Vers de GϾthe
déploiement d’énergie en bas, tout cela conjugué avec un centralisme volontaire, étranger aux clichés. Nos Soviets marchent dans la même voie, mais ils sont encore < timides », ils n’ont pas encore pris tout leur essor, ils ne se sont pas encore « engagés à fond » dans leur nouveau et grand travail créateur de bâtisseurs d’un ordre socialiste. Il faut que les Soviets se mettent à l’œuvre avec plus de hardiesse et d’initiative. Il faut que chaque < commune >», chaque fabrique, chaque village, chaque société coopérative de consommation, chaque comité de ravitaillement engage l’émulation avec d’autres en qualité d’organi- Sateurs pratiques de la comptabilité et du contrôle du travail et de la répartition des produits. Le programme de cette comptabilité et de ce contrôle est simple, clair, intelligible à chacun: pour que toute le monde ait du pain, pour que tout le monde porte de bonnes chaussures et des vête-. ments en bon état, ait un logement chaud, travaille consciencieusement, et pour que pas un filou (y compris ceux qui se dérobent au travail) ne se promène en liberté au lieu d’être en prison astreint aux travaux forcés les plus durs, pour que pas un riche contrevenant aux règles et aux lois du socialisme ne puisse éviter le sort du filou, sort qui en bonne justice doit être le sien. « Que celui qui ne tra- Yaille pas, ne mange pas », voilà le commandement pratique du socialisme. Voilà ce qu’il faut organiser pratiquement. Voilà quels succès pratiques doivent faire l’orgueil de nos « communes » et de nos organisateurs ouvriers, paysans et — d'autant plus, — intellectuels (d’autant plus, car ces derniers ne sont que trop accoutumés, bien trop accoutumés, à s’enorgueillir de leurs indications et résolutions générales).
Des milliers de formes et de modalités pratiques de comptabilité et de contrôle des riches, des filous et des parasites doivent être élaborées et pratiquement éprouvées par les communes et les petites cellules elles-mêmes, dans les campagnes et les villes. La variété est en cette matière une garantie de vitalité, un gage de succès dans la poursuite du but commun et unique: nettoyer le sol de Russie de tous les insectes nuisibles, des puces — les filous — et des pu-. naises — les riches, etc. Dans un endroit, on mettra en prison une dizaine de riches, une douzaine de filous, une demi-douzaine d’ouvriers se dérobant au travail (de la façon canaïille qui est à Pétershourg celle de nombreux typo-
graphes, surtout dans les imprimeries du Parti). Dans un autre, on les obligera à nettoyer les fosses d’aisance. Dans un troisième, on leur donnera, au sortir du cachot, des billets jaunes pour que le peuple entier les surveille comme des hommes nuisibles tant qu’ils ne se seront pas amendés. Dans ua quatrième, on fusillera sur place un parasite sur dix. Dans un cinquième, on imaginera des combinaisons de divers modes et moyens et l’on aura recours, par exemple, à la libération conditionnelle pour obtenir l'amendement rapide des riches, des intellectuels bourgeoïs, des filous et des voyous susceptibles de s’amender. Plus l’expérience commune sera variée et plus elle sera riche et meilleure, plus sûrement et plus rapidement triomphera le socialisme et plus facilement la pratique déterminera — car ce n’est qu'elle qui peut seule déterminer les meilleurs procédés et les meilleures armes.
Dans quelle commune, dans quel quartier de grande ville, dans quelle fabrique, dans quel village n’y a-t-il pas d’affamés, de chômeurs, n’y a-t-il pas de riches parasites, n'y a-t-il pas de gredins qui sont des larbins de la bourgeoisie, de saboteurs qui se qualifient intellectuels? Dans quelle commune a-t-on fait le plus pour augmenter le rendement du travail, pour construire de nouvelles et bonnes maisons pour les pauvres, pour installer les pauvres dans les maisons des riches, pour fournir sa bouteille de lait à tout enfant d’une famille pauvre? Voilà les questions qui doivent être à la base de l’émulation des communes, des communautés, des associations coopératives de consommation et de production, des Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans. Voilà le travail dans lequel des organisateurs de talent doivent se former pratiquement et accéder aux postes de plus en plus importants dans l’administration de l'Etat. Il y en a beaucoup dans le peuple. Mais ils Sont comprimés. Il faut les aider à se déployer. Is peuvent et seuls ils peuvent, avec l'appui des masses, sauver la Russie et sauver la cause du socialisme. R
Ecrit les 7 ou 10 janvier 1918 (25-28 décembre 1917).
Publié pour la première fois le 20 janvier 1929 dans le numéro 17 de la Pravda.
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de la terre est abolie. Toute la
terre avec tous les bâtiments, le cheptel et tous le