‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 27 sur 252 · HR À · texte numérisé non relu

HR À

| re s

11:06 CUITS: ; ap Ste. © Croft ee ; À ARS 1 Jia 2 Pa VE L'ONe GCA { : \ :

ne: k : :

Le - 27 108 des

nationale) aussi large que possible, garantie précise des droïts des minorités nationales, tel est le programme du prolétariat révolutionnaire.

Nationalisation des banques et des syndicats capitalistes

15. Le parti du prolétariat ne peut en aucune facon se proposer d’ « instituer » le socialisme dans un pays de

petits paysans, tant que l’écrasante majorité de la popula-

tion n’aura pas pris conscience de la nécessité d’une révolution socialiste.

Maïs des sophistes bourgeoïs, qui s’abritent derrière des formules « quasi-marxistes » peuvent seuls déduire de cette vérité la justification d’une politique qui ajourne les mesures révolutionnaires urgentes, pratiquement müres, réalisées souvent, pendant la querre, par maints Etats bourgeois et absolument indispensables pour combattre la désorganisation économique totale et la famine imminente.

Des mesures comme la nationalisation du sol, de toutes les banques et de tous les syndicats capitalistes ou, du moins, la subordination immédiate de ces établissements au contrôle des Soviets des députés ouvriers, etc., sans être l « institution » du socialisme, doivent certainement être établies et, dans la mesure du possible, réalisées par la voie révolutionnaire. Sans ces mesures, parfaitement réalisables d’un point de vue économique, qui ne représentent que les premiers. pas vers le socialisme, impossible de guérir les blessures causées par la guerre et de prévenir la catastrophe menaçante; quant à reculer devant une atteinte aux bénéfices monstrueux des capitalistes et des banquiers que Ia guerre ‘enrichit scandaleusement, le parti du prolétariat révolutionnaire ne le fera jamais.

La situation dans l’Internationale socialiste

16. Les obligations internationales de la classe ouvrière de Russie se placent aujourd’hui précisément avec une force particulière au premier plan.

On ne jure plus à notre époque que par l’internationalisme. Les chauvins, partisans de Ia défense nationale euxmêmes, MM. Plékhanov et Potressov eux-mêmes, Kérenski lui-même, tous s’intitulent internationalistes. Il n’en est que plus nécessaire, pour le parti du prolétariat, d’opposer

avec une clarté, une précision et une netteté parfaites, l’internationalisme en pratique à l’internationalisme en paroles.

Appels purs et simples aux ouvriers de tous les pays, assurances creuses de dévouement à l’internationalisme, tentatives directes ou indirectes de fixer la « succession » des actions du prolétariat révolutionnaire dans les divers pays belligérants, recherche d’une « entente » entre socialistes des pays belligérants en vue de la lutte révolutionnaire, congrès socialiste pour faire campagne en faveur de la paix, etc., etc., tout cela n’est objectivement, si sincères que soient les protagonistes de ces idées, tentatives ou plans, que verbiage, ou, dans le meilleur des cas, vœux innocents et bien intentionnés, bons seulement à voiler la duperie des masses par les chauvins. Les social-chauvins francais, qui sont les plus habiles et les plus experts en fait de filouteries parlementaires, ont depuis longtemps battu le record dans l’art de prononcer des phrases pacifistes et internationalistes grandiloquentes et retentissantes, fout en trahissant avec un cynisme inoui le socialisme et l’Internationale, fout en entrant dans les ministères qui mènent la guerre impérialiste, {fout en votant les crédits ou les emprunts (comme Tchkhéïdzé, Skobélev, Tsérétéli, Stéklov le faisaient ces jours-ci en Russie), tout en s’opposant 4 la lutte révolutionnaire dans leur propre pays, etc.

Les braves gens oublient souvent l’atmosphère de cruauté et de férocité de la guerre impérialiste mondiale. Cette atmosphère ne souffre pas la phrase, elle se moque des vœux anodins et douceâtres.

En fait, il n'existe qu’un seul internationalisme: et il consiste à travailler avec abnégation au développement du mouvement révolutionnaire et de la lutte révolutionnaire dans son propre pays, à encourager (par la propagande, la sympathie active, l’appui matériel) cette lutte, cette politique et rien que celle-là, dans tous les pays sans exception.

Le reste n’est que mensonges et songes creux.

Trois tendances se sont dessinées dans le mouvement ouvrier et socialiste international, depuis plus de deux ans de guerre, dans tous les pays. Quiconque abandonne le terrain réel de la reconnaissance de l’existence de ces trois tendances, de leur analyse, de la défense conséquente de la tendance réellement internationaliste, se condamne à l’impuissance et à l'erreur.

tr , ep ART à

Ces trois tendances sont les suivantes:

1° Les social-chauvins, c’est-à-dire socialistes en paroles, chauvins en fait, gens qui admettent la « défense de la patrie » dans la guerre impérialiste (et, avant tout, dans la guerre impérialiste actuelle).

