‹ La Révolution russe de 1917Chapitre 52 sur 252 · V.1. LÉNINE · texte numérisé non relu

V.1. LÉNINE

SUR LA QUESTION NATIONALE (Résolution de la conférence d'avril du P.O0.S.D.R.)

La politique d’oppression nationale, héritage de l’autocratie et de la monarchie, est soutenue par les propriétaires fonciers, les capitalistes et la petite bourgeoisie, pour sauvegarder leurs privilèges de classe et désunir les ouvriers des différentes nationalités. L’impérialisme moderne,

en accentuant la tendance à se subordonner les peuples

faibles, constitue un facteur nouveau de Paggravation de loppression nationale.

/ Si tant est que l’oppression nationale puisse être abolie dans la société capitaliste, cela n’est possible que lorsque PEtat est gouverné par un régime de République démocratique conséquente qui assure légalité complète de toutes les nations et langues.

A toutes les nations faisant partie de la Russie doit être reconnu le droit de se séparer librement et de former des Etats indépendants. Nier ce droit, ne pas prendre des mesures garantissant son application pratique équivaut à soutenir la politique de conquête ou d’annexion. Seule la reconnaissance par le prolétariat du droit des peuples à la séparation assure la solidarité complète des ouvriers des

différentes nations et favorise le rapprochement effective-

ment démocratique des nations.

Le conflit qui vient d’éclater entre la Finlande et le Gouvernement provisoire russe montre avec une évidence toute particulière que la négation du droit de Hbre Séparation conduit à la continuation directe de la politique du tsarisme.

La question du droit des nations de se séparer librement né doit aucunement être confondue avec celle de Futilité de la séparation pour telle ou telle nation à tel ou tel moment. Cette dernière question, le parti du prolétariat doit

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la résoudre dans chaque cas particulier d’une façon entierement indépendante, en se plaçant au point de vue des in- térêts de l’ensemble du développement social et de ceux de la lutte de classe du prolétariat pour le socialisme.

Le Parti revendique une large autonomie régionale, l’abrogation de la surveillance d’en haut, l’abolition de la langue d’Etat obligatoire et la délimitation des frontières des régions autonomes se gouvernant elles-mêmes, en se basant sur les conditions économiques et de vie, sur la composition nationale de la population que cette dernière fixe elle-même.

Le parti du prolétariat rejette résolument l’autonomie dite « nationale culturelle » où l’instruction publique, etc., sont retirés de la compétence de l’Etat et remis à une espèce de diète nationale. L’autonomie nationale culturelle divise artificiellement les ouvriers habitant la même localité, voire même travaillant dans la même entreprise, selon leur « culture nationale », c’est-à-dire renforce la liaison des ouvriers avec la culture bourgeoise des différentes nations, alors que la tâche de la social-démocratie est de renforcer la culture internationale du prolétariat mondial.

Le Parti exige qu’une loi fondamentale soit insérée dans la Constitution, annulant tous les privilèges de l’une des nations, toutes les atteintes aux droits des minorités nationales.

Les intérêts de la classe ouvrière exigent la fusion des

ouvriers de toutes les nationalités de la Russie dans des

organisations prolétariennes uniques, — politiques, SÿYndicales, coopératives, éducatives, etc. Seule une telle fusion des ouvriers des différentes nationalités dans des organisations uniques permet au prolétariat de mener victorieusement la lutte contre le capital international et le natio-

nalisme bourgeois.

Procès-verbaux de la conférence d'avril du Parti communiste russe.

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