidence éclatante que les cadets et ceux qui les suivent amoindrissent-de toutes façons son importance, le réduisent: -à des « pogroms » et à l” « anarchie ». Ce mensonge est ré-

7 par le fait que l’on a commencé à transmettre la terre ee . + aux paysans dans les centres du soulèvement : jamais en-. ee . 3 =. core les « -pogroms » et F « anarchie » n’avaient conduit à — , … . de si excellents résultats politiques ! L’immense force du . {- __ : : soulèvement paysan est démontrée par le fait que les con-. 1 ciliateurs et les socia’istes-révolutionnaires du Biélo

Naroda, et même Brechko-Brechkovskaïa, se sont mis à parler de la transmission de la terre aux paysans, afin d’émousser le mouvement tant qu'il ne les a pas définivement dépassés. :

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Et nous attendrions pour voir si les troupes cosaques de

Kérenski, complice de Kornilov (les socialistes-révolutionnaires viennent justement de démasquer cette complicité)" réussiront ou non à réprimer le soulèvement paysan dans les différents endroits successivement ?

H semble qüe de nombreux dirigeants de notre Parti n'aient pas remarqué la portée particulière du mot d’ordre

que nous avons tous adopté et répété sans cesse : < Tout

le pouvoir aux Soviets ». [Il y eut des périodes, i! y eut des moments, au cours des six mois de révolution, où ce mot d'ordre n’impliquait pas l’insurrection. Peut-être ces périodes, ces moments, ont-ils aveuglé une partie des camarades et leur ônt-ils fait oublier qu’à cette heure, pour nous aussi, depuis la fin de septembre tout au moins, ce mot d'ordre équivaut à un appel à l'insurrection.

I ne peut y avoir l’ombre d’un doute à cet égard. Le Diélo Naroda lexpliquait récemment en termes « popu-

laires » : e Kérenski ne se soumettra en aucun cas ! »

Parbleu !

Le mot d'ordre : « Tout le pouvoir aux Soviets » n’est

autre chose qu’un appel à l'insurrection. Et nous en serons

entièrement responsables sans cireonstances atténuantes, Si, après avoir appelé pendant des moïs les masses à l’insurrection, après les avoir conviées à refuser l'entente avec la bourgeoisie, nous ne les conduisons pas à l’insur- rection à la veille de la faillite de la révolution et quand elles nous ont exprimé leur confiance.

Les cadets et les conciliateurs cherchent à nous intimider en rappelant lexemp'e des 3-9 juillet, le développement de l'agitation des Cent-Noirs, elc.; mais si une faute fut commise les 3-5 juillet, ce fut de notre part

cele de ne pas prendre le Pouvoir. Je pense qu’il n'y eut

‘pas de faute, car nous n'avions pas alors la majorité; mais ce serait maintenant une erreur fatale et pis qu’une faute. Le développement de agitation des Cent-Noirs s'explique par l’aggravation de la lutte entre les tendances extrêmes dans les conditions de la révolution proiétarienne et paysanne grandissante. En tirer argument confre ’insurrection est ridicule, car l'impuissance des Cent-Noirs stpendiés par les capitalistes, teur impuissance dans la lutte n’a même pas besoin d’être démontrée. Kornilov et Kérenski

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