Ce sont nos ennemis de classe. Ils ont passé à la bourgeoisie.

Tels sont la plupart des chefs officiels de Ia socialdémocratie officielle dans tous les pays. MM. Plékhanov et consorts en Russie; Scheidemann et ses pareïls en Allemagne; Renaudel, Guesde, Sembat en France; Bissolati et consorts en Italie; Hyndman, les fabiens et les « travaillistes » (chefs du Labour Party) en Angleterre; Branting et consorts en Suède; Troelstra et son parti en Hollande; Stauning et son parti au Danemark; Victor Berger et autres « défenseurs de la patrie » en Amérique, etc.

2° La seconde tendance est celle du « centre >» qui hésite entre les social-chauvins et les internationalistes véritables.

Le « centre » jure ses grands dieux qu'il est marxiste, internationaliste, partisan de la paix, partisan de « pressions » et de « revendications » de toute sorte pour obliger les gouvernements à « exprimer la volonté de paix des peuples », partisan de toutes les campagnes possibles en faveur de la paix, partisan de la paix sans annexions, etc. etc., et de la paix avec les social-chauvins. Le « centre » est pour l« unité », le centre est contre la scission.

Le « centre » est le domaine de la phrase petite-bour- = seoise débonnaire, de lPinternationalisme en paroles, d’un opportunisme pusillanime et de la complaisance pour les social-chauvins en fait,

L'essentiel, c’est que le « centre » n’est pas convaincu de la nécessité d’une révolution contre son gouvernement, ne la préconise pas, ne mène pas de lutte révolutionnaire décidée, mais invente au contraire des excuses misérables,. bien qu’« archi-marxistes », afin de s’y soustraire.

Les social-chauvins sont nos ennemis de classe, ce sont dés bourgeois installés dans le mouvement ouvrier. Ils représentent certains groupes et milieux ouvriers objectivement corrompus par la bourgeoisie (meilleurs salaires, honneurs, etc.), qui aident leur bourgeoisie à piller et à étran-

gler les peuples petits et faibles, à faire la guerre pour le partage du butin capitaliste.

Le « centre » est composé de routiniers, rongés par une légalité pourrie, corrompue par l’atmosphère du parlementarisme, de fonctionnaires habitués aux sinécures et au travail « tranquille ». Aux points de vue historique et économique, ils ne constituent pas une couche sociale distincte, ils représentent seulement la transition entre une époque révolue du mouvement ouvrier, celle de 1871-1914, féconde à bien des égards, surtout dans l’art, nécessaire au prolétariat, de l’organisation lente, soutenue, systématique, à une grande, très grande échelle, et une ére nouvelle, rendue objectivement inévitable par la première guerre impérialiste mondiale, qui a inauguré l’ère de la révolution sociale. Le principal leader et représentant du « centre » est Karl Kautsky qui jouissait dans la IT° Internationale (1889- 1914) de l’autorité la plus éminente et qui nous offre depuis août 1914 l’exemple de la faillite totale du marxisme, d’un manque extraordinaire de caractère, d’hésitations et de trahisons lamentables. La tendance du « centre », c’est Kautsky, Haase, Ledebour, ce qu’on appelle la « ligue ouvrière » ou la « ligue du travail » au Reichstag; en France, Longuet, Pressemane et les « minoritaires » (les menchéviks) en général; en Angleterre, Philippe Snowden, Ramsay Mac Donald et nombre d’autres leaders de l’/!ndependent Labour Party et, partiellement, du Parti socialiste de Grande-Bretagne; Morris Hilquitt et nombre d’autres en Amérique; Turati, Treves, Modigliani, etc. en Italie; Robert Grimm, etc. en Suisse ; Victor Adler et consorts en Autriche ; le parti du comité d'organisation, Axelrod, Martov, Tchkhéïdzé, Tsérétéli et autres en Russie, etc.

Naturellement, certains individus passent parfois, sans s’en rendre compte, des positions du social-chauvinisme à celles du centrisme et vice versa. Tout marxiste sait que les classes demeurent distinctes, bien que des individus passent librement d’une classe à l’autre. Les tendances poli-

tiques se distinguent de même entre elles, bien que quelques

individus passent librement de l’une à l’autre, malgré les tentatives et les efforts que l’on fait pour en amener la fusion.

3° La troisième tendance est celle des véritables internationalistes que la « gauche de Zimmerwald » représente

Z CPE : 1 L af :

Rod utaptiée tre + d DX é 4

le mieux (nous reproduisons en appendice son manifeste de septembre 1915, afin que le lecteur. puisse apprendre par un document authentique la naissance de cette tendance).

