‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 41 sur 252 · PRE · texte numérisé non relu

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Transcaucasie et en Russie, les conditions déterminées de la lutte du prolétariat, etc. Mais si, malgré tout, les peuples de la Transcaucasie exigeaient leur séparation de la Russie, ils s’en sépareraient naturellement, sans se heurter à une résistance de notre part.

(Staline lit la suite de la résolution.)

Ensuite. Comment faire avec les peuples qui voudront rester incorporés à l’Etat russe ? Si les peuples avaient de la méfiance envers la Russie, elle était alimentée avant tout par la politique du tsarisme. Le tsarisme n'étant plus,

sa politique d’oppression n’est plus, la méfiance doit diminuer, les peuples doivent de plus en plus graviter vers la Russie. Je pense qu'après le renversement du tsarisme, les neuf dixièmes des nationalités ne voudront pas se séparer de la Russie. C’est pourquoi le Parti propose la création d’autonomies régionales pour les régions qui ne voudront - pas se séparer de la Russie et qui se distinguent par leurs mœurs et par leur langue, telles que la Transcaucasie, le Turkestan, l'Ukraine. Les frontières géographiques de ces régions autonomes seront déterminées par la population

elle-même, en conformité avec les conditions de l’économie, des mœurs, etc. |

A l’opposé de l’autonomie régionale, il existe un autre projet recommandé depuis longtemps par le Bund et avant tout par Springer et Bauer qui proposent le principe de l'autonomie nationale culturelle. Je considère ce projet comme inacceptable pour la social-démocratie. Voici en quoi il consiste : la Russie doit devenir une union de nations et la nation, une union des personnes groupées dans une même société sans égard au lieu d'habitation, sans égard au territoire. Tous les Russes, tous les Arméniens, etc., se groupent dans des unions nationales sans égard au territoire, et ce n’est qu'après qu’ils forment l'union des nations de toute la Russie. Ce projet est au plus haut poïnt incommode et irrationnel. C’est que le développement du capitalisme a dispersé, a détaché des nations des groupes entiers de personnes disséminées dans différents coins de la Russie. Vu la dispersion nationale créée par les conditions économiques, rattacher différentes personnes de la même nationalité, c’est organiser artificiellement les nations, constituer des nations. Or, rassembler artificiellement des

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individus en nations, c’est se placer au point de vue du nationalisme. Ce projet, mis en avant par le Bund, ne saurait être approuvé par la social-démocratie. Il a été repoussé à la conférence de notre Parti en 1912 et, en général, le Bund excepté, il n’est pas populaire dans les milieux socialdémocrates. Ce projet porte encore le nom d’autonomie culturelle, car, parmi les multiples questions qui intéressent la nation, il prend un ensemble de questions purement culturelles et les confie aux unions nationales. À la base de ce projet se trouve la thèse selon laquelle la culture soude les nations en des ensembles unis. On suppose qu’au sein de ÏIa nation existent d’une part des intérêts qui scindent la nation, tels que les intérêts économiques, et, d’autre part, des intérêts qui la soudent en un tout uni et que ces intérêts sont justement les intérêts culturels.

Enfin, il reste la question des minorités nationales. Leurs droits doivent être spécialement sauvegardés. C’est pourquoi le Parti revendique légalité complète des droits en matière scolaire, religieuse, etc., l'abolition de toutes les restrictions frappant les minorités nationales.

Au paragraphe 9 est proclamée l'égalité en droits des nations. Les conditions nécessaires à son application ne

seront réalisées qu'avec la démocratisation complète de toute la société.

Il nous reste encore à résoudre la question de savoir comment organiser le prolétariat des différentes nations en un parti commun. Il y avait un projet d’après lequel les ouvriers devraient se grouper par nationalités; par conséquent, autant de nations, autant de partis. Ce projet a été repoussé par la social-démocratie. L’expérience a montré que l’organisation du prolétariat de l'Etat donné par nationalités n’aboutit qu’à ruiner l’idée de la solidarité de classe. Tous les prolétaires de toutes les nations de FEtat donné se groupent en une collectivité prolétarienne indivise.

Ainsi, notre point de vue sur la question nationale se ramène aux principes suivants : 1. reconnaissance du droit des peuples à la séparation; 2. autonomie régionale pour les peuples qui restent incorporés dans le cadre de l'Etat donné; 3. lois spéciales garantissant aux minorités nationales leur libre développement; 4. collectivité prolétarienne indivise, parti unique des prolétaires de toutes les nationalités de l'Etat donné.

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