‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 202 sur 252 · ULTIMATUM DU COMITÉ CENTRAL À LA MINORITÉ · texte numérisé non relu

ULTIMATUM DU COMITÉ CENTRAL À LA MINORITÉ

Comité central (sur la composition numérique et personnelle de la représentation de notre Parti au gouvernement). Cette infraction inouïe à la discipline, accomplie par des membres du Comité central, à l’insu du Comité central, après un débat de plusieurs heures au Comité central, débat provoqué par ces mêmes représentants de lopposition, nous montre avec évidence que fl’opposition pense imposer ses vues aux institutions du Parti par une lutte d'usure en sabotant l’action du Parti à un moment où ses destinées, les destinées de la révolution, dépendent des résultats immédiats de cette action.

Nous ne pouvons ni ne voulons porter la responsabilité d’un semblable état de choses.

Adressant à la minorité du Comité central la présente déclaration, nous exigeons une réponse catégorique, écrite, à cette question: la minorité s’engage-t-elle à se soumettre à la discipline du Parti et à suivre la politique formulée dans la résolution proposée par Lénine et adoptée par le Comité central?

Si la réponse à cette question est négative ou manque de netteté, nous demanderons aussitôt au comité de Pétrograd, au comité de Moscou, à la fraction bolchévik du Comité exécutif central, à la conférence de l’organisation de Pétrograd-Ville et au congrès extraordinaire du Parti d'adopter l’une de ces deux propositions :

Ou le Parti doit charger l’opposition actuelle de former, avec les alliés pour lesquels elle sabote en ce moment notre travail, un nouveau gouvernement — et nous nous considérerons alors comme tout à fait libres à l’égard de ce nouveau gouvernement qui ne pourrait rien apporter, .si ce n’est l’hésitation, l’impuissance et le chaos ;

Ou — ce dont nous ne doutons pas — le Parti adoptera la seule ligne révolutionnaire possible, exprimée dans la décision prise hier par le Comité central et il devra dès lors inviter résolument les représentants de l’opposition à transporter leur action désorganisatrice en dehors de l’organisation de notre Parti. Il n’y a pas et il ne peut pas y avoir d’autre issue. Il va de soi qu’une scission serait un fait extrêmement regrettable. Mais une scission honnête et ouverte vaudrait en ce moment infiniment mieux que le sabotage à l’intérieur, l’action contre nos propres décisions, la

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