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Bt LA RÉVOLUTION RUSSE DE 1917
masse des soldats a été indignée parce qu'elle croyait consciencieusement à la sincérité et au désir de paix des capitalistes. Les manifestations ont commencé comme des manifestations de soldats sous un mot d’ordre contradictoire, inconscient, qui ne pouvait mener à rien: À bas Milioukov ! (Comme si un changement de personnes ou de
petits groupes pouvait changer le fond d’une politique !) Cela veut dire que la grande masse, instable et hési-
tante, la plus proche de la paysannerie, la masse petitebourgeoisie selon le point de vue scientifique de classe, s’est écartée, dans ses oscillations, des capitalistes et a penché vers les ouvriers révolutionnaires. Cette oscillation d’une masse, dont la force peut tout décider, a causé Ia crise.
Aussitôt se sont ébranlés, ont commencé à descendre dans la rue et à s'organiser non les éléments moyens, maïs les éléments extrêmes, non ceux de la masse petite-bourgeoise intermédiaire, mais la bourgeoisie et le prolétariat.
La bourgeoisie s'empare de la perspective Nevski — la « perspective Milioukov », selon le mot d’un journal — et des rues avoisinantes du Pétrograd riche des capitalistes et des fonctionnaires. Les officiers, les étudiants, les « classes moyennes », manifestent en faveur du Gouvernement provisoire et l’on voit souvent pdrmi les mots d’ordre inscrits sur les drapeaux figurer : « À bas Lénine ! >»
Le prolétariat se lève dans ses centres, dans les faubourgs ouvriers, organisé à l’appel et sous les mots d’ordre de notre Comité central. Notre Comité central adopte, le 20 et le 21, des résolutions aussitôt transmises par l’organisation aux masses prolétariennes. Les manifestations ouvrières inondent les rayons non riches, moins centraux, de la ville, parvenant partiellement jusqu’à la perspective Nevski. Les manifestations prolétariennes se distinguent de celles de la bourgeoisie par leur caractère de masse plus imposant, par leur ensemble plus puissant. On peut lire sur les bannières : « Tout le pouvoir au Soviet des députés ouvriers et soldats ! »
Des collisions se produisent sur la perspective Nevski. Les enseignes des manifestations « adverses » sont déchirées. Le Comité exécutif est informé par téléphone qu’en
plusieurs endroïts des coups de feu ont été échangés, qu’il
y a des tués et des blessés; ces informations sont extrêmement contradictoires et manquent de confirmation. La bourgeoïsie exprime sa crainte que les vraies
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