‹ La révolution socialeChapitre 1 sur 172 · JEAN-LORRIS · texte numérisé non relu

JEAN-LORRIS

ES

Toute la Pensée Socialiste.

Toute l'Action Ouvrière.

Aristide QUILLET

ÉDITEUR 278, Boulevard Saint-Germain, 278 PARIS

: 1e da S * < PS PCR ER PTE

Te FAP al et dlés Pt e ONE MERE ET Ds P UNE TRE

La Révolution sociale — le mot comme la chose — est tout à la fois si diversement jugée par nos adversaires et si différemment interprétée par nos amis, qu'il nous a paru nécessaire d'y consacrer tout un volume de notre Encyclopédie. 3 | |

Trop souvent la violence étant confondue avec la Révolution et celle-ci opposée à l’'Evolution, on s’est fait de la Révolution une idée totalement fausse et une conception complètement imexacte.

Aussi, avons-nous pensé rendre service à la propagande socialiste en donnant à nos lecteurs les moyens de se faire une notion exacte et réelle de ce qu'est une Révolution.

Pour cela faire, nous leur faisons un historique aussi précis que possible — tout en étant concis — de tous les mouvements populaires qui ont remué et soulevé les masses, depuis les révoltes inconscientes des esclaves romains jusqu'à l'im- : mortelle Commune de 1871, en passant par la Guerre des Paysans, la Révolution de 1780 et celle de 1848. Et si nous nous efforçons de faire revivre Babeuf pour eux, Babeuf le conspirateur révolutionnaire dont on ne connaît pas assez les vigoureuses critiques sur la propriété, contre le militarisme et contre la guerre; si nous essayons de faire connaître et apprécier l'esprit politique, la grande noblesse de caractère et l’âpre combativité du héros révolutionnaire du xix*: de Blanqui; si nous tâchons de retracer l’admirable

épopée insurrectionnelle que fut la Commune de Paris, sans

laquelle nous n'aurions pas eu la République en France, nous nous gardons bien d'oublier d'exposer, aussi longuement que possible, quelles sont les conditions nécessaires à la réussite de toute Révolution sociale, et pourquoi et comment la violence des facteurs révolutionnaires décroît, disparaît, au

fur et à mesure que leur conscience de classe s'accroît et se développe. | ee

Mettant en parallèle la théorie individualiste de la Révolution et notre conception de l’action révolutionnaire d'ensemble et de masse — en faisant exposer l’anarchisme individualiste par l'unique Marx Stirner et l’anarchisme communiste par le puissant agitateur Bakounine, pour y répondre ensuite en leur opposant l’immuable loi de la majorité qui a toujours joué le premier rôle dans l'histoire — nous nous expliquons sur la conception matérialiste de la Révolution sociale, qui ne peut être et ne sera juridiquement possible, qu'autant que sa réalisation consistera tout bonnement à consacrer juridiquement un ordre de chose déjà établi dans les domaines de la production et de l'échange.

D'un autre côté, nous essayons de démontrer qu'en fait l’'Evolution n'exclue pas la Révolution, et qu'au point de vue social, comme au point de vue naturel, la théorie catastrophique ne remplace pas plus la théorie évolutionniste que la théorie évolutionniste ne remplace la théorie catastrophique. En vérité, ces théories se complètent si bien l’une l’autre, qu'il est aussi difficile de concevoir le coup de main final, la catastrophe dernière, sans l’évolution préalable des formes de propriété et de production que de pouvoir songer à l’avènement d'un monde nouveau sans la crise révolutionnaire dernière, par le seul fait d’une saturation socialiste persistante des organismes économique et politique de la classe bour- |geoise.

S1, à côté de cela, on ajoute de nombreuses et intéressantes pages sur le & revisionnisme » de Bernstein, que nous avons fait suivre d'une réfutation de Kautsky, et les meilleures pages de la « Révolution sociale » dues à la plume de ce puissant et pénétrant théoricien marxiste, les lecteurs de l'Encyclopédie comprendront à l'avance tout l'intérêt et le charme qu'il-y aura pour eux de lire et de relire « La Révolution Sociale ». |

Page 1