Son caractère essentiel est la rupture complète à la fois avec les social-chauvins et avec le « centre ». Lutte révolutionnaire à outrance contre son propre gouvernement impérialiste et sa propre bourgeoisie impérialiste. Principe: « Notre ennemi principal est dans notre propre pays. » Guerre sans merci à la phrase doucereuse des social-pacifistes (le social-pacifiste est un socialiste en paroles, un pacifiste bourgeois en fait; les pacifistes bourgeoïs rêvent d’une paix perpétuelle sans renversement du joug et de la domination capitalistes) et aux faux-fuyants de toutes sortes qui ne tendent rien moins qu’à nier la possibilité ou l’opportunité de la lutte révolutionnaire du prolétariat et de la révolution prolétarienne socialiste en liaison avec la guerre actuelle.

Les représentants les plus marquants de cette tendance sont: en Allemagne, le « groupe Spartakus » ou « groupe de

PInternationale », auquel appartient Karl Liebknecht. Karl

Liebknecht est le représentant le plus célèbre de cette tendance et de la nouvelle et véritable Internationale prolétarienne.

Karl Liebknecht a invité les ouvriers et les soldats d’Allemagne à tourner leurs armes contre leur propre gouvernement. Il l’a fait ouvertement, du haut de la tribune du Reichstag. Puis il s’est rendu à une manifestation muni de tracts clandestinement imprimés, sur la Potsdamerplatz, l’une des places les plus fréquentées de Berlin, en lançant l'appel: « A bas le gouvernement! » Arrêté, il a été condamné aux travaux forcés. Il est maintenant enfermé dans une prison centrale, ainsi que des centaines, sinon des milliers, de vrais socialistes d'Allemagne, emprisonnés pour avoir lutté contre la guerre.

Karl Liebknecht a combattu sans merci dans ses lettres

et ses discours, non seulement les Plékhanov et les Potres-

sov de son pays (les Scheidemann, les Legien, les David et consorts), mais aussi les hommes du centre (Kautsky, Haase, Ledebour et consorts).

Karl Liebknecht et son ami Otto Rühle ont, seuls sur 110 députés, enfreint la discipline, rompu l’ « unité » avec

‘le « centre » et les chauvins, se dressant ainsi contre tous.

AT ù

Liebknecht seul représente le socialisme, la cause prolétarienne, la révolution prolétarienne. Tout le reste de la socialdémocratie allemande n'est, selon la juste expression de Rosa Luxembourg (membre elle aussi et l’un des chefs du groupe Spartakus), qu’un cadavre puant. |

Un autre groupe de vrais internationalistes en Allemagne est celui du journal Arbeïiterpolitik de Brême.

En France, Loriot et ses amis (Bourderon et Merrheim

ont roulé au social-pacifisme) sont le plus près en fait de l’internationalisme; il y a aussi le Français Henri Guilbeaux, qui publie à Genève la revue Demain 1.

En Angleterre, le journal The Trade-Unionist et une fraction du Parti socialiste de Grande Bretagne et de lIn-

dependent Labour Party (William Russel, par exemple, qui a réclamé ouvertement la rupture avec les chefs traîtres

au socialisme), le socialiste écossais Mac Lean. instituteur, condamné aux travaux forcés par le gouvernement bourgeois anglais pour son action révolutionnaire contre la

guerre. Des centaines de socialistes anglais sont en prison

pour ces mêmes crimes. Ce sont des internationalistes en fait et ce sont les seuls. | |

En Amérique, le « Parti ouvrier socialiste » et ceux des éléments du « Parti socialiste » opportuniste qui publient depuis janvier 1917 le journal The Internationalist: en Hollande, le parti des « tribunistes » qui édite le journal De Tribune (Pannekoek, Hermann Gorter, Wijnkoop, Henriette Roland-Holst, qui fut du centre à Zimmerwald et nous a maintenant rejoints); en Suède, le parti des jeunes ou gauches qui a des leaders tels que Lindhagen, Ture Nermann, Carlsson, Stroem, Z. Hoeglund, zimmerwaldien et l’un des fondateurs de la « gauche zimmerwaldienne », condamné actuellement à la prison pour son action révolutionnaïre contre la guerre; au Danemark, Trier et ses amis, qui ont quitté le Parti social-démocrate, parti tout à fait

bourgeois, dirigé par le ministre Stauning; en Bulgarie, les

& Etroïts »; en Italie, les hommes qui nous sont le plus proches sont le secrétaire du Parti, Constantin Lazzari, et Serrati, rédacteur de l’Avanti!, organe central du Parti: en

1. On sait que Henri Guilbeaux a, au cours des dernières années,

adopté une attitude antisoviétique et s’est signalé, depuis son retour en France, par les violentes campagnes réactionnaires qu’il a entreprises contre le gouvernement de l’U.B.S.S. |

