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LE Il° CONGRÈS DES SOVIETS DES DÉPUTÉS... 359
| Le gouvernement abolit la diplomatie secrète en exprimant
pour sa part sa ferme intention de mener tous les pourparlers tout à fait ouvertement, devant tout le peuple et en procédant immédiatement à la publication intégrale des traités secrets ratifiés ou conclus par le gouvernement des propriétaires fonciers et des capitalistes depuis février jusqu’au 7 novembre (25 octobre) 1917. Il déclare absolument et immédiatement annulées toutes les clauses de ces traités secrets, dans la mesure où élles tendent, comme c’est le cas la plupart du temps, à procurer des avantages et des privilèges aux propriétaires fonciers et aux capitalistes russes, à maintenir ou accroître les annexions des Grands-Russiens. :
En invitant les gouvernements et les peuples de tous les pays à entamer immédiatement des pourparlers publics pour la conclusion de la paix, le gouvernement se déciare pour sa part disposé à négocier, soit par écrit, par télégraphe, soit par des pourparlers entre les représentants des divers pays ou dans une conférence de ces représentants. Afin de faciliter ces négociations, le gouvernement désigne son représentant plénipotentiaire dans les pays neutres.
Le gouvernement invite tous les gouvernements et les peuples de tous les pays belligérants à conelure immédiatement un armistice; il considère, de son côté, comme désirable que cet armistice soit de trois mois au moins, délai dans lequel sont tout à fait"possibles soit l’achèvement des négociations de paix avec la participation des représentants de toutes les nations ou peuples, sans exception, engagés dans la guerre ou obligés d'y prendre part, soit la convocation, dans tous les pays, d’assemblées autorisées de représentants du peuple pour ratifier définitivement les conditions de paix. |
Adressant cette proposition de paix aux gouvernements et aux peuples de tous les pays belligérants, le gouvernement provisoire ouvrier et paysan de Russie s'adresse également et surtout aux ouvriers conscients des trois nations les plus avancées de l'humanité et les plus puissantes participant à cette guerre, aux ouvriers d'Angleterre, de France et d’Allemagne. Les ouvriers de ces pays ont rendu les plus grands services à la cause du progrès et du socialisme; ils ont donné les grands exemples du mouvement chartiste en Angleterre, des révolutions d’une portée historique universelle accomplies par le prolétariat français, enfin la lutte héroïque contre la loi d’exception en Allemagne et le long travail acharné et discipliné, qui a servi d'exemple aux ouvriers du monde entier, pour créer des Orga- nisations prolétariennes de masse dans ce pays. Tous ces exem- . ples d’héroïsme prolétarien et d'initiative historique nous garantissent que les ouvriers de ces pays comprendront le devoir qui leur incombe aujourd’hui : libérer l'humanité des horreurs de la guerre et de ses conséquences, car ces ouvriers, par leur activité multiple, résolue et pleine d’une énergie inouie, nous aideront à mener jusqu'au bout l’œuvre de paix et en même temps l'œuvre de libération des masses travailleuses et exploitées de tout esclavage et de toute exploitation.
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Le gouvernement ouvrier et paysan issu de la Révolution du 6-7 novembre (24-25 octobre) et fort de l'appui des Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans, doit enta-
mer immédiatement les négociations de paix. Notre appel doit être adressé à la fois aux gouvernements et aux peu-
ples. Nous ne pouvons pas ignorer les gouvernements, car ce serait éloigner la possibilité de conclure la paix; or, un gouvernement populaire n’a pas le droit de le faire. Mais nous n’avons aucun droit de ne pas nous adresser simultanément aux peuples. Les gouvernements et les peuples sont partout en désaccord. Aussi devons-nous aider les peuples à intervenir dans la question de la guerre et de la paix. Nous défendrons, naturellement, par tous les moyens, notre programme intégral de paix sans annexions ni COntributions. Nous n’en démordrons point, mais nous devons ôter à nos ennemis la possibilité de dire que leurs conditions sont tout autres et qu’il ne servirait par conséquent à rien d'engager des négociations avec nous. Non, nous devons les priver de cet avantage et ne pas formuler nos conditions sous forme d’ultimatum. Aussi nous déclarons-nous prêts à examiner toutes les conditions de paix,
toutes les propositions. Examiner ne veut pas dire accepter. :
Nous les soumettrons à l’Assemblée constituante qui aura plein pouvoir pour décider de ce qu’on peut et de ce qu'on ne peut pas céder. Nous combattons le mensonge des gouvernements qui, en paroles, sont pour la paix et la justice et, en fait, mènent des guerres de conquêtes et de brigandage. Aucun gouvernement ne dira tout ce qu’il pense. Mais nous sommes, nous, contre la diplomatie secrète et nous agirons au grand jour devant le peuple entier. Nous n’avons jamais fermé les yeux et nous ne les fermons pas sur les difficultés. La guerre ne peut pas être terminée par un refus pur et simple de la continuer; la guerre ne peut pas être terminée par l’une des parties belligérantes. Nous proposons un armistice de trois mois, mais nous ne repoussons pas un armistice de moindre durée pour que l’armée éreintée puisse au moins souffler un moment et pour qu’on puisse, d'autre part, réunir dans tous les pays civilisés des assemblées populaires, afin de discuter les conditions de la paix.
Proposant de conclure immédiatement un armistice, nous nous adressons aux ouvriers conscients des pays qui
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ont beaucoup fait pour le développement du mouvement prolétarien. Nous nous adressons aux ouvriers d'Angleterre qui ont eu le mouvement chartiste, aux ouvriers de France qui ont maintes fois montré par des insurrections toute la vigueur de leur conscience de classe, aux ouvriers d'Akemagne qui sont venus à bout de la loi contre les socialistes et ont créé de puissantes organisations. |
Nous proposions, dans le manifeste du 27 (14) mars, de renverser les banquiers; mais loin de renverser les nôtres, nous nous coalisions au contraire avec eux. Maïntenant, nous avons renversé le gouvernement des banquiers. |
Les gouvernements et la bourgeoisie feront tous leurs efforts pour s’unir et noyer dans le sang la révolution ouvrière et paysanne. Mais trois années de guerre ont suffisamment éclairé les masses: le mouvement soviétique se développe dans d’autres pays, la flotte allemande s’est mutinée et les junkers du bourreau Guillaume IT ont réprimé sa mutinerie. N'oublions pas non plus que nous ne sommes pas au centre de l'Afrique, mais en Europe où tout peut rapidement se savoir. | :
Le mouvement ouvrier l’emportera et s’ouvrira un chemin vers la paix et le socialisme.
Izvestia, n° 208, et Pravda, n° 171, 9-10 novembre (27-28 octobre) 1917.
Sur la paix Discours de conclusion prononcé le 8 novembre (26 octobre)
Je ne parlerai pas du caractère général de la déclaration. Le gouvernement qui sera créé par votre congrès aura la faculté d’en modifier les points secondaires. | Je m’oppose résolument à ce que notre revendication de paix porte un caractère d’ultimatum. Un tel caractère pourrait être funeste à toute notre cause. Nous ne pouvons pas admettre que quelque refus insignifiant de souscrire à nos exigences donne aux gouvernements impérialistes le droit de dire qu’il n’aura pas été possible d'engager des négociations de paix avec nous, en raison de notre intransigeance.
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