‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 17 sur 252 · EU IE LS · texte numérisé non relu

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tère politique et social de la guerre n’est pas déterminé par la « bonne volonté » des individus, des groupes ou même des peuples, mais par la situation de la classe qui fait la guerre, par la politique de classe dont la guerre est la continuation, par les relations du Capital, comme force économique dominante de la société moderne, par le caractère impérialiste du capital international, par la dépendance financière, bancaire, diplomatique de la Russie à l’égard de l’Angleterre, de la France, etc. Savoir l’expliquer aux masses de façon bien intelligible, n’est pas facile et nul d’entre nous n’y saurait arriver sans erreur du premier COUP.

Mais l’orientation, ou plus exactement, le contenu de

notre propagande, doivent être tels, et seulement tels. La

moindre concession au défensisme révolutionnaire est trahison du socialisme, abandon complet de linternatio-

nalisme, quelles que soient les belles phrases et les consi-

dérations « pratiques » dont on la justifie.

Le mot d'ordre « À bas la guerre ! >» est évidemment juste, mais il ne tient pas compte des objectifs particuliers du moment, de la nécessité d’aborder autrement les grandes masses. À mon avis, il ressemble au mot d'ordre « A bas le tsar ! » que les agitateurs maladroits du « bon vieux temps » lançaient tout bonnement dans les campagnes. pour se faire rosser. La masse des partisans du défensisme révolutionnaire est de bonne foi, non que tous les individus le soient, mais en tant que classe, car elle appartient aux classes (ouvriers et paysans pauvres) qui n'ont réellement rien à gagner aux annexions et à l’étranglement des autres peuples. Il en est tout autrement des bourgeois et de MM. les « intellectuels », qui se rendent fort bien compte de l’impossibilité de renoncer aux annexions sans renoncer à la domination du Capital et trompent effrontément les masses avec de belles phrases, des promesses démesurées, des assurances sans nombre.

Le commun des partisans de la défense nationale considère les choses simplement, vulgairement : « Je ne veux pas d’annexions, l’Allemand me « tombe dessus », je défends donc une cause juste et non je ne sais quels intérêts impérialistes. » Il importe de lui expliquer toujours et sans cesse qu’il ne s’agit pas de ses désirs personnels, mais de rapports et de conditions politiques, de masses, de classes, du lien de la guerre avec les intérêts du Capital et le réseau

bancaire international, etc. Cette façon de combattre l’idée

de la défense nationale est la seule sérieuse et promet le

succès, un suCCès qui ne sera peut- -être pas très rapide, mais

assuré et durable.

Comment peut-on terminer la guerre ?

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