MC LORS ER AR PV) tT de Lg à au NAT Fe 1107) 474 AE 1 RRAU EU

dre Ë

" 4 NAUAES M At } Le tr re or: PAC SERA E SCA EX è STE ( \ LA / WE EU } |

Mur NECARNE

1 2 + c' LA! + ri t ? Us : Ve : ù ÿ : à : } 6 . 1} : : FU! w Ÿ TN k ‘ | KA ù } s 7) 0 Fe sft'i > l'a) 1810 VA ny : y GAP UIEE AY : AN RENE NA RU y rs | 1412 A : À : HUF A2" “7 : ut y ” { NPATA UT s , 1] : DEL AE 500 : 14e ARE » AUTR + Nh st L st | “rot EN 176 : JS AUDATE FE AIRES THONON AN RTE OPEN der te | DE UN A ES PAU ATEN é j: 114 OR ER LUN S) NS en LAN PA SIC | RAT D taie }Y EC CAES PARIS AE ARE PRES BE PRO ED PE ECC RE Pa PE ESA NUE A AAC REP PT CORAN RP NS MR | She PRE ID? Re LANTA EMTEC RITES LE MENT; 2 n'en ET NE) CUP En NAT SGA SE CURRENT TN A2 ETALEENIS FT PRONOSTIC PE RENNER Les D'Or Lib FE ne 42? CORTE PEN es PS NBI ET BAPE 7 NE OU, ” js Fe 'o. db o dé È PE: Start 4 PTT A4 di re, ‘. * dns inf à = TS E$$ tait { ji ° NY TRe HV! . é D 3 METAI We AM T ny f ! LEA EE) , \* { \ r : .,); PUR 71€ pri 1714 V4 AU LE RUA * TRS 6 À LORS Ty DNA, À 74 { 405 : 1% : | * [ H 5 | "ST a : \ y | F} pr F4 { V7 Lu 2} 4 x ‘ “ LA ui” ” x f * "A4! * 1 “ F. » : fl 3 D 1 4 \ | 0 / « EN & $ Va tif 4 | } : nr! “2 vo N [ss b ÿ e à à : 2 ' : : : : Ca .

TON TA # 1e Len RAT. OU

} Fe L'IOS* :

é M 14 JU | Li mé |

Pologne, Radek1, Hanecki et les autres leaders de la

social-démocratie groupés autour du Xraiévoé Pravlénié, ainsi que Rosa Luxembourg, Tychko et les autres leaders

de Ia social-démocratie groupés autour du Glavnoé Prav-

lénié ; en Suisse, ceux de la gauche qui ont rédigé les con-

sidérants du referendum de janvier 1917 pour la lutte contre les social-chauvins et le « centre » de leur pays et

. qui ont présenté au congrès socialiste du cantnn de Zurich . tenu le 11 février 1917 à Tôss, une motion révolution-

naire contre la guerre ; en Autriche, les jeunes amis de

gauche de Friedrich Adler, dont plusieurs ont milité au

Club Karl-Marx de Vienne, aujourd’hui fermé par le gouvernement ultra-réactionnaire qui torture Friedrich Adler

pour le coup de revolver héroïque, quoique irréfléchi, qu’il a tiré sur un ministre, etc., etc.

Peu importent les nuances qui existent également au

sein de cette gauche. La tendance générale est l’essentiel. -- Le fait est qu’il n’est pas facile d’être internationaliste dans

la pratique pendant l’horrible guerre impérialiste. Ces

hommes ne sont pas nombreux, mais tout l’avenir du so-

cialisme est en eux seuls; ils sont les seuls guides des masses, et non leurs corrupteurs.

La différence entre réformistes et révolutionnaires qui existe parmi les social-démocrates et les socialistes en général devait nécessairement subir certaines modifications au cours de la guerre impérialiste. Quiconque se contente d”.« exiger » des gouvernements bourgeois la conclusion de la paix ou |” « expression de la volonté de paix des peuples, » etc., dévie, en fait, vers le réformisme. Car le problème de la guerre ne peut, objectivement, être résolu que par {a révolution.

Sans la révolution prolétarienne, il est impossible de se

tirer de la guerre et d'établir une paix démocratique, qui

ne Soit pas basée sur la violence, et d’affranchir les peuples

du fardeau des intérêts, se chiffrant par milliards, à payer à Messieurs les capitalistes enrichis « à la guerre ».

1. La lutte menée durant de longues années contre le bolchévisme par Karl Radek, lutte tantôt ouverte, tantôt hypocrite, a abouti à ce qu'il soit lourdement impliqué dans les menées trotskistes, soutenues par les fascismes hitlérien et nippon, contre la dictature du prolétariat. Il fut condamné le 30 janvier 1937 à 10 ans de prison, par le Tribunal militaire de la Cour suprême de l’U.R.SSS. |

Page 1