APPEL DU COMITÉ CENTRAL DU P.0.S.D.R. DE RUSSIE
auxiliaires jubilent à cette occasion, exultent, annoncent la déroute, prophétisent la fin du gouvernement bolchévik. Camarades ! N’ajoutez pas foi à ces mensonges. Les camarades qui sont partis se sont comportés comme des déserteurs, puisqu'ils n’ont pas seulement abandonné les postes qui leur avaient été confiés, mais ils ont encore saboté la résolution explicite du Comité central de notre Parti recommandant d’attendre, avant de donner leur démission, tout au moins les résolutions des organisations communistes de Pétrograd et de Moscou. Nous condamnons résolument cette désertion. Nous sommes profondément convaincus que tous les ouvriers conscients, tous les soldats et les paysans affiliés à notre Parti ou sympathisant avec lui condamneront aussi résolument cet acte des déserteurs.
Mais nous déclarons que la désertion de quelques membres haut placés de notre Parti n’ébranlera pas un instant ni d’un cheveu l’unité des masses qui suivent notre Parti et par conséquent n’ébranlera pas notre Parti.
Rappelez-vous, camarades, que, dès avant l’insurrection de Pétrograd, deux des déserteurs, Kaménev et Zinoviev, avaient agi comme des déserteurs et comme des traîtres, puisque non seulement ils ont voté à la réunion décisive du Comité central, le 23 (10) octobre 1917, contre l'insurrection, mais encore, après que le Comité central eût pris une décision, ils ont fait de l’agitation contre l’insurrection parmi les militants du Parti. Tout le monde sait que Îles journaux qui craignent de se ranger du côté des ouvriers et qui penchent plutôt pour la bourgeoisie (par exemple la Novaia Jizn) ont mené alors grand bruit en même temps que toute la presse bourgeoise, et crié à 1la < désagrégation » de notre Parti, à l” « échec de lPinsurrection », etc. Mais la vie a eu tôt fait de démentir‘les mensonges et les calomnies des uns, les doutes, les hésitations et la lâcheté des autres. La « tempête »*qu’on voulait soulever à l’occasion des démarches de Kaménev et de Zinoviev en vue de compromettre l'insurrection de Pétrograd, n’a été qu’une tempête dans un verre d’eau et le grand élan des masses, le noble héroïsme de millions d'ouvriers, soldats et paysans à Pétrograd et à Moscou, au front, dans les tranchées et dans les campagnes ont écarté les déserteurs aussi facilement qu’un train rejette des éclats de bois.
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Qu'ils aient donc honte tous ceux qui manquent de foi, tous ceux qui hésitent, tous ceux qui doutent, tous ceux qui se sont laissé intimider par la bourgeoisie ou qui se sont laissé influencer par les cris de ses auxiliaires directs ou indirects. Il n’y a pas ombre d’hésitation dans les masses d’ouvriers et de soldats de Pétrograd, de Moscou et d’ailleurs. Unanime et ferme comme un seul-homme, notre Parti monte la garde autour du pouvoir des Soviets, la garde autour des intérêts de tous les travailleurs, avant tout des ouvriers et des paysans pauvres |
Des chœurs d’écrivassiers bourgeois et d'hommes qui se sont laissé intimider par la bourgeoisie nous accusent d’intransigeance, d’obstination, de ne pas vouloir partager le pouvoir avec un autre parti. Cest faux, camarades ! Nous avons proposé et proposons aux socialistes-révolutionnaires de gauche de partager avec nous le pouvoir. Ce n’est pas de notre faute s’ils ont refusé. Nous avons entamé des pourparlers et après le Il° congrès des Soviets nous avons consenti, au cours de ces pourparlers, à des concessions de toute sorte, allant jusqu’à notre assentiment, sous certaines conditions, à l’admission des représentants d’une partie de la Douma municipale de Pétrograd, ce repaire de korniloviens, qui, le premier, sera balayÿé par re peuple si la canaille kornilovienne, si les rejetons des capitalistes et des propriétaires fonciers, les junkers, tentent de nouveau de résister à la volonté du peuple, comme ils ont tenté de le faire dimanche dernier à Pétrograd et comme ils veulent le tenter encore (à preuve, le complot découvert de Pourichkévitch et les documents saisis sur lui hier, 16 (8) novembre). Mais ceux qui se tiennent derrière les socialistesrévolutionnaires de gauche et œuvrent par leur intermédiaire dans l'intérêt de la bourgeoisie, avaient interprété notre esprit de concession comme une faiblesse et en ont profité pour nous poser de nouveaux ,ultimatums. À la conférence du 16 (3) novembre, Messieurs Abramovitch et Martoy se sont présentés et ont déposé cet ultimatum : point de pourparlers tant que notre gouvernement n’aura pas cessé de procéder à des arrestations et de suspendre les journaux bourgeois.
Aussi bien notre Parti que le Comité exécutif central du congrès des Soviets avaient décliné cet ultimatum éma-