‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 35 sur 252 · LA TERRE AUX PAYSANS · texte numérisé non relu

LA TERRE AUX PAYSANS

Aussi invitons-nous les paysans, toute la paysannerie pauvre de toute la Russie, à prendre l’affaire en main et à la pousser: en avant. |

Nous les appelons à s'organiser en comités paysans révolutionnaires (de canton, de district, etc.), et, par leur intermédiaire, à occuper les terres des propriétaires fonciers, à les travailler de leur propre autorité de façon organisée.

Nous les exhortons à le faire tout de suite, sans attendre l’Assemblée constituante, sans faire attention aux interdictions ministérielles réactionnaires qui mettent des bâtons dans les roues de la révolution.

On nous dit que la prise de possession immédiate des | terres des propriétaires fonciers porterait atteinte à l’ euni- + té » de la révolution, dont elle détacheraïit les e couches a progressistes » de la société.

Mais il serait naïf de croire que l’on puisse faire avancer la révolution sans se brouiller avec les fabricants et les propriétaires fonciers.

Est-ce que les ouvriers, en introduisant la journée de 8 heures, n’ont pas « détaché » de la révolution les fabricants et ceux qui les soutiennent ? Qui oserait affirmer que la révolution a perdu, en améliorant la situation des ouvriers, en réduisant la journée de travail.

L'occupation des terres des propriétaires fonciers par les paysans et les labours pratiqués par ces derniers, de leur propre autorité, « détacheront », sans aucun doute, de la révolution les propriétaires fonciers et ceux qui les soutiennent. Maïs qui oserait dire qu’en groupant autour de la révolution les millions de paysans pauvres, nous réduisons les forces de la révolution ?

+. Tous ceux qui désirent influer sur la marche de la = révolution doivent comprendre une fois pour toutes :

| 1. Que les forces essentielles de notre révolution sont les ouvriers et les paysans pauvres revêtus, du fait de la guerre, de la capote de soldat;

2. Qu’au fur et à mesure que la révolution gagnera en . profondeur et en étendue, ce qu’on appelle les « éléments : progressistes >» — progressistes en paroles, réactionnaires en fait — s’en « détacheront » infailliblement.

Ce serait une utopie réactionnaire que de freiner ce processus salutaire qui consiste à éliminer de la révolution les « éléments » inutiles.

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