‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 26 sur 252 · TER · texte numérisé non relu

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pratiques pouvant être immédiatement réalisées et com-

-mandées par l’intérét de la révolution agraire paysanne en

Russie.

Nous devons réclamer la nationalisation de toutes les terres, c’est-à-dire leur remise en toute propriété au pouvoir central. Ce dernier déterminera l'importance, etc., du fonds de colonisation, promulguera des lois en vue de la protection et de l’amélioration des forêts, etc., supprimera tout intermédiaire entre le propriétaire des terres, l'Etat, et leur

locataire, le cultivateur (Gnterdiction de toute aliénation de

la terre). Par contre, ce sont exclusivement les Soviets locaux et régionaux des députés paysans — et nullement la bureaucratie et les fonctionnaires qui disposeront de la terre et fixeront les conditions locales de jouissance et de propriété. - 2

Afin d'améliorer la technique de la production du blé et d'augmenter celle-ci, afin de développer les grandes exploitations rationnelles et d’en assurer le contrôle public,

-nous devons travailler, au sein des comités paysans, à faire

de tout grand domaine exproprié une grande exploitation modèle, placée sous le contrôle des Soviets des députés ouvriers agricoles. |

En contraste avec la phrase et la politique petite-bourgeoises qui règnent chez les socialistes-révolutionnaires et surtout dans leurs bavardages creux sur la « norme de consommation » ou de « travail », sur la « socialisation de

Ja terre », etc., le parti du prolétariat doit démontrer que

le système de petite exploitation ne peut, en régime de production de marchandises, affranchir l’humanité de la misère et de l’oppression des masses.

Le parti du prolétariat doit démontrer, sans opérer immédiatement et obligatoirement la scission dans les Soviets des députés paysans, la nécessité de Soviets distincts des députés ouvriers agricoles et de Soviets distincts des députés des paysans pauvres (semi-prolétaires), ou, tout au moins, la nécessité de conférences permanentes des députés appartenant à ces classes, conférences à organiser sous la forme de fractions ou de partis distincts au sein des Soviets communs des députés paysans. Faute de quoi, la doucereuse phraséologie petite-bourgeoïse des populistes sur la paysannerie en général ne fera que voïler la duperie de Ia

masse non-possédante par la paysannerie aisée, qui n'est qu’une variété de capitalistes.

En contraste avec la prédication libérale bourgeoise ou purement bureaucratique à laquelle se livrent de nombreux socialistes-révolutionnaires et Soviets des députés ouvriers et soldats, qui recommandent aux paysans de ne pas s'em-

parer des terres des propriétaires fonciers et de ne pas

entreprendre la réforme agraire avant la convocation de l'Assemblée constituante, le parti du prolétariat doit inviter les paysans à réaliser immédiatement et de leur propre chef la réforme agraire et à opérer, par décision de leurs Soviets locaux, la confiscation immédiate des terres appartenant aux propriétaires fonciers.

Ce faisant, il importe tout particulièrement d’insister sur la nécessité d'augmenter la production des denrées alimentaires pour les soldats du front et pour les villes, de souligner que tout endommagement et toute détérioration des troupeaux, outils, machines, bâtiments, etc., sont absolument inadmissibles.

14. Dans la question nationale, le parti prolétarien préconisera avant tout la proclamation et l’application immédiate de la liberté totale de se séparer de la Russie pour toutes les nations et toutes nationalités opprimées par le tsarisme, annexées ou maintenues de force dans les limites de l'Etat russe.

Toutes les déclarations, proclamations et manifestes sur la renonciation aux annexions n’impliquant pas la liberté effective de séparation, ne sont que mensonges bourgeois destinés à ne le peuple ou vœux anodins de petits bourgeois.

Le parti prolétarien aspire à la création d’un Etat aussi vaste que possible, car tel est l'intérêt des travailleurs; il aspire au rapprochement, puis à la fusion des nations, mais il veut atteindre ce but non par la violence, maïs exclusivement par l’union libre et fraternelle des masses ouvrières et travailleuses de toutes les nations. |

Plus la République de Russie sera démocratique, mieux elle s’organisera en République de Soviets des députés ouvriers et paysans, et plus sera puissante la force d’attraction qui portera librement vers elle les masses travailleuses de toutes les nations. |

Liberté absolue de séparation, autonomie locale (et

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