VIOLENCE ET RÉVOLUTION
I, — La Révolution,
L'opinion courante, pour ne pas dire vulgaire, identifie la Révolution avec la violence sous toutes ses formes : barrica- - des, guerres de rues, fusillades, massacres, lancement de bombes, attentats, guillotine, incendies et exécutions. L'opinion courante ne voit que la surface des choses. La violence n'est pas la Révolution. S'il en était ainsi, les Attila, lès Gengis-Khan, les Tamerlan et les Bonaparte, les plus grands massacreurs d'hommes, seraient aussi les plus grands révolutionnaires |
D'autre part, nous parlons de ceux qui n'ont jamais versé une goutte de sang humain : des Archimède, des Aristote, des Newton, des Descartes, des Galilée, des Copernic, des Christophe Colomb, des J.-J. Rousseau, des Kant, des Hegel, des Marx, des Pasteur et des Darwin, comme de ceux qui ont révolutionné les sciences, et nous disons, avec raison, que les inventions des Arkwright, des Watt, des Stephenson, des Edison et de tant d’autres ont révolutionné la société.
Pendant des milliers d'années, disait Liebknecht la violence fut « un facteur réactionnaire ». Elle extermina des peuples entiers et dévasta des continents. Elle servit aux peuples barbares à supprimer ou à subjuger des peuples antiques d’une civilisation supérieure. Elle fut le moyen par excellence de tous les coups de force contre la liberté et des innombrables coups d'Etat, l'apanage des despotes et des tyrans. La violence accumule les ruines. Klle dégrade l’homme, éternise ses haïnes et nourrit tous ses bas instincts, l’assimile à la brute, le rend méprisable et haïssable, sauf dans le cas de légitime défense, qui est celui d’une vraie révolution.